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qu'ils n'iraiont pas au delà. Réunis à Snint-Trond , ils s'accordèrent pour demander des sûretés ; mais ils différèrent d'opinion sur le point de savoir s'il fallait rester fidèle à la requête du 5 avril ou réclamer de nouvelles concessions. Les uns se seraient contentés de l'abolition de 1 inquisition et de la modération des placards ; les autres, tout en demandant la convocation des états généraux, manifestaient hautement le dessein de conserver la religion catholique; mais les plus ardents et les plus résolus, en grand nombre, étaient d'avis d'exiger la liberté de conscience pleine et entière '.
Le prince d'Orange, tout en employant ses efforts à ramener le calme à Anvers , surveillait attentivement l'importante réunion de Saint-Trond. Au moment où il s'agissait de faire des concessions aux religionnaires, Guillaume ne dissimulait point ses sentiments secrets. Il favorisait les luthériens, se défiait des calvinistes et détestait les anabaptistes , contre lesquels il aurait même voulu publier un édit, si la régente ne s'y était opposée. Louis de Nassau, sans être aussi exclusif que son frère, n'appartenait pas non plus au calvinisme. Le 16 juillet, Guillaume lui écrivit d'Anvers qu'il était informé que plusieurs des adhérents à la loi de Calvin se trouveraient à l'assemblée de Saint- Trond. «(Comme ce sont gens, disait-il, qui, pour un peu de bon semblant qu'on leur témoigne, prennent beaucoup d'audace , il faut leur donnersi peu d'espoir qu'il sera possible, en cas qu'ils réclament la protection des confédérés , pour que ceux-ci les assistent en leurs prêches désordonnés '. »
Les confédérés ne suivirent pas ce conseil, car ils se déterminèrent à promettre une protection égale aux calvinistes et aux luthériens, dont les mandataires s'étaient rendus à l'assemblée
' Strada, liv. y .—Correspondance de Marguerite de Parme, pièce XX!!!*-. "^ ArrhiroK de la maisn)i d'Orange-IS'assau, t. II, pp. LSR et '212. II. 9
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de Saint-Trond. Les deux sectes requéraient pareillement l'assistance de la noblesse pour pouvoir parvenir à la liberté de leurs consciences et à l'exercice public de leurs doctrines et de leur religion. Une supplique en ce sens fut présentée aux confédérés, au nom de tous les protestants des Pays-Bas. Les pétitionnaires, après avoir remercié les confédérés des efforts qu'ils avaient déjà faits pour combattre l'oppression religieuse, déclaraient que, ])rofitant de l'ouverture qui leur était ménagée par ces efforts, ils n'avaient pas trouvé bon de s'arrêter à la porte, mais qu'ils avaient voulu passer plus avant '. Les députés de la Confédération, Bréderode et Louis de Nas-
' « C'est ainsi, ajoutaient-ils, que depuis un mois ou environ, les re- « montrants se sont assemblés publiquement pour satisfaire leurs con- « sciences ainsi que le zèle et l'ardeur du peuple, qu'il était d'ailleurs » impossible de contenir plus longtemps. Or, comme ils aperçoivent assez « que par divers moyens on tàclie d'entraver la prédication de l'Évangile « et que les magistrats leur sont contraires, ils ont de près considéré où ils " pourraient avoir refuge, après la confiance qu'ils ont en Dieu, touchant « l'équité de leur cause. Vous autres, Messieurs, êtes ceux sur lesquels ils « ont l'œil fixé, et desquels ils implorent non-seulement la faveur, mais « aussi l'assistance au besoin. Ils ont donc conçu cette bonne et sainte « espérance de vous que vous n'endurerez en aucune façon que force ou « violence leur soit faite dans l'exercice de la religion évangélique. Ils vous « supplient donc très-humblement, au nom de Dieu, qu'il vous plaise les « prendre sous votre protection, les défendre contre tous leurs ennemis, et « faire en sorte qu'aucun empêchement ne vienne entraver l'exercice de « leur religion. Pour leur donner plus grandes assurances de votre bonne « volonté envers le pays, et pour la conservation de la paix, ils demandent « que certains nobles soient députés pour chaque quartier, afin de pour- « voir aux troubles apparents, jusqu'à ce qu'il soit autrement statué par « les états généraux légitimement assemblés. Si vous agissez ainsi, les » remontrants seront obligés, de plus en plus, d'emplejer corps et biens « pour conserver le pays en repos. » Grande chronique de Hollande, t. II, p. 147.