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! 14 IS.S PAYS-BAS SOl'S PHILIPPE II.
reste, ils ne pouvaient ignorer qui! y avait contre les assemblées illicites une nouvelle ordonnance publiée par la gouvernante, de l'avis des chevaliers de la Toison d'or. Ils répliquèrent que les chevaliers de l'Ordre n'y a\ aient pas consenti et que, d'ailleurs, l'on ne pouvait empêcher la parole de Dieu. Enfin, ils s'en allèrent après l'avoir averti de nouveau qu'il lui arriverait malheur, s'il persévérait dans ses persécutions contre les dissidents. A Bruxelles même, chaque nuit, on entendait retentir le chant des psaumes , et les sectaires parcouraient les rues en criant : Vivent les gueux! Mons avait repoussé les prêches. Les villes de l'Artois en avaient fait autant et se distinguaient particulièrement par leur fidélité ; elles demeuraient tout entières dans la religion catholique et l'obéissance royale ; la noblesse artésienne continuait aussi à se signaler par ses sentiments de loyauté, car on ne comptait que cinq ou six gentilshommes de cette province dans la Confédération. Mais l'Artois formait une exception.
Dès que la régente parlait au conseil d'opposer la force aux sectaires, on lui objectait que, pour la levée d'i.ne bande qu'elle ferait, les religionnaires et leurs as.sociés en lèveraient dix ; aussi était-elle forcée de procéder avec une extrême prudence à l'augmentation des garnisons. Malgré ses ressources restreintes , elle se gardait toutefois de négliger les armements , depuis qu'elle avait appris de divers lieux que les huguenots de France tenaient prêts vingt-cinq mille piétons et quatre mille chevaux. Elle avait chargé don Francès de Alava , ambassadeur de Philippe II en France, d'inviter le roi Charles IX, suivant le traité de paix, à défendre à ses sujets de sortir en armes ou autrement pour troubler les Pays-Bas , sous peine d'être tenus pour perturbateurs de la paix et du repos public. Redoutant par-dessus tout le voisinage de la France, Marguerite s'était empressée aussi d'envoyer à 'Valenciennes, le S' de Noircarmes, gouverneur provisoire du Hainaut, en l'absence du marquis de
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Berghes , ot avait renforcé, de ce côté, les garnisons dos places frontières.
Cependant le peuple croyait, sur la foi des prédicants, qu'il y aurait impunité aussi longtemps que le roi différerait sa réponse, et, en outre, que les seigneurs avaient pétitionné contre l'inquisition et. les placards, et en faveur de la liberté de religion. Tous les mécontents puisaient une force nouvelle dans la hardiesse des confédérés et parlaient avec dédain des vaines menaces de la régente. La multitude était d'ailleurs portée aux mouvements séditieux, même au pillage des riches, par suite du malaise général qu'occasionnait le ralentissement du commerce. On semblait enfin à la veille d'une grande commotion. La majorité du conseil d'État demandait instamment la convocation immédiate des états généraux. C'était le but de toutes les représentations, et l'on ne parlait plus de l'abolition de l'inquisition et de la modération des placards. Le cointe d'Egmont se montrait alors le plus imp.atient et le plus impérieux • il avait môme déclaré à la gouvernante que, si l'on ne convoquait pas les états, ils s'assembleraient de leur propre autorité, pour trouver quelque remède aux maux présents du pays et prévenir sa perte qui, sans cela, était certaine. Dans la séance tenue par le conseil d'État, le 9 juillet, le comte d'f'^gmont dit à la régente que, dût-elle encourir l'indignation du roi, elle ne pouvait plus tarder à réunir les états généraux. Si elle ne l'osait faire, par crainte ou parce qu'elle se croyait obligée d'attendre la résolution du roi, tout serait perdu, la religion et le pays, avec danger manifeste pour les autres États de Philippe II ! Le prince d'Orange déclara ensuite que les choses étaient en toute extrémité, et que la réunion des états généraux, quoique venant déjà tard, était le seul moyen de prévenir de plus grands désastres. Marguerite objecta qu elle ne pouvait ni ne voulait accorder cette demande, sans avoir préalablement obtenu l'autorisation du roi. A de nouvelles
ne KKS P.WS-ItAS SOUS PHILIPPE II.
