AUX GARDES NATIONAUX DE PARIS
Citoyens,
Vous nous aviez chargés d’organiser la défense de Paris et de vos droits.
Nous avons conscience d’avoir rempli cette mission ; aidés par votre généreux courage et votre admirable sang-froid, nous avons chassé ce gouvernement qui nous trahissait.
A ce moment, notre mandai est expiré, et nous vous le rapportons, car nous ne prétendons pas prendre la place de ceux que le souflle populaire vient de renverser.
Préparez doic et liiites de suite vos élections communales, et donnez-nous pour récompense la seule que nous ayons jamais espérée : celle de vous voir établir la véritable République.
En attendant, nous conservons, au nom du peuple, l’Hétel-de-VilIe.
HCtel-de-ViUe, Paris, le 19 mars 1871.
Le Comité central de la garde nationale :
Assi. — Biilioray. — Ferrât. — Babick. — Edouard Moreau. — C. Dupont. — Varlin. — Boursier. — Mortier. — Gouhier. — Lavalette. — Fr. Jourde, —Rousseau. — Ch. Lullier. — Blanchet. — J. Grol- LABD. — Barbouo. — U. Gereshe — Fabre. — Pougeret.
La seule réflexion que ces affiches suscitaient dans la foule était relative aux noms des signataires, pour la plupart inconnus.
On lisait, puis on s’en allait; à peine de temps à autre se faisaient entendre ces mots : « Qu’est-ce que c’est que ces gens-là? » ou, plus rarement encore, quelque qualificatif déplaisant à l’adresse des membres du Comité central et de leurs partisans. Les affiches elles-mêmes étaient d’ailleurs respectées. Contrairement à ce qui se passe habituellement lorsqu’une démonstration publique, surtout partie d’un pouvoir nouveau, blesse les convictions, les sentiments d’une fraction de la population, on n’en rencontrait point qui fussent lacérées. Le seul grief vraiment articulé se résumait en ce mot : « Inconnus I »
Les origines du Comité central, que nous avons exposées plus haut avec un suffisant détail, montrent que si ces noms apposés au bas des affiches étaient en effet inconnus en majeure partie, ce n’était pas faute d’une réelle publicité donnée aux actes qui les avaient mis en avant. Les réunions qui avaient donné naissance à ce Comité furent, nous l’avons constaté, publiquement annoncées, et leurs procès-verbaux insérés dans les journaux. La garde nationale tout entière, — et elle était devenue, par suite des circonstances, l’ensemble des citoyens de Paris, — avait été appelée à nommer les hommes dont les noms semblaient à ce moment surprendre la foule.
En dehors de ces considérations, que valait par lui-même ce reproche de porter des noms jusque-là ignorés? Notre histoire n’est-elle pas remplie du souvenir de gens qui tout d’un coup se
sont qioQirés capables de grandes choses, quand la veille personne ne savaii même leur existence ?
Mais c’est un reste parmi nous d'un vieil esprit d’aristocratie, dont nous prétendons être exempts plus que nous ne le sommes en réalité, qui fait que, en tant de sortes de choses, nous commençons, avant de connaître et de juger l’œuvre, par nous enquérir si celui qui la fait est célèbre, ou pour le moins connu.
Ces noms ignorés dont on s’étonnait, étaient, sauf très-peu d’exceptions, des noms d’ouvriers, de prolétaires. Et ceux qui sont familiers avec le mouvement politique et social contemporain pressentaient, en les lisant, l’importance, la gravité possible des conséquences que pouvait amener à prochaine échéance le mouvement qui venait de se produire avec une si remarquable spontanéité.
Les bataillons révolutionnaires circulaient dans Paris, au milieu des promeneurs, que la situation nouvelle ne semblait nullement empêcher de profiter d’une journée remarquablement belle.
A Montmartre, grande affluence de monde : on circulait sans encombre autour des barricades nombreuses que les gardes nationaux achevaient de mettre en état. Les canons mis en position derrière ces barricades étaient, pour les promeneurs, un objet de curiosité plus que de terreur. En somme, sauf les allées et venues d'un grand nombre de gardes nationaux en armes, on eût dit un dimanche ordinaire. Le calme semblait être partout et n’avoir jamais cessé de régner.
Quelques journaux exprimèrent des appréhensions en ce cpii concernait les Prussiens ; ils se demandaient quelle attitude allaient prendre les troupes allemandes qui occupaient les alentours de Paris, en présence des événements qui venaient de s’accomplir. Quelques-uns même allaient jusqu’à prévoir leur entrée dans Paris dans un délai très-bref.
Les journaux plus spécialement dévoués au gouvernement, comme V Électeur libre, voulaient voir surtout dans les faits récents un mouvement bonapartiste. « L’or et l’argent booapar- « listes, B dit le journal que nous indiquons, « se remuent et « cherchent des complices. — > Et qui sait si les canons de Mont- « martre, qui n’ont l’air de cacher qu’un vain essai de terreur a socialiste, ne révèlent pas autre chose? — Qui sait si ces canons n ne sont pas vendus et payés, déjà inscrits au regisb'e des dé- « penses à Wilbelmshœ? •
M. Thiers expédiait la circulaire suivante dans les départements :
49 mars 4871, 8 b. 35 n>. du matin.
Le gouvernement tout entier est réuni à Versailles ; l'Assemblée s'y réunit également. •
L’armée, au nombre do 40,000 hommes, s'y est concentrée en bon ordre, sous le commandement du général Yinoj. Toutes les autorités, tous les chefs de l’armée, y sont arrivés.
