‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe IIChapitre 35 sur 159 · LIVRE XII (lî)GC · texte numérisé non relu

LIVRE XII (lî)GC

Les trois seigneurs s'empressèrent de faire connaître cette détermination qui était de nature, croyaient-ils, à mettre un terme aux troubles en satisfaisant à la fois les confédérés et les sectaires. Le pensionnaire Borluut , de Gand, fut appelé chez le comte d'Egmont, dans la nuit du 24 août, entre une et deux heures, et apprit de sa bouche les concessions promises par la régente. Il se hâta d'en donner immédiatement avis au magistrat de Gand et à celui d'Ypres '. Mais il importait surtout de calmer l'effervescence populaire à Anvers, car, depuis le saccagement des églises, le commerce était en souffrance, et un cer-

Parme au roi, du 27 août {Correspondance de Philippe II, t. I"""-. pp. 452- 454), et dans la longue dépêche française qu'elle adressa à Philippe II, le 29 [Correspondance de Marguerite de Parme, pièce XLIIe). — Les notes rédigées par le secrétaire Berty paraissent bien froides à côté de ces deux documents, et surtout de la lettre italienne. Il résulte toutefois du mémorial de Berty, que le comte d'Egmont émit l'opinion la plus hardie, mais sans refuser d'une manière absolue de prendre les armes contre les sectaires. Il ne voulait point qu'on eût recours à des troupes étrangères pour réprimer les désordres et les violences , mais il demandait que chaque gouverneur prît les armes en son gouvernement. Du reste, il faisait remarquer que la résolution du roi ne répondait plus aux nécessités présentes. « A nouveau mal, disait-il, convient nouveau remède. Et veu comme ceste résolution ne contentera ny la noblesse, ny le peuple, semble que Son Altesse doibt faire quelque chose sortant quelque peu hors le commandement du roy, l'excusant sur le mal présent. » Enfin, il aurait voulu que l'on adoptât la paix de religion telle qu'elle était en vigueur dans l'Empire. Le prince d'Orange, qui avait mis son avis par écrit, le comte de Hornes et le comte de Hooghstraeten appuyèrent l'opinion du comte d'Egmont. Hooghstraeten, qui d'ailleurs était étroitement lié avec les chefs de la confédération, déclara en outre , quant au pardon général promis par le roi, qu'il ne pensait pas « que les gentilshommes ayent faict chose pour laquelle ilz le deussent demander. » [Notules du conseil d'État, séance du 22 août.)

I Verslag van 't mafiislrai't imn Cent, etc., p. IS.'j. II. 13

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tain nombre de négociants, surtout des Italiens et des Espagnols, redoutant le pillage, avaient déjà abandonné la ville.

Les lettres d'assurance, si impatiemment attendues et si impérieusement exigées, avaient été préparées dès le 23 ; le surlendemain, après avoir été signées par la gouvernante et revêtues de toutes les formalités requises, elles furent remises aux députés des confédérés. En vertu des pouvoirs qu'elle avait reçus du roi, Marguerite promettait d'abord que l'inquisition cesserait; elle faisait connaître ensuite qu'elle continuerait ses instances pour que la modération des placards, consentie également par le roi, put se faire de l'avis des états généraux. Elle donnait enfin aux confédérés la garantie qu'ils réclamaient pour leur sûreté; mais cette assurance, qui ne s'appliquait d'ailleurs qu'au passé, était subordonnée à la promesse qu'ils se comporteraient en bons et loyaux vassaux et sujets. Ils devaient aider en conséquence de tout leur pouvoir et de bonne foi à empêcher les troubles présents ; à faire cesser les saccagements des églises, des cloîtres et des monastères ; à châtier ceux qui avaient commis des sacrilèges, à protéger les membres du clergé et les officiers de justice ; enfin à réprimer et à désarmer la populace soulevée. Ils devaient promettre en outre d'empêcher que les prêches ne se fissent dans les lieux qui en avaient été exempts ; et là oîi ces prédications seraient autorisées, ils devaient faire en sorte que les assistants fussent sans armes et se conduisissent avec calme et modestie. Ils devaient aider encore à repousser tous étrangers, ennemis du pays ou rebelles, et employer toujours le crédit qu'ils pouvaient avoir hors du pays, au service de Sa Majesté et pour le bien de la patrie. Enfin, ils devaient se conformer en tout et partout à ce qu'il plairait au roi de leur commander par l'avis et le consentement des états généraux.

Louis de Nassau, Eustache de Fiennes et les autres députés des confédérés prirent cet engagement, le 25. entre les mains

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