‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe IIChapitre 4 sur 159 · II · texte numérisé non relu

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sion de toutes ses charges. Le comte de lîooghstraeten avait également quitte la cour. Le comte deHornes, dont le mécontentement s'était accru par le dérangement de ses affaires, se tenait dans son château de Weert ; son crédit était tellement décrié à cette époque qu'il n'avait pu trouver à emprunter cent écus ù Anvers ; aussi s'était-il déterminé ù envoyer son secrétaire Alonso de Laloo en Espagne pour faire connaître sa détresse au roi et implorer son intervention ' . De .son côté , le comte d'Egmont, dans plusieurs entrevues avec la régente et avec des serviteurs fidèles du roi, se montrait irrésolu s'il imiterait ses amis ou s'il retournerait encore au conseil. Comme on l'exhortait à s'efforcer surtout, dans ces jours de péril, h montrer le bon courage qu'il portait au service de Dieu et du roi, et h assister partout et en tout la gouvernante, il répondit que c'était bien dit, mais que ceux qui tenaient ce langage, n'entendaient pas le point d'honneur et ignoraient les réponses et les objections qu'il avait journellement à souffrir de ses amis'. Au surplus, les espions de Philippe II le trouvaient bien changé : ils l'accusaient de se déclarer en toutes choses d'une manière trèspréjudiciable au service du roi; et comme tout le monde avait les yeux tournés vers lui, sa conduite produisait, disaient-ils, un grand mal ^.

Les membres les plus éminents de l'aristocratie se trouvaient dans ces dispositions si défavorables à la politique espagnole, lorsque le plus clairvoyant de tous, le prince d'Orange résolut, au commencement du mois de mars, de les inviter à son château de Breda. Le prétexte mis en avant était de prendre congé du

' Défense personnelle du comte de Bornes, dans le Supplément à Slrada, t. I'""-, pp. 160, 171 et suiv.

^ Mémorial de Hoppehus, If- part., chap. IX, § 82.

' Alonso del Canto au roi, de Bruxelle."?, 17 mars l.'iGG. Correspondance de Philippe II, t. k>, p. 398.

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comte de Schwartz bourg, beau -frère du prince ', et de deux célèbres capitaines allemands, George Van îToIl et Westerholt, dont le séjour à Bruxelles, pendant les fêtes qui suivirent le mariage d'Alexandre Farnèse, semble n'avoir pas été sans influence sur les déterminations de la noblesse. Mais le but réel de Guillaume de Nassau en invitant h Breda ses collè.2;nes, les principaux conseillers d'État et les chevaliers de la Toison d'or, était de délibérer avec eux sur la situation si périlleuse dans laquelle la politique inflexible du roi et la juste impatience de la noblesse inférieure plaçaient le pays. Le comte de Hornes, le marquis de Berghes et le comte de Hooghstraeten se rendirent à l'invitation du prince. Ils trouvèrent au château de Breda Louis de Nassau et douze autres signataires du Compromis, parmi lesquels N. de Hammes, Bernard de Mérode, Jean de Marnix , le S'' de Louverval, Pierre d'Andelot, le S"" de Dolhain, Jean de Montigny, S*" de Villers, et Jean de Hornes , S*^ de Boxtel , lieutenant de la bande d'ordonnances du prince d'Orange. On y attendait aussi Bréderode. Egmont, à qui le comte de Schwartzbourg avait manifesté itérativement le désir de le revoir avant son départ des Pays-Bas, répondit de Bruxelles qu'il ne pourrait se trouver à Breda, mais que, si la compagnie voulait se transporter au château de Hooghstraeten, il la rejoindrait. Tout en faisant grande chère , suivant les mœurs du temps , les seigneurs réunis à Breda se préoccupèrent sérieusement de la situation du pays. Les promoteurs du Compromis, qui se trouvaient présents, exposèrent le succès de cette ligue et les avantages qu'on pourrait en tirer. Louis de Nassau annonça que les gentil.shommes confédérés avaient le dessein de présenter à la gouvernante une requête pour demander l'abolition de l'inquisition et

' Gunther, comte de Schwartzbourg, avait épou'^é, en 1560, Catherine de Na?.<5nii, alors âgée de 17 ans.

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la modération des édits contre les dissidents religieux. Mais le prince d Orange, sans considérer la confédération comme rébellion ou conspiration, trouvait ces démarches trop précipitées, et persistait dans l'opinion que la direction de l'opposition nationale ne devait point être soustraite au conseil d'État. Ces graves délibérations furent continuées à Hooghstraeten , oti le comte d'Egmont arriva le 12 mars au soir et oîi il fut rejoint le lendemain par le comte de Meghem. Ce dernier, se retirant déjà de l'opposition, se proposait d'épier les confédérés et d'instruire la gouvernante de leurs résolutions. Quant au comte d'Egmont, il avait reçu de la régente la mission d'offrir à George Van Holl de se mettre au service du roi. Cette proposition fut déclinée, et la compagnie rejirit les délibérations commencées à Breda. Le comte d'Egmont apprit que Bréderode et d'autres gentilshommes se proposaient de présenter une requête à la gouvernante au sujet de l'inquisition et des placards, et que, à cet effet, ils se rendraient à Bruxelles dans dix jours. Le projet de cette requête fut môme communiqué aux seigneurs. Ils résolurent entre eux qu'ils n'y devaient point intervenir, parce qu'ils étaient du conseil d'Etat , et que, pour sauver leur responsabilité, ils étaient même obligés d'avertir la gouvernante de ce projet. C'est à quoi s'engagèrent les comtes d'Egmont et de Meghem, Le premier avait , du reste, représenté que cette requête serait mal interprétée par le roi, et qu'il ne conseillerait à nul de ses amis d'être de la compagnie ou d'y entrer. Egmont et Meghem ayant pris congé des personnages réunis à Hooghstraeten, le prince d'Orange retourna à Breda, accompagné du comte de Hornes qui devait traverser cette ville pour rentrer à Weert. Ce fut alors que Louis de Nassau et ses amis prirent la résolution irrévocable de faire la démarche qu'ils avaient annoncée aux seigneurs du conseil d'État. Le prince d'Orange, n'ayant pu ramener à son opinion les chefs des confédérés, estima que la voie du pétitionnement était encore

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