II
treprise, ourdirent un complot qui avait pour but de s'emparer de la personne même du duc d'Albe. Les promoteurs de cette tentative étaient deux frères , les S" de Risoir et de Carloo, de la maison de Van der Noot. Ils rassemblèrent six cents cavaliers et cinq cents fantassins, qui se cachèrent dans la foret de Soignes. Risoir avait le projet de les amener de nuit aux portes de Bruxelles, où déjà quelques-uns de ses gens avaient su pénétrer, d'égorger les sentinelles , de forcer la garde de l'hôtel du duc et de faire prisonnier le lieutenant de Philippe II. Ce complot ayant été éventé, Carloo avisa à un autre moyen. Comme le duc d'Albe se proposait d'aller passer la semaine sainte au prieuré de Groenendael, dans la forêt, il espéra de l'y surprendre plus aisément. Tout fut concerté avec soin. La plupart des complices de l'audacieux gentilhomme se rendirent secrètement au château du S'' d'Ohain , qui n'était pas éloigné de Groenendael. De son côté, Carloo se déguisa en moine et s'introduisit dans le prieuré, pour mieux assurer le succès de son entreprise. Le duc d'Albe se disposait à partir et allait infailliblement tomber entre les mains de ses ennemis, lorsque leur dessein fut révélé au S"' de Liques par un trompette, qui avait été au service de ce gentilhomme. Celui-ci se hâta d'avertir le duc d'Albe , au moment 011 il allait se mettre en route. Le duc se montra d'abord incrédule et on eut beaucoup de peine à le persuader de renoncer à son excursion. Le trompette avait dénoncé le S^ de Beausart, son capitaine, ancien cavalier dans la compagnie d'ordonnances du comte d'Egmont. Arrêté et appliqué à la torture, cet oEBcier refusa néanmoins de nommer aucun de ses complices et subit couraseusement une mort cruelle '.
' Grande chronique de Hollande, t. II, p. 176 ; — Van Meteren, liv. III ;
— Commentaires mémorables de don Bernardino de Mendoça, chap. X ;
— Correspondance de Philippe U , t. II, i). 'i^\ — Histoire de Bruxelles,