Tome l
Hollande, avait secoué le joug du duc d'Albe. Mais l'Espagnol, comprenant l'importance de celte antique et industrieuse cité, était impatient de la recouvrer. Maître de Leyde, il pouvait concevoir l'espérance de s'établir entre Delft et Rotterdam, de couper les communications entre ces deux villes et peut-être aussi de les faire tomber en son pouvoir.
La prise de Harlem avait été une première menace pour Leyde. Mais en voyant se rapprocher les drapeaux de l'Espagne, les habitants n'avaient point tremblé. Ils brûlèrent autour de la ville maisons, cloîtres, hameaux; travaillèrent, riches et pauvres, aux fortifications ; prirent les armes et attendirent l'armée du duc d'Albe. Enfin, le dernier jour d'octobre 1573, les Espagnols, après avoir échoué devant Alkmaar, vinrent camper autour de Leyde, s'efîorçant de la resserrer et de l'affamer. Ils savaient exactement, par leurs espions, qu'elle n'était point suffisamment approvisionnée et que sa garnison ne dépassait point huit cents hommes * .
Mais les ennemis de la Hollande n'avaient pas compté sur l'énergie des bourgeois et la fermeté des chefs que la confiance du prince d'Orange ou les suffrages de leurs concitoyens avaient investi du commandement. Le gouverneur de la ville était un ancien confédéré de 1566, Georges de Montigny, seigneur de Noyelles, capitaine actif, courageux et inflexible. Il était parfaitement secondé par Jean Vander Does (Douza), seigneur de Noordwyk, et par Pierre Adriaansz. Vander Werf, celui-là célèbre comme patriote et comme poète, celui-ci dont le nom rappelle un des plus beaux traits de la guerre de l'indépendance. Il était né à Leyde le 14 juin 1529 et n'avait que sept ans lors-
' Voir l'ouvrage conlemporain de Jean Fruy tiers , intitulé : Corte beschryving van tler strenghe belegeringhe en ivomlerbaerlycke verlossinge ilerstadt Lcijden. (Delfl, A. D. \'6Ti.)