‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 5)Chapitre 16 sur 131 · LIVRE 11 (4572). 8Ô · texte numérisé non relu

LIVRE 11 (4572). 8Ô

par les états de Brabant pour fournir les deux millions stipulés, déclarèrent qu'ils devaient en référer à leurs collèges respectifs'. Le prince d'Orange, toujours campé à Hellenrade, près Ruremonde, n'était point disposé à obéir à la sommation qui lui avait été adressée par le chef de l'Empire, Mais pour passer outre, au nom de Dieu, selon ses expressions, il devait attendre les renforts que lui amenait d'Allemagne le colonel Mandelsloo, et surtout l'argent promis par l'assemblée de Dordrecht. La prise de Ruremonde avait été suivie d'un échec assez grave. Los bourgeois de Weert, fidèles à la cause pour laquelle était mort le comte de Homes, leur seigneur, avaient accueilli avec joie les soldats du prince d'Orange; mais ceux-ci, après quinze jours de siège, désespérèrent de s'emparer du château que Juan Montiel de Çayas défendit vaillamment avec une centaine d'hommes ^. Enfin, après une attente pénible, le prince d'Orange vit arriver successivement dans son camp le colonel Mandelsloo avec ses auxiliaires, et des députés des étals de Hollande qui lui apportaient l'argent dont il avait un besoin si pressant, ainsi que des obligations garantissant la solde de l'armée pour trois mois. Des lettres de Coligny, parvenues dans le camp le 1 1 août, furent pour le prince un encouragement également puissant. Le chef des huguenots français l'informait que , malgré la défaite de Genlis, les mesures étaient prises pour lever douze mille arquebusiers et trois mille cavaliers, dont l'amiral lui-même prendrait le commandement. Mais, tandis que le comte Louis pressait son

' Relation des députés des états de Hainaut, citée ci-dessus, — Lettre de Mondoucet à Charles IX, Bruxelles, 29 août -1572.

- B. de Mendoça a consacré tout un chapitre de ses Commentaires au siège du château de Weert. Quatre soldats wallons avaient comploté de livrer à l'ennemi la tour où ils étaient postés : convaincus de trahison, ils furent arrêtés et le principal auteur du complot étranglé à l'instant. — Voir aussi Correspondance de Philippe 11, t. II, p. 275.

frère de marcher en avant, Coligny recommandait au prince d'agir avec circonspcclion et d'attendre qu'ils fussent réunis pour combattre l'ennemi avec l'espoir de l'écraser ^ .

Le 23 août, Guillaume passa la revue des troupes avec lesquelles il se proposait de commencer l'affranchissement des Pays-Bas méridionaux. Le même jour, il signait la mémorable ordonnance qui flétrissait les excès commis en Hollande, par les bandes indisciplinées de La Marck, et enjoignait de respecter la liberté des catholiques comme celle des réformés. Il était ordonné aux chefs des troupes, tant sur mer que sur terre, de s'opposer aux violences contre les catholiques , membres du clergé ou séculiers, sous peine pour les transgresseurs d'être châtiés comme perturbateurs du repos public. Il était également défendu de piller les églises, les couvents ou autres lieux ecclésiastiques, sous prétexte que ceux qui les possédaient étaient absents ou s'étaient déclarés les ennemis du prince et des états. Dans ce cas même, ces biens devaient être séquestrés par l'autorité régulière du magistrat ou du conseil de Hollande, s'ils se trouvaient hors des villes. Le 25, le prince signa un autre édit contenant des instructions pour l'administration provisoire de la province qui était regardée dès lors comme le principal boulevard des adversaires de la tyrannie espagnole ^. Le 27, il leva son camp, et se dirigea vers Diest, après avoir adressé à l'empereur Maximilien un mémoire, oii il justifiait son inébranlable résolution de combattre pour la liberté des Pays-Bas.

11 prenait les armes, disait-il, pour sa juste défense contre le cruel duc d'Albe et ses adhérents, pour s'opposer à la tyrannie inouie que le tyran espagnol avait, depuis plusieurs années.

' Le prince d'Orange à Jean de Nassau, 5 et M août 4 572. [Archives de la maison d'Orange-Nassau, t. III, p. 487 et pp. 488-491.) ' BoR, G«liv., fol. 290 et suiv.

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