instances, elle répondit quelle représenterait au roi les inconvénients qui pourraient survenir, si les états généraux n'étaient pas assemblés, et qu'elle le supplierait de faire connaître, sans retard, ses intentions sur ce point. Les seigneurs déclarèrent i alors qu'ils attendraient la réponse seulement vingt-cinq jours ;
'l encore prétendaient-ils que dix-huit jours suffisaient, à savoir :
j sept pour l'aller du courrier, sept pour le retour, et quatre pour
la délibération du roi. Dans sa dépêche ostensible, Marguerite signala effectivement à Philippe II les graves inconvénients d'une décision négative, et ses réflexions à cet égard étaient prophétiques : « Je représente ceci à Votre Majesté, disait-elle, non <i pas comme si cette assemblée générale devait tout finir ; mais «1 nous convenons tous que si , dans les circonstances actuelles, «1 il y a un remède ou un moyen de prévenir la dissolution pré- « sente, c'est celui-là. Si ce remède ne plaisait à Votre Majesté, Il il faudrait indubitablement en venir aux armes, contre les «t sectaires séditieux et aussi les confédérés et les étrangers. <i Votre Majesté sait combien je suis mal préparée pour prendre ti ce parti, dont il surgirait une très-cruelle guerre civile ; et Il encore que Votre Majesté puisse dompter toutes ces séditions <i par les armes, il y aurait toutefois une grande partie de ses <i sujets morts, détruits ou appauvris, et le pays resterait désolé, (i ruiné et exposé. » Mais en s'exprimant ainsi, la régente ne disait point le fond de sa pensée ; opposant aux adversaires de la politique espagnole une profonde duplicité, elle tenait un tout autre langage dans une lettre secrète. Là, elle exprimait l'opinion que le but de ceux qui demandaient l'assemblée des états était d'obtenir la liberté de conscience et le pardon général ; on voudrait aussi, disait-elle, que les états se rendissent garants des promesses du roi, et enfin qu'ils fissent avec les confédérés une ligue perpétuelle pour se soutenir les uns les autres '.
' Tous ces détails sont puisés dans les Notules du conseil d'État ; dans
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Les événements qui s'accomplissciient ii Anvers exerçaient une influenco |)rodigieuse sur toutes les provinces. C'était de la métropole commerciale, de cette Babylono, comme l'appelait un inquisiteur, que venaient les exhortations les plus énergiques ainsi que rexem[)le d'une lutte ouverte entre les partisans des doctrines nouvelles et les soutiens de la politique royale. On a vu avec quelle ardeur la population de la ville et des campagnes s'était portée aux premiers prêches qui avaient eu lieu ù la fin du mois de juin. L'impunité avait accru l'audace des religion-
les lettres françaises de la ducliesse de Parme au Roi du 7, du -19 et du 3t juillet, Correspondance de Marguerite de Parme, pièces XIV^, XV» et XX1II<-; dans la lettre secrète qu'elle écrivit au Roi le 18 juillet, Correspondance (le Philippe II, t. l'î'-, p. 432, et dans une lettre d'Alouso del Canto également du ] 8 juillet, même collection, t. I", p. 433. — !I importe toutefois de remarquer que les ministres réformés prétendirent constamment n'avoir jamais excité la multitude à des violences ; ils soutinrent au contraire, dans l'apologie publiée en -1567, d'avoir toujours prêché qu'il n'était pas licite d'usurper la puissance du glaive, ce dont, disaieni-ils, pourraient rendre témcàgnage les huit cent mille personnes qui avaient assisté aux prêches. « ... Un chacun sait en quelle rigueur l'on a procédé contre tous ceux qui ont fait profession de ceste religion (réformée). Le sang de plus de cent mille personne occis , la pauvreté et misère d'une infinité de fugitifs et bannis, le deuil et lamentation des veuves et pupilles, la désolation de plusieurs bourgs et villages en peuvent rendre témoignage : et cependant sauroit-on alléguer un seul de ceste religion qui se soit revengé contre les officiers de S. M. ou qui ait, je ne dis pas usurpé, mais pensé seulement à usurper le glaive du magistrat?... En vérité, sauroit-on alléguer que, ou de jour, ou de nuit, on ait seulement touché du doigt à quelque inquisiteur ou officier de S. M. encore qu'on en eût assez de moyens et d'occasions pour le faire, mesmement en ce temps de trouble, quand le peuple est sorti avec armes et bastons, quand les prestres ont eu leur recours en la miséricorde du peuple... et a-t-ou frappé ou touché un seul?... » V raye narration et apologie des choses passées au Pays-Bas^ touchant le fait de la religion, en l'an MDLXVI, etc.; p, 83.
