‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 5)Chapitre 115 sur 131 · LIVRE Vin · texte numérisé non relu

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remercia Dieu. De ce moment, il commença à se rétablir et à reprendre la direction des mesures destinées à secourir la ville assiégée. Il ne tarda pas non plus à se montrer au peuple '.

Pour déterminer les habitants de Leyde à se rendre, les Espagnols leur avaient fait savoir que le prince d'Orange était mort. Les assiégés chargèrent, le 27 août, trois de leurs concitoyens d'exposer aux états de Hollande leur situation désespérée ; ils devaient en outre s'enquérir si le prince d'Orange était vivant ou mort. Les assiégés s'engageaient, au surplus, à tenir encore un mois devant échoir le 20 septembre, pourvu qu'on leur donnât l'assurance qu'ils seraient secourus. Les états promirent solennellement d'employer tous les moyens qui étaient en leur pouvoir pour sauver Leyde. Ils montrèrent aux députés les digues rompues et l'eau qui couvrait déjà la campagne *.

La rupture des digues n'avait pas laissé d'inquiéter les Espagnols. Valdès convoqua à Zoetermeer un conseil de guerre auquel assistèrent des Hollandais qui suivaient le parti de l'Espagne. Valdès leur demanda s'il était bien possible que l'eau de la Meuse pût arriver jusqu'à Leyde et porter les vaisseaux des rebelles .sous les murailles de la ville assiégée. Diverses opinions furent émises. Les capitaines espagnols soutinrent l'affirmative. Les Hollandais prétendirent, au contraire, que les eaux de la Meuse ne surmonteraient point les digues de l'intérieur, mais qu'il importait cependant de fortifier celles-ci et de les surveiller, afin d'empêcher qu'elles ne tombassent entre les mains de l'ennemi. Valdès résolut de continuer le siège, croyant fermement que les défenseurs de Leyde ne pourraient plus tenir longtemps, qu'ils succomberaient à la famine et seraient obligés de se rendre ^.

' BoR, 7«liv., fol. 53 v", dit tenir ces détails de Cornelis Van Mirop lui-même.

" Grande chronique de Hollande, t. II, p. 286. — Bor, 7e liv., fol 56. ' Bor, 7e liv., fol. 56.

Dans les premiers jours du mois de septembre, arrivèrent à ■Rotterdam Louis de Boisot et Adrien Willemsz., amiral de Zierikzee. Ils amenaient huit cents matelots et plus de cent pièces d'artillerie de fer et de bronze. Les marins zélandais, conduits par Boisot, étaient tous des vétérans de la guerre de l'indépendance, gens rudes, farouches, mutilés pour la plupart, les uns ayant perdu une jambe, les autres un bras, tous enfin criblés de cicatrices et de balafres. Leur chef lui-même avait naguère perdu un œil dans le combat de Romerswael. Quelques-uns de ces gueux de mer avaient attaché à leurs chapeaux des croissants avec ces mots caractéristiques : Plutôt Turcs que papistes. Tous étaient horribles à voir, disent les contemporains , et autant redoutés des Espagnols que la foudre et la tempête ^

Pour mener à bien l'entreprise, on avait préparée Rotterdam, à Deift et à Gouda deux cents bateaux à fond plat, en forme de galères, à dix, douze, quatorze, seize et dix-huit rames; les plus grands reçurent à la proue deux grosses pièces de canon et six moindres pièces aux côtés. On avait joint à cette flottille d'autres bateaux chargés de blé et portant aussi des canons. Tous ces navires étaient rassemblés à Delft, oii l'on avait construit le bâtiment appelé par les uns VÂrche de Noël, par les autres YArche de Delft. Elle était composée de deux grands bateaux à blé ordinaires, joints ensemble, et n'allait ni à voiles ni à rames. Elle recevait son mouvement de plusieurs roues qui étaient à l'intérieur et que douze hommes tournaient continuellement. Elle était en outre fermée de toutes parts, et à l'épreuve de l'arquebuse. Du reste, elle était armée de plusieurs canons et cinquante hommes y pouvaient combattre comme dans un fort. L'amiral Boisot eut la direction des navires. Philippe d'Asseliers était commissaire de l'artillerie. Quant aux troupes réparties

' Van Meteben, fol. 105 v". — Discours du siège de Leyde, etc.

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