‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe IIChapitre 45 sur 159 · LIVRE XII (15GG · texte numérisé non relu

LIVRE XII (15GG

religioonaires se prétendaient lésés, ils j)renaient leur recours vers ce gentilhomme, au lieu de s'adresser à leurs magistrats. Elle avait été surtout extrêmement irritée de ce que , le 2o septembre, Louis de Nassau eût envoyé auprès du magistrat de Bruxelles Maximilien de Blois, pour protester contre la défense faite à ceux de la religion d'aller aux prêches. Elle rappelait d'ailleurs au prince d'Orange que, par sa lettre du I" août, le roi lui-même l'avait déjà engagé à éloigner son frère pour quelque temps'. Louis de Nassau communiqua la réponse quil se proposait de faire à cette sommation -. c'était une longue et assez habile apologie de sa conduite. Il en résultait, suivant lui , qu'il n'avait rien fait ni traité avec ceux de la ville de Bruxelles si ce n'était d'après l'exprès commandement des seigneurs et la réquisition du magistrat de la ville ; qu'il n'avait jamais eu et n'avait point l'intention d'entreprendre quoi que ce fût, de son autorité privée, sur les vassaux de Sa Majesté; que, si la régente désirait qu'il ne se mêlât plus des affaires du Compromis, elle devait préalablement le faire décharger de son serment par les seigneurs à qui elle avait commandé de traiter avec les confédérés. Quant à sa personne, il était tout prêt, ajoutaitil, à quitter le pays ; mais comme il ne s'appartenait plus , qu'il était lié par serment à la noblesse confédérée, il ne pouvait rien faire sans l'avis et le consentement de celle-ci =.

' Archives de la maison d'Orange-Nassau, t. II, p. 315.

^ Cette réponse, qui fut remise quelque temps après à la duchesse de Parme, se trouve dans les Archives de la maison d'Oramje-Nassaa, t. II, pp. 370-379. On trouve dans ce même recueil, p. 368, une lettre du 5 octobre, dans laquelle Charles le Revel, S^ d'Audrignies, et Ghislaia de Fyennes, S'" de Lumhres, déclarent à Louis de Nassau que ses devoirs envers la confédération ne lui permettent pas d'obéir à la gouvernante en quittant les Pays-Bas. «... Nous ne le pouvons, disent-ils, aucunement permettre, en « vertu du Compromis, par lequel nous promettons nous entretenir tous

De son côté , le comte de Ilornes montra les lettres qu'il avait reçues de la gouvernante relativement aux affaires de Tournai et dont il disait n'avoir aucun contentement, car quelques-unes blessaient grandement son autorité et sa réputation. Il se plaignait particulièrement de l'invitation adressée au S' de Moulbais pour qu'il prît bien garde au château. Le prince d'Orange proposa au comte de Hornes de le remplacer à Anvers, durant le voyage qu'il allait faire en Hollande : mais le comte très-aigri rejeta cette offre, déclarant qu'il était très-fàché d'avoir été employé h Tournai et bien résolu à se retirer entièrement des affaires '.

Des communications, qui avaient un intérêt plus grave et plus général, préoccupèrent surtout les divers personnages réunis à Tcrmonde. On produisit une dépêche attribuée à don Francès de Alava, ambassadeur de Philippe II à Paris, et adressée, sous la date présumée du 29 août, à la gouvernante des Pays- Bas. Don Francèsy disait qu'il se confirmait de jour en jour dans l'opinion que les événements de ces provinces étaient fomentés par les plus grands, et même par les trois qui faisaient si bonne mine ; il en avait averti le roi, ajoutait-il, et la duchesse pouvait être assurée que Sa Majesté les ferait punir et châtier comme ils le méritaient. Mais elle devait encore dissimuler avec eux '. En comparant cette dépêche menaçante à la lettre du baron de Montigny et aux autres avis transmis d'Espagne , on ne douta plus

i- la main, jusqu'à faire notre cause particulière commune, toutes les fois « que besoin en sera, comme estant encore en vigueur et de pareille (I autorité qu'il estoit à son commencement, n'estant les points y contenus « effectués selon les termes de l'accord du 23 août... «

' Réponse personnelle du comte de Hornes, dans le Supplément a Strcula, I . I"', pp. 166-1 71 . Voir aussi La déduction de l'innocence, etc., passirn.

' On trouve, dans la Grande chronique de Hollande, t. H, pp. 126 et suiv., le texte des deux lettres attribuées à don Francès de Alava. Voir aussi Correspondance de Philippe II, I. 1er, p. 4,55.

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