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naires. On comptait maintenant sept prêches, et chaque jour il sortait d'Anvers plus de quinze mille personnes pour y assister, indépendamment de la multitude accourue des villes et des villages voisins. La plupart des auditeurs étaient armés d'arquebuses, de hallebardes, de piques ou do fourches. Tous les chanoines avaient quitté la ville. Beaucoup de marchands étrangers, craignant l'effervescence populaire, avaient également émigré ; des bourgeois notables fuyaient aussi avec leurs femmes et leurs enfants '. Déjà les religionnaires ne .se contentaient plus de leurs assemblées extérieures. Les sectateurs de la religion réformée des deux langues, française et tudesque, adressèrent au magistrat une requête, à l'effet d'obtenir une place [)ublique dans la ville même, pour y pratiquer librement l'exercice de leur religion. Ils exposaient, en outre, que leurs assemblées ayant été représentées comme hérétiques, séditieuses et préjudiciables à la ville, il leur avait semblé qu'on voulait empêcher leurs saintes congrégations par la force des armes, et c'était pourquoi ils avaient cru y devoir aller pareillement armés Ce qu ils ne faisaient à autre fin, disaient-ils, que pour se défendre, eux, leurs femmes et leurs enfants, non contre le magistrat, mais contre les complots de leurs adversaires. Ils ajoutaient que le motif pour lequel ils avaient rendu leurs prêches publics était la grande multitude des auditeurs, qu'il n'était plus possible de tenir enfermés dans un lieu secret ; d'autre [)art, ils avaient toujours été accusés par leurs adversaires de n'oser annoncer publiquement leur doctrine. Ils offraient cependant de poser les armes, dès qu'il leur serait désigné quelque place; ou lorsque, sous la pro-
' Lettre d'Alonso del Canlo au Roi du IS juillet, dan.'; la Correspondance (le Philippe II, t. 1er, p. .i.33. Lettres française.-^ delà duches.^e de Parme au Hoi du 7 et du 19 juillet, dans la CorrespoïKlanre de Marguerite de Parme, pièces Xl\> et XV*-.
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tection du magistral, et sans crainte d'être assaillis, ils pourraient sassembler sûrement pour pratiquer leur religion, fondée sur la doctrine des prophètes et des apôtres ' .
L'agitation s'accrut par l'arrivée presque simultanée du comte de Meghem et de Henri de Bréderode. Le premier, sous prétexte de retourner dans son gouvernement de Gueldre, s'était arrêté à Anvers. II ijaraît très-vraisemblable qu'il avait été chargé par Marguerite de disposer le magistrat à recevoir garnison. Toujours est-il que son arrivée suffit pour exciter un grand tumulte. On disait de tous côtés qu'il était venu avec l'intention de nuire aux confédérés, que le comte d'Arenberg devait le suivre de près avec douze compagnies et que, quand la ville serait remplie de soldats, la régente y entrerait ; qu'elle y établirait l'inquisition d'Espagne , qu'elle y ferait bâtir une citadelle, où Ton tiendrait une forte garnison, et qu'alors les habitants du Brabant seraient contraints d'endurer cette forme oppressive de gouvernement dont les peuples de Milan et de Na[jles, trompés par un semblable artifice , avaient été malheureusement victimes-.
