‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe IIChapitre 97 sur 159 · LIVRE XV (I0G8). 4d · texte numérisé non relu

LIVRE XV (I0G8). 4d

but (lo consiTvor la bonne harmonie entre le souverain ot ses peuples. Or, pour obtenir un si grand résultat, il est toujours d'avis que ce moyen valait mieux que la persistance dans un système de rigueur et dans des uouvenutc's odieuses aux peuples. Son ambition 1 Mais a-t-on oubli.^ que di\- erses fois il a\'ait olïert de renoncer à l'emploi de conseiller d'Etat, et qu'il n'avait retiré sa démission que sur les instances et les injonctions du roi? S'il avait voulu empiéter sur l'autorité souveraine, l'occasion était favorable lorsque la régente manifesta l'intention de quitter Bruxelles pour se retirer à Mons : mais, loin de profiter de ce moment de faiblesse, il avait joint ses instances à celles des autres seigneurs pour détourner la duchesse de Parme d'une résolution qu'il considérait comme préjudiciable au service du roi. Qui a donc altéré l'union entre le souverain et ses peuples? Oui a été le promoteur des troubles ? C'est le cardinal de Granvelle, par sa politique inhabile et ses pernicieux conseils. Il a irrité les peuples en voulant maintenir les placards et l'inquisition : il a indisposé les vassaux de Sa Majesté en prétendant concentrer toute l'autorité dans ses mains et ne se servir du conseil d'État que pour colorer et déguiser son usurpation ; il a, parla création des nouveaux évéchés, cherché à détruire l'antique influence des seigneurs et des nobles, à saper même l'autorité du souverain, car le gouvernement des Pays-Bas eût été transporté de fait dans les mains d'ecclésiastiques qui soutenaient ne pas devoir obéissance au roi. Voilà les uouveatites qui produisirent les premiers troubles. Le cardinal, à la vérité, fut rappelé des Pays-Bas ; mais son départ ne modifia point sensiblement la situation , car on ne tarda point à s'apercevoir que ses créatures demeuraient fidèles à son système et le continuaient. Ce fut aussi sa pernicieuse influence qui fît échouer la mission du comte d'Egmont en Espagne et maintenir l'inquisition avec les placards , malgré les avis et les représentations des seigneurs les plus atïectionnés au sou-

verain. De là des complications plus graves, l'agitation menaçante des peuples et la confédération de la noblesse. Guillaume veut que l'on sache que le Compromis avait été fait « sans son aveu et à son insu; » il reconnaît toutefois qu'il ne l'estimait pas pour rébellion , conspiration ou conjuration, les confédérés déclarant fermement ne rien vouloir entreprendre contre le bien de Sa Majesté ou du pays. Or, la liberté de religion, ou du moins celle de conscience, tendait, selon l'exemple d'autres États, à conserver la tranquillité et la prospérité des Pays-Bas. « Un prince, disait-il, se peut abuser ; et, partant , il est bien raisonnable que le sujet, vassal ou quiconque y est intéressé, lui puisse faire remontrance. » Il niait ensuite, de la manière la plus foimelle, d'avoir, à Hooghstraeten ou à Termonde , proposé d'attenter contre la fidélité due au roi. Mais, ajoutait-il, celui qui aurait pu prévoir les violences dont on use actuellement aux Pays-Bas et se serait mis en devoir de les empêcher, selon les antiques privilèges et les serments échangés, celui-là ne pourrait pas être taxé de rébellion. Il donnait des explications péremptoires sur les autres faits incriminés par le procureur général et particulièrement sur la mission qu'il avait remplie à Anvers. Il finissait cette longue justification en rejetant de nouveau sur le cardinal de Granvelle la responsabilité première des troubles et en proclamant hautement sa loyauté et son désintéressement. Il ne parlait de Philippe II qu'avec les plus grands ménagements. Les désordres des Pays-Bas , le préjudice qu'il souffrait dans sa fortune et dans son honneur, le séquestre de ses biens, l'enlèvement du comte de Buren, tout était attribué aux instigations et aux faux rapports de conseillers intéressés à déguiser la vérité au roi. Il formait enfin le vœu que Dieu illuminât ce monarque de sa clarté pour qu'il pût discerner la vérité et apprécier équitablement les actes de ses bons et loyaux serviteurs et sujets '. i L'écrit apologétique dont nous devons nous borner à donner ici la

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