‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe IIChapitre 33 sur 159 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

d'Egmont, de Mansfeld, de Horncs, d'Arcnbcrg, de Ligne et do Hooghstraeten ; le baron de Berlaymont, les seigneurs de Ilachicoiirt et de Noircarmes , le président Vigliiis ainsi que les conseillers Philibert de Bruxelles et Christophe d'Assonleville. Une indisposition justifiait l'absence du duc d'Arschot, et celle du comte de Meghem était motivée par les dispositions hostiles des sectaires à son égard '. Marguerite fit d'abord donner lecture do la dépêche du roi du 31 juillet, qui contenait sa résolution sur les points indiqués dans l'instruction du marquis de Bcrghes et du baron de Rlontigny. Elle soumit ensuite aux délibérations du conseil trois choses : comment elle pourrait promptement exécuter les instructions royales, conformément au service de Dieu, au bien du pays et à l'état actuel des affaires ; ce qu'il faudrait répondre aux deux dernières requêtes des confédérés pour les ramener à la dévotion du roi ; comment enfin on devrait remédier au mal d'hérésie et au saccagenient des églises. Animée par le tableau qu'elle traçait des profanations et des sacrilèges qui avaient été commis presque sous les yeux des gouverneurs des provinces, Marguerite exhorta les seigneurs qui l'entouraient à prendre les armes pour réprimer et châtier l'impiété des sectaires. Elle rappela aux chevaliers de l'Ordre le serment qu'ils avaient fait en recevant la Toison d'or et leur promesse de combattre les hérétiques et les séditieux, dès que le roi aurait donné satisfaction quant à l'inquisition , à la modération des placards et à la sûreté des confédérés. Mansfeld , Arenberg et Berlay-

1 II avait écrit, le 9 août, à la duchesse de Parme, qu'il ne voulait se rendre dans aucune ville du Brabant jusqu'à ce que cette bourrasque fût passée, car il était averti, disait-il, que les gueux voulaient sa mort. Il rapnpelait la fin tragique de Gui de Brimeu, seigneur d'Humbercourt et comte de Meghem, décapité à Gand, le 3 avril 1477. « Mon grand père, ajoutait-il, « me sert assez d'exemple de ne me mettre en la miséricorde de ce peuple « enragé. « Correspondaiirc de Philippe II, t. Ipr, p. 442.

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mont applaudirent aux i)aroles chaleureuses de ia gouvernante et lui offrirent avec ardeur leur vie et leur assistance. Mais tous les efforts de Marguerite échouèrent près du prince d'Orange et de ses partisans , les comtes d'Egmont , de Hornes et de Hooghstraeten. Ils refusèrent de donner leur assentiment aux résolutions prises par le roi sur les trois points, de l'inquisition, de la modération des placards et du pardon général ; ils ne crurent pas non plus devoir consentir à l'emploi de la force contre les sectaires. La régente eut beau rappeler au comte d'Egmont ses promesses, si souvent faites, de prendre les armes pour le service de Dieu et du roi , au cas que les trois points fussent accordés : il répondit que les temps étaient changés , que les résolutions du roi étaient venues trop tard. Irritée de cette résistance, Marguerite s'écria que, le roi voulût-il admettre deux religions, ce qu'elle ne pouvait croire, elle ne voulait pas, elle, être l'exécutrice d'une semblable détermination ; qu'elle se laisserait plutôt mettre en pièces. On lui objecta que prendre les armes serait un parti dangereux , car la violence porterait au comble l'exaspération de plus de quinze mille hérétiques qui se trouvaient à Bruxelles. Marguerite termina enfin ces pénibles débats , et , cessant de parler de prendre les armes, sans toutefois en perdre le dessein, elle demanda par quel autre moyen on pourrait apaiser les troubles. Le conseil estima que, en ce qui concernait l'inquisition, le roi avait entièrement satisfait à la requête des confédérés et s'était conformé à lavis des chevaliers de lOrdre ; mais que, dans les circonstances actuelles, la modération des placards, à laquelle on s'était arrêté d'abord, ainsi que les instructions du roi h ce sujet, ne pouvaient être mises à exécution. Quant à la convocation des états généraux pour rédiger un nouveau placard, les membres du conseil furent unanimes que l'on était contraint de recourir à ce moyen, et qu'on ne devait plus en espérer un autre, puisque la moitié du peuple des Pays-Bas était entachée

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