‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe IIChapitre 58 sur 159 · II · texte numérisé non relu

II

cesser les prêches. 11 venait d'ailleurs tle donner l'exemple de la soumission. Le 17 février, il informa la régente qu'il avait apposé sa signature sur l'acte qui l'obligeait ù servir le roi envers et contre tous '. Quelques jours après, le 21, le comte Herman de Nuenar, beau-frère du prince d'Orange, se rendit à Bruxelles, et , sans se présenter au palais , alla le lendemain , de grand matin , trouver secrètement le comte d'Egmont ; après quoi , il retourna à Anvers. Cette mission avait vraisemblablement pour but de connaître les motifs qui avalent engagé Arschot , Egmont, Berlaymont et Mansfeld à inviter le prince d'Orange à s'aboucher avec eux à Malines. Nuenar sut qu'ils se proposaient de le ramener et de l'engager, au nom de la régente, à prêter, comme les autres , le serment irrévocable. Mais Guillaume , qui ne se fiait plus ù la gouvernante , refusa positivement de se rendre à Malines ou à Bruxelles. 11 se répandait en plaintes amèressur les mesures prises pour le rétablissement de l'autorité royale et même sur le peu de confiance que Marguerite lui témoignait '.

Egmont, dont les inquiétudes et les irrésolutions renaissaient sans cesse, se plaignait également de ce que ni le roi ni la régente ne le consultaient plus sur les affaires du pays, et de ce qu'on semblait, au contraire, prendre en mauvaise part tout ce qu'il croyait devoir représenter dans l'intérêt du service du roi et pour la conservation des provinces des Pays-Bas. Marguerite repartit sèchement que le roi était le maître d'en faire à sa convenance, et que leur devoir était d'obéir ^.

Plus le découragement, la torpeur et la servilité envahissaient les rangs de la haute noblesse, plus Brédcrode et ses adhérents

' Correspondance de Guillaume le Taciturne, t. II, p. cviii.

- Ibid., t. II, pp. /tOS-ilO. — Notules du conseil d'État, séances du 21, du 24, du 26 février et du 3 mars.

' La duchesse de Parme au roi, 4 mars 1567, dans la Correspondance de Philippe II, t. ler, p. 513.

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