‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 5)Chapitre 72 sur 131 · Tome L · texte numérisé non relu

Tome L

les affaires publiques ne tombât entre les mains des Espagnols ; il suppliait donc Viglius de détruire ses lettres comme il détruirait celles qui lui seraient transmises de sa part \ Il est d'ailleurs incontestable que ceux-là qui soutenaient naguère le gouvernement de Marguerite de Parme étaient devenus les adversaires du duc d'Albe. Philippe de Croy, duc d'Arschot, disait publiquement des choses si hardies, que le prince d'Orange lui-même ne les aurait pas dites ; il ne dissimulait point non plus que jamais on ne viendrait à bout de la révolte, si le Roi ne s'arrangeait pas avec Guillaume de Nassau. Les principaux voyaient même avec satisfaction les progrès de la révolte, tant était profonde leur haine contre les Espagnols "-.

Le lieutenant de Philippe II aurait voulu que toutes les forces de l'Espagne eussent été employées à réduire les provinces rebelles. Il n'approuvait pas que le Roi en eût distrait une si grande partie pour combattre les Turcs. « Ce sont moins les Turcs, disait-il, qui menacent la chrétienté que les hérétiques qui sont dans ses entrailles ^. » Mais, voyant que ces hérétiques résistaient avec héroïsme, le duc d'Albe changea d'attitude et tâcha de les gagner. Au mois de février, il avait invité les magistrats d'Amsterdam à écrire aux villes révoltées, pour engager celles-ci à rentrer sous l'obéissance du Roi, avec offre d'intercéder en leur faveur. Quelques villes répondirent qu'il dépendait du Roi de mettre en paix le pays, en accordant la liberté de conscience*. Il fit une nouvelle tentative après la capitulation

' Le secrétaire Berty au président Viglius, de Nimègue, 12 juillet 1573. (Documents historiques, t. XIII. Archives du royaume.)

^ Le secrétaire Albornoz au secrétaire Çayas, de Nimègue, 8 mars 1573. {Correspondance de Philippe II, t. II, p. 316 )

^ Le duc d'Albe au secrétaire Çayas, de Nimègue, 7 mars 1573. {Ibid., t. II, p. 316.)

* Le duc d'Albe au Roi, de Nimègue, 18 mars 1573. (Ibid., t. II,

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