C'était aussi la crainte de voir une garnison introduite à Anvers par les comtes de Meghem et d'Arenberg qui avait déterminé Bréderode à s'y rendre. Les chefs et députés des confédérés
■ Grande chronique de Hollande, i. II, p. \\\. — La commune ue s'arrêtera, mandait la gouvornaute à Philippe II, le 1 9 juillet, que lorsqu'elle aura obtenu quelque temple pour prêcher selon la confession d'Augsbourg et de Calvin, i< à quoi ue suis nullement délibérée d'entendre, sachant bien que " ce n'est l'honneur de Dieu ni l'intention de V. M. ; puis, à cet exemple, " les autres villes et le reste du pays voudroient peut-être le semblable, « ce qui seroit mettre en désordre tout le pays. «
- Stuada, liv. V, laisse soupçonner la mission du comte de Meghem à Anvers; — Bkntivoglio, liv. II, dit formellement qu'elle avait pour but d'introduire garnison dans la ville.
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seloicni leuiiis à Lierre, le 4 juillet, pour délibérer sur hi situalion et arrêter la convocation d'une nouvelle assemblée générale. Le 5, Bréderode arriva à Anvers, accompagné d'un grand nombre de gentilshommes. Il s'efforça de déjouer les desseins que l'on attribuait au comte de Meghem, et il se félicita d'être accouru au secours de ses partisans, ne doutant point que, sans sa venue, la ville était perdue pour les confédérés '.
Le magistrat, impuissant à contenir et à rassurer le peuple, avait fait de nouvelles instances auprès de la gouvernante pour qu'elle se rendît elle-même à Anvers. Elle était disposée à condescendre enfin à ce vœu , mais elle désirait que le prince d'Orange et le comte d'Egmont la devançassent afin de stipuler des garanties pour la sûreté de sa personne aussi bien que contre le renouvellement des prêches. Le prince d'Orange refusa di; remplir cette mission en compagnie d'un autre seigneui ; il allégua qu'on le rendrait responsable du mal qui pourrait advenir et que tout le bien serait attribué à son compagnon. Il jugeait aussi qu'il n'était pas de sa dignité de partir comme un fourrier pour préparer les logis de la duchesse de Parme. Il avait répondu à celle-ci qu'il se rendrait volontiers à Anvers, mais seul et avec toute l'autorité requise pour une telle charge. C'était là, en effet, son désir le plus ardent ; une mission pareille devait augmenter son importance et le rendre en quelque sorte l'arbitre de la situation. Aussi engagea-t-il son frère, Louis de Nassau, à empêcher, s'il était temps encore, la venue de Bréderode; il l'exhortait en outre à agir secrètement et adroitement auprès des membres du large conseil, afin de les exciter à réclamer son intervention, en sa qualité de burggraef d'Anvers '. Les démarches secrètes
1 \ air sa lettre du G juillet 4 566 à Louis de Nassau, dans les Archives de la maison d' O rat Kje- Nassau, t. H, p. HO.
