‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 5)Chapitre 92 sur 131 · LIVRE VI (1574). 34S · texte numérisé non relu

LIVRE VI (1574). 34S

danslaconslernation. Il demanda que la ville prêtât 400,000 écus, offrant pour gage, non-seulement son argenterie, qu'il avait fait venir de Bruxelles, mais sa propre personne, sa fortune et celle de plusieurs de ses amis. Les bourgeois se résignèrent, chacun étant content de donner quelque chose pour se débarrasser d'hôtes aussi dangereux. D'une fenêtre de l'hôtel de ville, Yeleclo adressa aux routines de nouvelles admonestations, puis Sancho d'Avila, qui était à côté de lui, renouvela l'offre de cinq p»yes en draps et de dix en argent, lis finirent par accepter cette proposition. Aussitôt un jésuite espagnol, nommé pater Fregose, monta sur un coffre devant la maison de ville et adjui-a les vétérans de renoncer à leur mutinerie, de venir tous à confesse et d'être contents du boire et du manger que les bourgeois leur donneraient. On fit battre le tambour et publier que chacun eût à se loger régulièrement en se conformant aux indications des fourriers. Le 2 mai , les mutinés se laissèrent passer en revue à la Bourse pour qu'il fût possible d'établir leurs coniptes. Mais cette transaction avait vivement irrité les capitaines, les porte-drapeaux et les autres ofiiciers qui attendaient à Lierre la fin de la sédition. Les capitaines avaient même fait représenter à Bequesens que leur honneur serait blessé si les listes remises par eux devaient être contrôlées par les mandataires des soldats. Ils avouaient d'ailleurs qu'ils avaient compté plusieurs noms à leur profit, comme c'était l'usage. Après la revue de la Bourse, les capitaines demandèrent, par une nouvelle lettre, d'être démissionnes. Le lieutenant du Boi leur fit répondre immédiatement qu'ils eussent à se conduire d'autre manière : car, s'ils ne s'amendaient pas, non-seulement il leurôterait leurs compagnies, mais il leur ferait couper la tête '.

' Rcqucsens au Roi, d'Anvers, lo mai loTi. [Correspondance de Philippe II, t. m, p. 73.)

Huit bureaux avaient été établis dans un couvent pour que les soldais s'y fissent enregistrer et soumissent leurs comptes à une vérification. Pendant qu'ils obéissaient, leurs capitaines et les autres officiers arrivèrent de Lierre à Anvers. Requesens les avait fait venir dans l'espoir que chacun deux pourrait ramener les amis qu'il avait parmi les soldats et arborer son drapeau. Malheureusement le lieutenant du Roi fit dire le 8 mai aux mutinés qu'il se voyait obligé de restreindre un peu la promesse du payement intégral jusqu'à ce que les circonstances fussent plus favorables. Cette proposition les mit en fureur. Craignant que leurs officiers ne fussent de connivence avec le commandeur, ils firent publier que tous les mestres de camp et les autres officiers eussent à sortir de la ville dans le délai d'une heure sous peine d'être passés par les piques. Ils percèrent à coups de mousquet les portes de la maison de Jacques Hoefnagel, près de la Bourse, où Julian Romero était logé avec dix ou douze capitaines, et tous furent expulsés de la ville. L'après-midi, les mutinés ordonnèrent, par un autre 6on(/o, que les porte-drapeaux revinssent seuls pour la vérification des comptes.

Jusqu'alors les soldats du château s'étaient montrés dociles. Mais le 9 mai, vers dix heures du soir, ils se mutinèrent à leur tour, coururent aux armes, tirèrent des coups de canon et d'arquebuse, nommèrent un electo et un sergent-major, s'emparèrent des munitions et des vivres, et dirent, du haut des remparts, aux mutinés de la ville, qu'ils fissent bien leurs affaires, que le château était pour le Roi et les soldats. Ils avaient obligé Sancho d'Avila à sortir de la forteresse. Mais il parlementa, et ses soldats lui rendirent les clefs du château lorsqu'il leur eut promis que Chiappin Vitelli viendrait, au nom du gouverneurgénéral, leur donner l'assurance que tous seraient pardonnes. Veledo des mutinés du château, accompagne d'un prêtre espa-

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