‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe IIChapitre 54 sur 159 · I.IVIU: xm (ISfiC)— 15G7). i>8îi · texte numérisé non relu

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désormais rompu , la régente envoya, le 21 novembre, de nouvelles lettres aux habitants de Valenciennes pour leur enjoindre de recevoir garnison. Le magistrat, les gentilshommes et les notables auraient voulu se soumettre ; mais il fallait avoir l'assentiment du j)euple, qui suivait aveuglément l'impulsion ries ministres. Pellegrin Lagrange, le plus considéré de ces prédicants, fut appelé au conseil, et on l'engagea à faire en sorte que la commune obtempérât à la réquisition de la gouvernante. 'I J'aimerais mieux, répondit-il, que ma langue fût attachée au palais, et devenir muet, comme un poisson, que d'ouvrir la bouche pour persuader au peuple chose tant cruelle et déraisonnable. » Sur le refus obstiné des habitants de Valenciennes, la régente, par une proclamation du 14 décembre, les déclara rebelles au roi, ordonna de saisir leurs biens et défendit toute communication avec eux. Cette défense n'arrêta point les religionnaires, qui avaient déjà résolu de venir au secours de la ville menacée.

Pendant que Noircarmes rassemblait à Condé les troupes destinées à former le siège de Valenciennes , des bandes considérables de sectaires , sorties pour la plupart de la West-Flandre, s'avançaient entre Lille et Tournai. Mais au lieu de marcher directement sur Valenciennes , ces insurgés perdirent un temps précieux à saccager les monastères et les maisons des catholiques. Ils furent enfin cernés par les troupes royales. Le S"' de Rassenghien, gouverneur de Lille, rompit et dispersa, à Waterlos, les bandes enrégimentées qui arrivaient d'Armentières. Presque en même temps, Noircarmes, s'étant porté vers Tournai pour disperser les rassemblements qui se formaient dans les environs de cette ville, attaqua, près du bourg de Lannoy, des bandes plus nombreuses encore, et les mit en pleine déroute. Profitant de ce succès, Noircarmes entra, le 2 janvier 1567, à midi, au château de Tournai, avec onze enseignes d'infanterie; le

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môme jour, ses troupes furent reçues clans la ville, aptes qu'il eut présenté au magistrat des lettres de la duchesse de Parme, qui ordonnaient à la commune de recevoir garnison , et qu'il eut déclaré expressément qu'il ne venait pas pour déroger à l'accord conclu avec les confédérés. Mais cette déclaration fut bientiM méconnue. Noircarmes fit arrêter non-seulement les ministres, mais encore ceux qui les avaient principalement favorisés. Il fit aussi désarmer le peuple et porter les armes au château. L'évoque rentra alors dans la ville, accompagné de deux cents cavaliers, et le service divin fut rétabli ' .

Cependant, ni les défaites de Waterlos et de Lannoy, ni la soumission de Tournai n'abattirent d'abord la fierté des habitants de Valenciennes. A de nouvelles sommations, ils répondirent qu'ils aimaient mieux mourir sur les remparts que de se soumettre ; car, après avoir accepté garnison, ajoutaient-ils, on les ferait périr tous l'un après l'autre. Les Valencionnois nourrissaient aussi l'espérance que les nobles confédérés ne laisseraient point consommer leur ruine Ils réclamèrent instamment leur aide, et surtout leur intervention près des seigneurs du conseil d'État, protestant qu'ils n'avaient en rien contrevenu à l'accord du mois d'août. Il n'avaient d'autre tort, disaient-ils dans leur requête aux seigneurs et chevaliers de la Toison d'or, que d'ctre dévoués à la religion réformée.

Les confédérés , appréciant l'importance de Valenciennes, s'étaient hâtés de députer quelques-uns d'entre eux, particulièrement Yillers et W'ingle , pour s'aboucher avec les comtes d'Egmont et de Mansfeld, alors au château de Gaesbeék. Ils leur

' Van Meteren, fol. 47 ; — Bor, t. I", fol. 94 el suiv. ; — Le Petit, t. 11, pp. 430-131 ; — Bentivoglio, liv. 111; — Correspondance de Philippe H, t. 1er, pp. 409 et 503 ; — Correspondance de Guillaume le Taciturne, t. II, p. 482; — Analectes belgiques, p. 27G (lettre de la duchesse de Parme à l'évêque de Liège, du 19 janvier 1567).

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