II
YtO l-ES PAVS-BAS SOUS PHILIPPE 11.
(leste et inoffensive ' . Mais , d'autre part, il fut décidé qu on ferait le guet pendant la nuit à la maison de ville et dans les environs. 11 fut aussi convenu que les confédérés seraient engagés, par ceux des seigneurs qui les connaissaient, à ne pas venir tous ensemble présenter la requête. Marguerite exprima en outre le désir que cette supplique portât la signature des membres de la confédération. Elle laissait du reste entrevoir sa pensée en proposant de châtier dès lors un des principaux alliés, N. de Hammes , héraut de la Toison d'or ; mais on lui objecta que ce n'était pas le moment de prendre une pareille mesure. Enfin, elle fit mettre en délibération si, pour sa sûreté, il ne serait pas convenable qu'elle sortit de Bruxelles et se retirât dans un autre lieu. Elle était informée, disait-elle, que les confédérés devaient s'emparer de sa personne et la conduire à Vilvorde ou ailleurs. On lui représenta qu'elle ne devait avoir aucune crainte, puisqu'elle était sous la garde des seigneurs, et que son départ, outre le discrédit qui en résulterait pour elle, pourrait augmenter l'agitation. Le comte d'Egmont et d'autres seigneurs, pour la rassurer davantage, ajoutèrent que, parmi les confédérés, il y avait de leurs parents, amis et serviteurs '. La gouvernante
1 On considéra plus tard comme un crime d'État le consentement donné par les seigneurs à l'entrée des confédérés à Bruxelles. Le comte de Hooghstraeten répondit dans sa Défense, p. 67 : « Qu'ils ne pensoient pas que « S. M. prendroit de mauvaise part la présentation de la requête, étant « chose ordinaire et accoutumée de tout temps, que les sujets traitent par « semblables moyens avecieur prince, et même accompagnent les requêtes « selon l'importance de celle-ci; et ni la gouvernante, ni les autres mem- « brcs du conseil, auquel nous étions extraordinairement appelés, ne fai- » soient semblant que la présentation de cette requête dut déplaire au roi, « à prendre même les choses au pis. »
' Défense personnelle du comte d'Egmont dans le Supplément a Strada, t. !<•■", p. 69, et dans les pièces justificatives de l'ouvrage publié sous le titre de : Procès du comte d'Egmont, par M. de Bav.4Y (1854, 1 vol. in-S"), p. 129.