LIVRE xvr
crite. D'un autre côté, le duc d'Albe avait défendu à tous les sujets du roi, sous peine de confiscation des biens et de bannissement perpétuel , d'aller étudier dans les universités ou écoles étrangères '. Les évéques avaient visité les maîtres d'écoles de leurs diocèses, et, d'après leurs rapports, on avait arrêté les instituteurs coupables d'avoir enseigné de fausses doctrines et destitué ceux qui ne paraissaient pas être de bons catholiques. Des mesures analogues avaient été prises contre la librairie. Toutes les imprimeries et les boutiques de libraires et de relieurs avaient été visitées, le même jour, dans toutes les villes des Pays-Bas : les livres prohibés avaient. été saisis et brûlés, en même temps qu'on arrêtait les imprimeurs des presses desquels ces ouvrages étaient sortis. Il avait été défendu d'apporter des livres du dehors, sans qu'ils eussent été visités par les évéques ou leurs délégués, et tous ceux qui possédaient des livres, quoique n'étant pas libraires, avaient dû en communiquer le catalogue à l'évêque, pour qu'il les fit examiner. Les imprimeurs et les libraires furent définitivement placés sous la juridiction d'un « prototypographe, » chargé d'examiner les maîtres et les ouvriers, sous le rapport de l'aptitude en leur art, et sous la surveillance des évéques, des curés et des inquisiteurs, pour tout ce qui touchait la religion et les mœurs '. D'autre pari , les magistrats avaient été requis de déléguer des personnes qui, les jours de fête, assisteraient aux offices divins, pour veiller à ce que ces cérémonies se célébrassent sans aucun empêchement ; ils devaient, en outre, veiller, avec les ecclésiastiques , pour qu'on n'enterrât point en lieu saint ceux qui ne seraient pas morts
I Cet édit fut publié le 4 mars ■1570. Le cardinal de Graiivelle, lorsqu'il était aux Pays-Bas, avait vainement proposé au conseil d'État de décréter une semblable interdiction ; les seigneurs lui objectaient « qu'elle serait contre la liberté du pays. « Correspondance de Philippe II, t. II, p. 108,
' L'édit qui réglementait la librairie est du lo mai 1570.