Tome I. G
d'entrer et de sortir, fat évacuée par l'ordre du comte [.ouis. Celui-ci, n'ayant point des forces suffisantes, croyait devoir les ménager pour la défense de la ville même.
Les deux ducs entrèrent dans le camp le 27 à midi. Leur arrivée coïncida avec le retour de Gomicourt, que le gouverneur des Pays-Bas avait envoyé à Paris, dans les premiers jours du mois d'août, pour se plaindre des rassemblements de gens de guerre qui se formaient du côté de Verdun. Gomicourt le premier apprit au lieutenant de Philippe II la mort de Goligny et le massacre qui venait d'ensanglanter la capitale de la France '. On rapporte que le duc d'Albe répondit : « La France a perdu un grand capitaine et l'Espagne un grand ennemi^. » La nouvelle du massacre de Paris le transporta de joie ainsi que tout le camp. Lorsque la nuit fut venue, il fit témoigner cette allégresse par des salves répétées d'artillerie et de mousqueterie. Les défenseurs de Mons ripostèrent et mirent hors de combat trois capitaines espagnols '.
Pendant que le duc d'Albe se trouvait devant Mons, les députés qu'il avait convoqués à Bruxelles continuaient leurs délibérations. Le 28 août, dans une réunion générale qui eut lieu à l'hôtel de ville avec les commissaires du gouverneur, ceux-ci communiquèrent une lettre annonçant le massacre de Goligny et de ses adhérents, coupables, disait -on, d'avoir machiné la mort du roi de France, celle de ses deux frères et de leur mère. Un Te Deum fut chanté pour rendre grâce à Dieu. Enfin, le 5 septembre, les députés des provinces représentées à Bruxelles, ayant pris connaissance des moyens généraux proposés
1 Commentaires de B. de Mendoça, liv. VII, chap. III.
2 « Muerto l'Admirante, perdido un gran capitan por Francia, y gran enemigo por Espaûa. » (Mémoires de Brantôme (édition de 1099), t. III, p. r,6.)
' M. AiTSiNGER, De Leone belgico, fol. 134 v. — Commentaires de B. DE Mendoça, liv. VU, chap. III.