II
catholiquement; ils devaient aussi, dans chaque ville, nommer des accoucheuses catholiques qui jureraient de déclarer au curé de la paroisse, dans les vingt-quatre heures, les femmes qu'elles avaient délivrées. Il avait été encore ordonné que nul ne fût pourvu d'une place de magistrature ou d'un autre office, sans une attestation de catholicité, délivrée par l'évêque ou par le curé de la paroisse. Enfin, dans le serment que prêtaient les officiers publics, il avait été ajouté qu'ils jureraient d'obéir à l'Église catholique romaine, de la défendre, et de contribuer à ce qu'elle fût obéie et défendue '.
Le conseil des troubles pouvait toujours être considéré comme la sanction et le couronnement du système de compression et de terreur introduit, dans les Pays-Bas, parle ducd'Albe. Les attributions du conseil avaient encore été étendues, depuis 1368, et sa composition avait subi des modifications qui tendaient à mieux affermir la prépondérance de l'élément espagnol. Le duc d'Albe avait renvoyé aux corps, dont ils faisaient partie, les magistrats dont l'indépendance l'offusquait, et il s'était également débarrassé de Claude Bélin, en lui donnant l'ordre de retourner en Bourgogne. Il les remplaça par des magistrats dont la docilité lui paraissait plus certaine et leur adjoignit deux étrangers, Geronimo de Roda, auditeur en l'audience et chancellerie de Valladolid, et Hieronimo OIzignano, Italien, qui appartenait au parlement de Bourgogne. Roda seul reçut le même pouvoir que Vargas et del Rio : il eut le droit de voter. C'étaient enfin ces trois Espagnols qui, sous l'impulsion du duc d'Albe, disposaient souverainement de la vie et des biens de milliers de proscrits. Tous les procès instruits dans les provinces aboutissaient au conseil des troubles, chargé de prononcer directement la sentence, dans les causes
' Relation des choses qui ont été faites par ordre du duc d'Albe, dans la Correspondance de Philippe 11, t. II, pp. 98-101.