‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 5)Chapitre 61 sur 131 · LIVRE IV (1573). :25l · texte numérisé non relu

LIVRE IV (1573). :25l

put écrire à Paris que le lundgiiwe avait « la fleur de lysgravre dans le cœur \ » Schonberg vit ensuite ù Dresde l'électeur de Saxe, dont la résistance fut plus vive. L'ambassadeur français ne réussit point à convaincre ce prince que Ch:)rles IX eût été contraint de faire massacrer les huguenots pour étoulîer la conjuration de l'amiral de Coligny et de ses complices. Le duc de Brunswick montra la même incrédulité "^

Dans ses conférences avec les Électeurs protestants, Schonberg, pour se conformer à ses instructions, les entretint de la guerre des Pays-Bas. Il avait été formellement chargé de leur déclarer que deux motifs avaient empêché Charles IX de se prononcer ouvertement pour Guillaume de Nassau : la répugnance des catholiques français à soutenir une guerre contre l'Espagne ; puis, lesilencedu prince d'Orange, qui n'avait, ni avant ni durant son entreprise, averti le Roi de son intention et de ce qu'il avait volonté et moyen de faire. En résumé, Schonberg donnait à ses hôtes l'assurance que Charles IX était déterminé à se conduire à l'égard du prince d'Orange et des Pays-Bas, ainsi qu'ils se gouverneraient eux-mêmes ^.

Ce n'était point une promesse vaine. En effet, Schonberg était également chargé de poursuivre la négociation que Catherine de Médicis avait déjà entamée à Francfort avec Louis de Nassau, par l'intermédiaire de Jean Galeas Fregoso, noble Génois au service de Charles IX. Le comte Louis, de concert avec Christophe de Bavière, fils de l'Electeur palatin, rassemblait, comme on l'a vu, les éléments d'une nouvelle armée, et il avait réuni à Francfort tous les ritmaîtres qui, l'année précédente, servaient son

' G. de Sclionberg au duc d'Anjou, de Nidergangen, 4 avril 1573, dans les Archives de la maison d'Oraiiye-JS'assau, t. IV, '2c partie, pp. o3-54.

2 De Tuou, liv. LV.

^ Les instructions données à Schonberg se trouvent dans les Archives de la maison d' Orange-Nassau, t. IV, 2'^ partie, pp. 50-31.

252 SOlJI.KVhMKNT niiS PAYS-UAS.

frète '. Avant de se rendre auprès de l'électeur de Saxe, Schonberg avait eu à Cassel une longue et intéressante entrevue avec le frère du prince d'Orange. Durant l'espace de sept à huit liiîures, ils discourtircnt vivement sur les entreprises conçues I)ar le comte, et débattirent les conditions qu'o» pourrait stipuler entre le roi de France et Guillaume de Nassau. Ces conditiot)s furent enfin mises par écrit, partie de la main du comte Louis, jiartic de celle de Schonberg, et le comte les signa. Elles méritent dï'tre connues.

<i Si Charles IX voulait se déclarer immédiatement et prendre ouvertement les armes contre Philippe II, le prince d'Orange ou l'un de ses frères, avec son autorisation, promettrait que les pays de Hollande et de Zélande seraient mis entre les mains du Roi, lequel s'obligerait à conserver leurs anciens privilèges et à |)iomettre l'exercice libre de la religion réformée. — Pour le cas oii Charles IX ne se déclarerait pas ouvertement, mais proposerait seulement de fournir trois cent mille floritis d'Allemagne, le prince ou celui de ses frères, qui aurait pouvoir de lui, promettrait que toutes les villes et places qui seraient prises aux Payslîas, après la conclusion de l'accord, demeureraient en l'obéissance du Roi, aux conditions déjà mentionnées pour les pays de Hollande et de Zélande. — Mais s'il advenait que ni le prince dOrange ni ses adhérents ne prissent aucune ville ou place importante, dans un certain délai après l'accord conclu, ils seraient néanmoins obligés (le terme étant expiré) de mettre

' Le duc d'Albe nu Hoi, de Nimèguc. 16 avril 1573. [Correspondance de Philippe 11, t. II, p. 340.) — Lo cardinal de Granvelle écrivait de .Naples, le 29 octobre lo72, à Morillon, son vicaire-général pour l'archevêché de Malines : « ... J'entends que le roi de France a envoyé au prince d"Orange et au Palatin un Frcgose pour s'excuser de la mort de l'amiral (Coligny) et d'autres. Il y a bien à faiie de s'entretenir avec Dieu et le diable... » [.irchivcs de la maison d'Orungc-Nassau, 1»^ série, suppléai., p. 1 l'j.)

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