‹ Histoire de la révolution du 16e siècle dans les PaysBasChapitre 13 sur 18 · COMPROMIS DES NOBLES · texte numérisé non relu

COMPROMIS DES NOBLES

Sachent tous qui ces présentes vemnt, que nous icy soubicripts avons esté deuement et suffisamment advertis et infomés comment un tas de gens estrangiers et nullement affectionnés lu salut et

prospérité des pais de par-deça, non obstant qu'ils n'eussent pas grand soing de la gloire et honneur de Dieu, ne mesmement du bien publicq, ains seuUement d'assovir leur propre ambition et avarice, voire et fust-ce aux despens du Roy et de tons ses sub* jectz, toutesfois pretexans faucement le grand zele qu'ils ont à Tentretenement de la foy catholicqne et de Tunion du peuple, ont tant gaigné envers Sa Majesté au mo'ien de leurs belles remonstrances et fbulx enseîgnemena, qu*il s'est laissé persuader de voloîr contre son serment et l'espérance en laquelle il nous a tousjours entretenus^ non seullement en rien adouicir les placarts jà Mets pour le respect de la religion, maïs aussy les renfovcer davantaige et mesmement nous introduire à toutte fdrcel'inquisitîon, la(|uelle est non seullement inique et contraire à touttes îoix divines et humaines, surpassant la plus grande barbarie que oneques fust pratiquée entre les tyrans, mais anssy telle qu'elle ne polroit sinon

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redonder an grand déshonneur du nom de Dieu et à la totaUe raine et désolation de tons ces Pàis-'Bas, d'autant que soubs ombre

de fausse ypocrisie de quelques uns, elle aneantiroit tout ordre et police, aboliroit touttù dioicture, aifoibiiroit du tout 1 authorité et ▼erttt des aneiennes loix, coustumes et ordonnances» jà de toutte ancienneté observées, osteroit toutte liberté d*opiner aux eeiats du pais; aboliroit tous anciens privilèges, franchises, immunités, rendant non seullement les bourgeois et babitans dudit pais perpétuels et misérables esclaves des in^piisâtours, gens de néant, mais assujettissant mesme les msgistrats* officiers et toutte la noblesse à la miséricorde de leurs recherches et visitations, et finalement expôseroit tous les iidels subjectz du lioy en évidents et continuels dangers de leurs corps et biens, au moïen de quoy non seullement rhonneur de Dieu et la saincte foy caiholicque [laquelle eulx prétendent de maintenir] seroit grandement intéressée, mais auasy la maje&tô du Hoy uostre chef seroit amuinciiie et lui en grand hazard de perdre tout son estât, à cause que les trafficques accoustumés cesseroient, les mestiers seraient abandonnés, les garnisons des villes frontières peu asseurées, le peuple incité à continuelles séditions; bref ii n'en sçauroit ensuivre sinou une horrible confusion et desordre de touttes cbosas. — Nous ayans touttes ces choses bien poisées et meurement consideréeset prenant esgard à la ¥ocation à laquelle nous sommes appelez et au devoir auquel tous fideb vassaulx de Sa Majesté et singulièrement gentilshommes sout tenus [lesquels à cest effect sont assistants à Sadicte Mi^esté pour par leurs prompts et volontaires services maintenir son authorité et grandeur en pourvoyant an bien et salut do- pais], avons estimé et de fuict nous estimons ne pouvoir satisfaire à nostre dit debvoir sinon en obviant auxdits inconvéniens et quant et quant taschant de pourveoir à la seureté de nos biens et personnes, affin de n*eatre exposes en proye à ceulx qui, soubs ombre de religion, voudroient s'enrichir aux despens de nostre sang et de nos biens. A raysou de quoy avons advisé de faire une saincte et légitime confédération et

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ET nOCUMRNTS HISTORIQUES t51

alliance, pTomeetens et noua obligeaiu Tan à Fantre par aemeDt

solemnel d'erapcscher de tout nostre etïbrt que la dicte inquisition ne soit receue, ni introduicte en aucune sorte, soit ouverte oa cachée, aonba quelqne eonleiur ou oa?ortojra que ce poisse estre, fiut-oe aonba nom et omlure d'inquisition, Wsîtation, plaearia on aultre quelconque, mais du tout la extirper et desraciner comme mère ci occasion de tout désordre et injustice. Ayans mcsmemeut rezempte de ceux du ïoyanme de Naplea de?ant noayeiilz, ksquela ront bien rejetée an grand soalagement et repoe de tout lenr pais. Protestans toutesfois en bonne conscience devant Dieu et tous hommes, que u'enteudous en sorte que ce soit, d'attenter chose laquelle polroit tourner, ou an déshonneur de Dieu, ou à hi diminution de la grandeur et majesté du Boy ou de ses Estats, ains au contraire que notre intention n*est sinon de maintenir ledit Roy en son Estât et de conserver tout bou ordre et police; resistans, tant qu'en nous sera, à toutes séditions, tumultes popukiires, monopoles, iisctbns et partialités... Laquelle confédération et alliance nous avons promis et juré et dès maintenant promectons et jurons d'entretenir saiuctemeiit et inviolabiement à tout jamais et en tout temps continuellement et întenruptement tant que la vie nona durera. Prenana le souverain Dieu pour tesmoing sur nos consciences que, ne de foict ne de paroUes, ne directement ny indirectement, de nostre sceu et volonté n y contreviendrons en façon que œ soit. Ët pour icelle dite alliance et confédération ratifier et rendre stable et ferme à jamais, nous avons promis et promectons Fun à Tautre toute assistance de corps et de biens comme frères et iideles compaignons, tenant la main Tun à l'autre que nul d'entre nous ou nos confédérés ne soit recercbé, vexé, tourmenté ou perafr> cuté en manière quelconque, ny au corps ny aux biens, pour aucun respect ou procédant de ladite inquisition, tm fondé aucunement sur les placarts tendans à icelle ou bien à cause de ceste nostre dicte confédération. £t en cas que aucune molestation ou persécution escheut à aulcun de nosdits frères et aUiés de quiconque et en

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