‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe IIChapitre 151 sur 159 · II · texte numérisé non relu

II

de la Zélande. La Frise, la Gueldre, l'Over-Yssel s'ébranlent en même temps. Cette insurrection nationale contre la sanglante tyrannie du duc d'Albe ne laisse point les autres peuples indifférents. Le gouvernement anglais s'empresse d'accorder aux gueux de mer, dans le nord des Pays-Bas, un patronage indirect, mais non sans efficacité. De leur côté, les huguenots français assistent ouvertement Louis de Nassau et lui fournissent le corps d'armée avec lequel il pénètre dans les provinces du midi. La prise de Mons est un nouvel et grave échec pour la domination espagnole, déjà entamée par les insurgés hollandais et menacée en outre d'une invasion que doit diriger l'amiral de Coligny en personne. Mais déjà s'avançait aussi le plus redoutable de? adversaires de l'Espagne. Guillaume de Nassau, après avoir d'abord blâmé comme prématurée l'entreprise du S"" de Lumey, ne tarda point à discerner les conséquences favorables de cette victorieuse expédition. Il se mit alors en mesure d'accabler le duc d'Albe. Tout était bien changé depuis 1568. Au lieu de populations terrifiées ou indifférentes, le prince d'Orange, dont le nom avait grandi dans l'exil et l'adversité, retrouvait une haine inexprimable contre l'étranger qui opprimait les Pays-Bas ainsi que l'espérance et la volonté de relever les libertés abattues par le lieutenant de Philippe H. Plusieurs villes du Brabant et de la Flandre se déclarent pour le prince, et ces symptômes annoncent que les provinces du midi ne tarderont point à suivre l'exemple de la Hollande et de la Zélande. Pour hâter le dénoùment, Guillaume se dirige vers Mons, assiégé par le duc d'Albe. Son but est de délivrer cette ville importante, oii commande Louis de Nassau, de donner la main aux huguenots français dont le concours est assuré, de cerner l'armée espagnole et d'obliger ainsi le lieutenant de Philippe II à capituler.

La chute de la domination espagnole dans les Pays-Bas était à peu près certaine, lorsque l'horrible massacre de la Saint-Bar-

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