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et misérable détention. Rappeler ces iniquités, c'est justifier, disait-il, sa non-comparution devant le duc d'Albe. Du reste , l'ajournement dont il est l'objet se trouve de droit nul , attendu que la signification n'en a pas été faite à lui-même; car il n'est ni fugitif ni lalitant : on savait bien que c'était volontairement, et du gré de la duchesse de Parme, qu'il s'était rendu dans son comté de Nassau, où l'appelaient des affaires urgentes. Il invoquait ensuite les privilèges de la Toison d'or portant que les membres de l'Ordre ne pouvaient être ajournés que devant le chef et leurs confrères, de l'avis de ces derniers. Il rappelait aussi comment les comtes d'Egmont et de Hornes et son propre fils, le comte de Buren, avaient été emmenés hors du pays de Brabant, par une violation formelle des privilèges de cette province, et en tirait la conséquence que le duc d'Albe était décidé à ne respecter contrats, lois ni coutumes, et qu'il serait impossible d'obtenir de lui absolution. C'est pourquoi, comme ancien habitant du duché de Brabant, il se croyait fondé à suspendre l'obéissance qu'il devait au roi jusqu'à ce que Sa Majesté , mieux informée, eût réparé les atteintes portées aux privilèges de cette province. Il tenait donc l'ajournement pour nul et de nulle valeur, récusait le duc d'Albe comme entaché de partialité, et protestait de nouveau contre tout ce qu'il pourrait décréter ou faire décréter à son préjudice. I! offrait, au surplus, de se présenter devant l'empereur , les électeurs , princes et états de l'Empire , ou autres juges compétents et non suspects de partialité '.
Le prince ne se borna point à cette fière protestation. Revenant sur la résolution qu'il avait annoncée de différer sa défense, il entreprit de réfuter sans retard, et avec des développements convenables, toutes les imputations que le conseil des troubles
• Voir le texte de ces lettres au procureur général du conseil des troubles e( au duc d'Albe, dans la Grande chronique rie Hollande, t. If, pp. 171 -'I7.'î. H. 29
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avait dirigées contre lui. Ce fut l'objet d'un écrit qui eut un grand retentissement et qui fut injjjrimé sous le titre de : La justification du prince d'Orange contre ses calomniateurs. Dans cette première apologie de sa conduite, Guillaume de Nassau , encore plein de respect pour le roi , s'attachait à rejeter sur le cardinal de Granvelle la responsabilité tout entière des graves événements qui avaient marqué l'administration de la duchesse de Parme. Quels ont été, demandait-il d'abord, les chefs et les auteurs des troubles survenus aux Pays-Bas? Pour les reconnaître et les démasquer, il faut seulement considérer quels étaient ceux qui pouvaient (pour quelque profit particulier) désirer des nouveautés , et qui ont été les premiers à les concevoir et à les mettre à exécution. Guillaume rappelle alors l'union qui régnait autrefois entre le souverain et le peuple, et que n'avaient pu altérer les dix années de guerre contre la France. Il cite les preuves éclatantes de fidélité et les démonstrations si nombreuses de dévouement par lesquelles la noblesse et les autres classes avaient témoigné leur attachement à l'empereur Charlcs-Quint et à son fils. Ceux qui avaient troublé et puis dissous cette union, voilà, poursuivait-il , les vrais coupables qu'il faudrait punir et châtier pour l'exemple. Que l'on n'allègue pas seulement, mais que l'on prouve qu'il est lui-même l'auteur de ce changement, et il acceptera volontiers la punition qu'il aurait méritée. On lui a reproché son ambition et le désir qu'il aurait eu d'accroître ses richesses : ses amis savent quel est son naturel; quant aux autres, ignorent-ils les biens dont Dieu l'avait pourvu? Certes, si lui et les autres seigneurs s'étaient retirés en leurs maisons pour s'occuper de leurs affaires particulières , ils avaient là un meilleur moyen d'amasser trésors et richesses qu'en dépensant largement leurs fortunes à la cour. L'usurpation d'autorité , qu'on voudrait lui im[)uter , comment s'est-elle manifestée? Qu'a-t-il fait? Il n'a cessé de conseiller la modération des placards dans le