‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 5)Chapitre 97 sur 131 · LIVRE VII (1S · texte numérisé non relu

LIVRE VII (1S

L'après-midi, vers cinq heures, Requesens se rendit avec les députés aux états-généraux sur la GrandPlace. Une estrade spacieuse avait été dressée contre l'hôtel de ville. Le lieutenant du Roi y monta avec les chevaliers de la Toison d'or, le conseil d'Élat, les gouverneurs des provinces et le chancelier de Brabant ; les députés aux états-généraux et les autres personnes de la suite du gouverneur prirent place au balcon de l'hôtel de ville. Autour de l'estrade était rangée une compagnie d'Allemands. Le chancelier de Brabant expliqua brièvement au peuple, en flamand et en français, la publication qui allait avoir lieu. Puis l'audiencier donna lecture, en français et en flamand, des lettres patentes signées par le Roi , à Madrid, le 8 mars, et d'un règlement pour l'exécution des lettres de grâce et de pardon général. Philippe H déclarait solennellement qu'il accordait grâce plénière à tous états, villes, villages, communautés, collèges et confréries des Pays-Bas, et à tous ses vassaux et sujets en général et en particulier qui avaient participé aux troubles et aux rébellions depuis l'an 1566. Il les rétablissait dans leur honneur et renommée, sans excepter de ce pardon général nulles personnes sinon celles dont les noms seraient proclamés le jour même de la publication de l'amnistie. Le Roi déclarait en outre que son intention n'était point de comprendre dans le pardon général ceux qui ne se réconcilieraient point avec l'église catholique et romaine el ne lui feraient point acte de soumission absolue \ La liste des personnes exclues de l'amnistie contenait deux cent quatre-vingt-douze noms. Afin que le nombre des proscrits ne parût pas si grand, Requesens avait résolu, d'accord avec les conseils, qu'on publierait les

t. m, p. 99.) La bulle du pape est insérée dans l'appendice, p. 49o. — Voir aussi Mémoires anonymes, t. I, p. 163.

1 Voir le texte des lettres patentes du 8 mars 1574. (Bruxelles, chez Michel de Hamont, imprimeur juré de S. AI.)

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exceptions partiellement, par province; l'audiencier se borna donc à lire les noms des proscrits qui appartenaient à la cour et au Brabanl. Ils étaient cinq pour la cour : le prince d'Orange, le comte de Culembourg, le comte de Berghes, le seigneur d'Esquerdes (Eustache de Fiennes) et le seigneur de Lumey (Guillaume de La Marck). En tête de la liste du Brabant étaient : Philippe de Marnix, Charles de Boisot, gouverneur de l'île de Walcheren, et Louis de Boisot, amiral de la flotte de Zélande. On remarquait aussi Jacques de Wesenbeke, le courageux pensionnaire d'Anvers. Les noms de plusieurs maîtres d'école, de prédicants et d'apostats durent aussi exciter latlention de la multitude ^

Dès que la proclamation de l'amnistie eut été faite à Bruxelles, des copies authentiques furent envoyées aux provinces pour qu'on les y publiât avec toute la promptitude possible. A chacune de CCS copies était jointe la liste spéciale des exclus. Dans la liste du Limbourg, on remarquait François Du Jonc, le ministre qui, en 1566, avait si fermement seconde les desseins des promoteurs du Compromis ; dans celle d'Ypres, Pierre Dathenus, le prédicant populaire; dans celle de l'Artois, le seigneur de Lumbres ; dans celle du Hainaut, Georges de Montigny, seigneur de Noyelies, et Charles de Liévin, seigneur de Famars ; dans celle de la Brielle , Guillaume de Treslong; dans celle d'Asperen , Rutger de Boetsolaer, seigneur de Garnisse; dans celle d'Enkhuizen , Thierry Sonoy ; dans celle de Malines, Bernard de Mérode, Aert Vanden Dorp, le pensionnaire Jacques Wasteel, Pierre et Adolphe Vander Aa ; enfin, dans celle de Tournai, Jehan TafBn, ministre, et Antoine de Lannoy, seigneur de Bailleul. Ceux-ci et les autres étaient exceptés et forclos, disait

' Voirlù liste des exclus dans un MS delà bibliolhèciue de Bourgogne, lio 12920. Confér. Cotresponclancede Philippe II, t. III, pp. 499 et suiv.

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