LIVRE XV
du conseil, et ils finirent même par ne plus y paraître. On se contenta, dans les causes les plus importantes, de les consulter par écrit. Quant aux conseillers Blasere et Hessele, leur fanatisme et leur sévérité outrée répondaient aux exigences du duc d'Albe; Hessele principalement fut bientôt signalé comme un des séides les plus impopulaires de la tyrannie espagnole.
Ce fut le 20 septembre 1 567 que le conseil des troubles tint sa première séance en l'hôtel du duc d'Albe. Berlaymont, Noircarmes, le président de Flandre, Juan de Vargas, Del Rio, Hessele, le procureur général Du Bois et le secrétaire de la Torre étaient présents. Ils jurèrent entre les mains du duc « qu'ils «I seraient et demeureraient à jamais bons catholiques , selon <i que commandait l'Églis. catholique romaine ; que, par haine, « amour, pitié ou crainte de personne, ils ne laisseraient de dire «I franchement et sincèrement leur avis, selon que, en bonne «1 justice , ils trouveraient convenir et appartenir ; qu'ils tien- <i draient secret tout ce qui se traiterait au conseil, et qu'ils « accuseraient ceux qui feraient le contraire ■. » Comme Juan de Vargas ne connaissait point la langue du pays , il fut résolu que toutes les affaires se traiteraient en latin. Pendant longtemps, le duc d'Albe fit de la présidence du conseil des troubles son occupation principale. Il voulut le diriger, l'animer, l'exciter, l'endurcir aussi dans sa terrible mission. Il y passa jusqu'à sept heures par jour. Il lui avait non-seulement sacrifié les conseils provinciaux de justice, mais il le plaça même au-dessus du conseil d'État dont l'autorité fut dès lors annulée de fait. Il se borna à réunir quelquefois les conseillers d'Etat en sa présence, ne leur communiquant d'ailleurs que ce qu'il voulait et «i sans tenir forme de conseil, selon l'ancienne coutume '. » Berlaymont et Noir-
' Notice sur le conseil (les troubles, citée ci-dessus. ^ Vak Meteren, fol. 54.