2 Lettre du prince écrite à Louis de Nassau, le o juillet au soir. Anliim-s ile la maisoit d'Oraiir/c-NassaK, t. H, p. I.'^?,
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des amis du prince ne restèrent point stériles. Le 7 Juillet, tous les maîtres des quartiers et plus de trois cents marchands notables s'adressèrent au magistrat pour qu'il suppliât la régente d'envoyer à Anvers le prince d'Orange '. Marguerite eût préféré de se rendre elle-même à Anvers, mais bien accompagnée et avec l'assurance que les prêches ne continueraient point pendant son séjour. Cependant le magistrat , après avoir assemblé la commune, fut obligé de répondre qu'il n'était pas en son pouvoir d'empêcher les prêches hors de la ville; et que, si la duchesse voulait s'y rendre, elle ne devait se faire accompagner que de sa cour ordinaire et ne pas y mener des gens de guerre. C'eût été pour la gouvernante se mettre en la puissance d'une ville presque révoltée ; de l'avis du conseil d'État, elle renonça formellement au voyage. Alors le magistrat appuya la demande faite par les membres de la commune pour obtenir l'intervention du [irince d'Orange. Il écrivit aussi à la régente afin qu'elle enjoignît à Bréderode et au comte de Meghem de sortir de la ville, oîi leur présence entretenait l'agitation. Le comte de Meghem ne fit aucune difficulté d'obéir à l'invitation de la duchesse, qui l'engageait à se rendre dans son gouvernement de Gueldre; mais Bréderode refusa formellement de quitter Anvers avant l'arrivée du prince d'Orange. Il avait été traité à l'hôtel de ville par les échevins de l'année précédente ; sa présence paraissait une sauvegarde pour les religionnaires et pour les bourgeois catholiques eux-mêmes, qui craignaient les machinations des comtes de Meghem et d'Arenberg. Telle était la défiance de la bourgeoisie que les clefs des portes avaient été ôtées au magistrat en même temps qu'un certain nombre d'habitants notables déclaraient à Bréderode qu'il devrait leur maicher surle ventre, s'il voulait les abandonner avant 1 arrivée du prince d'Orange. Enfin,
' Grande chronirnir de Hollaiulp, (. II. p. 110.
122 LES PAvs-nAs SOIS pini-ippK n.
le 12 juillet, Marguerite, après avoir longtemps hésité, autorisa le prince à se rendre à Anvers. II lui promit d'abord en particulier et renouvela cette déclaration devant le conseil d'Efat, <. qu'il donnerait ordre afin de calmer toutes ces émotions et de rétablir le commerce de sorte que chacun pût retourner à ses occupations; » quant aux prêches, <i qu'il s'efforcerait d'empêcher qu'ils eussent lieu dans la ville, et même au dehors, si cela était en son pouvoir ' . !>
Le prince d'Orange, parti de Bruxelles le 13 juillet, arriva le même jour, dans la soirée, aux portes d'Anvers. Bréderode était allé au-devant de lui jusqu'à Berchem, accompagné d'une troupe de gentilshommes confédérés et d'un assez grand nombre de notables, tous à cheval. La population presque tout entière s'était également portée à la rencontre de l'éminent personnage qu'elle regardait comme son libérateur. Plus de trente mille personnes couvraient la route depuis Berchem jusqu'au logis préparé pour le prince. En apercevant Guillaume de Nassau, Bréderode et ses compagnons le saluèrent j)ar une salve de leurs pistolets. En même temps, on entendit sortir de la troupe des gentilshommes confédérés le cri de : "Vivent les gueux ! i> quela multitude répétait avec enthousiasme. Comme des réformés commençaient même à entonner les cantiques des calvinistes, le prince leur commanda de se taire, et plusieurs fois aussi il imposa silence de la main à ceux qui criaient : « Vivent les gueux ! » Ses gestes étant demeurés impuissants, il joignit la parole à l'action, et dit, un peu en colère : " Voyez, pour l'amour de Dieu, ce que vous faites,, de jieur de vous en repentir quelque jour! » Quand le
' Lettre française de la duchesse de l'arme au roi, du 19 juillet, dans la Correspondance de Manjuerite de Panne, pièce XV'", p. 87. — Lettres de Bréderode à Louis de Nassau, du i» et du 12 juillet, dans les Arrhivrs dr la )nais(>i> d'Oianyr-iyassnu, t. IL l^P liSet L'iD.