‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 5)Chapitre 90 sur 131 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

ÔÔ8 SOULKVTMi-NT DES PAYS-BAS.

réaliser leurs menaces. Sancho d'Avila fut envoyé au-devant des vétérans qu'il cominandait à Mook, pour tâcher de les arrêter en les apaisant par de bonnes j)aroles. Mais ils refusèrent de l'écouter et le contraignirent niêuie à leur servir de guide ^

Champagney aurait voulu que Requesens profitât de l'absence de Sancho d'Avila pour se mettre dans le château. Tel fut le conseil qu'il lui donna le 26, au matin. Mais Requesens répéta que, lui présent, il ne fallait rien craindre, et il ordonna même à Champagney de faire en sorte que ses Wallons ne prissent point l'offensive. Il le chargea en outre de se rendre à l'Hôtel de ville et de solliciter du magistrat un prêt de 200,000 écus. Il était alors onze heures du matin. Les mutinés, conduits par Sancho d'Avila, parurent aux abordsde la citadelle et atteignirent l'esplanade sans rencontrer aucune résistance. Requesens fut luimême témoin que les soldats du château regardaient défiler les mutinés du haut des boulevards, comme d'une fenêtre, sans tirer sur eux ni un coup d'arquebuse ni un coup de canon. Les Wallons, qui étaient de garde sur les murailles de la ville, auraient voulu, au contraire, s'opposer à cette agression : mais Requesens leur fit intimer l'ordre de ne point tirer. Champagney ne tint pas compte de cette défense : il fît mettre une compagnie en bataille sur la plaine et lui commanda d'attaquer l'avantgarde. Requesens, accourant, ordonna au gouverneur d'Anvers et à ses gens de se retirer. Champagney dut obéir aux injonctions du lieutenant du Roi; les Wallons quittèrent donc l'esplanade, laissant le champ libre aux mutinés. Ceux-ci s'avancèrent alors dans la plaine et s'y mirent en bataille. Requesens leur fit dire de s'arrêter, qu'il irait leur parler pour savoir ce qu'ils voulaient. Ils répondirent qu'ils l'écouteraient, après l'arrivée de leur arrière-garde. Le représentant du Roi attendit pendant

^ /fc/rtZ/o» deCiiAMPACNEY, § 2o. et Van Meteren, fol. 101 v".

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