Les autorités civiles et militaires u’exéenteront d’autres ordres que ceux du gouvernement légal résidant à Versailles, sous peine d'être considérées comme en état de forfaiture.
Les membres de l'Assemblée nationale sont invités & accélérer leur retour pour être tous présents à la séance du 90 mars.
La présente dépêche sera livrée à la connaissance du public.
A. Thiebb.
En même temps, tous les employés des ministères recevaient communication d’une note conçue en ces termes :
« D’après l’ordre du chef du pouvoir exécutif, vous êtes invité à vous rendre è Versailles aussitôt que possible, pour vous mettre à la disposition du gouvernement. »
On s’occupait, en effet, de préparer dans le palais les locaux nécessaires à l’installation des divers services. Quelques députés étaient réunis au lieu préparé pour les séances de l’Assemblée ; et M. Thiers leur expliquait comment le gouvernement avait clé obligé de fuir de Paris, ajoutant qu’ils étaient en sécurité à Versailles,
« N’étant pas sûrs de la troupe, disait-il, la garde nationale a n’ayant pas répondu à Tappel du ministre de l’intérieur, ce que « nous avions de mieux à faire, c’était d’abandonner Paris à lui- < même. C’est ce que nous avons fait ; il ne reste plus à Paris ni « un homme des troupes régulières, ni un ministre, ni un fonc- « tionnaire,
« Demain, vous aurez ici quarante mille hommes, avec un assej « grand nombre de mitrailleuses ; vous pourrez donc délibérer en « paix, sans crainte de Paris. Les départements sont prévenus, et « je ne doute pas qu’ils soient prêts à soutenir le gouvernement a issu du suffrage universel, b Tel était le sens, sinon le texte même de ses parole».
Les députés et les maires de Paris n’étaient pas restés inactifs pendant cette journée. Ils s'étaient réunis une première fois, à deux heures, à la mairie du III<> arrondissement. Environ quarante chefs de bataillons de la garde nationale s’y étaient également rendus pour conférer avec eux.
Dans cette première réunion, on était d’avis que, le gouvernement ayant fui, il fallait laisser la garde nationale nommer ses chefs, et le Comité central organiser sa force de résistance dans Paris. Mais le désir général était que la garde nationale demeurât absolument sur la défensive ; et, pour cela, les maires auraient voulu conserver l’administration civile. Ils étaient d’ailleurs munis des pouvoirs nécessaires pour administrer sans la moindre apparence de rupture ou de désaccord avec le gouvernement. M. Tirard, maire du IP arrondissement, qui avait vu le matin, à Versailles, le chef du pouvoir exécutif, M. Thiers, avait reçu de lui une lettre lui remettant en quelque sorte les pleins pouvoirs pour l’administration civile à Paris.
On décida vers six heures d’envoyer à l’Hôtel-de-Ville une commission, qui fut composée de deux représentants et six maires ou adjoints, afin de connaître les intentions du Comité central.
Là eut lieu une longue discussion. Les maires et représentants firent observer combien il était important et désirable à tous égards d’éviter la guerre civile, et rappelèrent que les Prussiens étaient encore là, tout près de Paris, ce qui offrait un réel danger. Les membres du Comité central semblaient à peu près ébranlés; ils se retirèrent pour délibérer.
A minuit, quatre d’entre eux, parmi lesquels les cit. Varlin, lourde. Boursier, venaient déclarer que le Comité ne voulait absolument pas se départir du pouvoir militaire, seule garantie des droits qu’il revendiquait. Les maires tombèrent d’accord sur ce point, mais insistèrent pour que l’Hôtel-de-Ville leur fût laissé, et pour qu’il y eût une base de transaction posée entre le Comité et le gouvernement. '
Enfin, vers quatre heures du matin, on se séparait, d’accord sur les termes suivants :
L'administration municipale devait être remise, à neuf heures du matin, aux officiers municipaux élus, représentés par une délégation. Les cit. Bonvalet, maire du lll* arrondissement, Murat, adjoint du X®, et Denizot, adjoint du XII®, devaient s’installer à ladite heure, à l’Hôtel-de-Ville.
Le Comité central devait quitter l’Hétel-de-Ville et se transporter place Vendôme, à l’état-major, où il aurait continué à gotiverner la garde nationale.
Enfin, les députés et les maires, ne pouvant accorder les élections municipales, que l’Assemblée seule peut établir législativement, devaient publier une affiche où ils promettraient de s’interposer auprès de l’Assemblée pour obtenir ces élections, et aussi — par la même raison — celles des officiers de la garde nationale pour tous les grades.
Le gouvernement de l’Hôtel-de-Ville devait, quelques heures après cette affiche apposée, en apposer une où il aurait, de son côté, annoncé les résolutions qui précèdent.
Un fait fâcheux s’était produit dans la journée ; les bureaux dqs journaux le Figaro et le Gaulois avaient été envahis par un détachement de gardes nationaux, et interdiction avait été faite aux imprimeurs de les faire paraître. On ne peut que déplorer ces attentats à la liberté de la presse, et nous nous associons pleinement à la réflexion que fit à ce sujet le Rappel du 20 ;
« Que ces journaux aient été et soient encore hostiles à la cause B républicaine, c’est une raison de plus pour que la République a démontre la supériorité de son principe en les préservant et en ' « les protégeant. »
Ce semble être le sort de tout ce qui est ou devient pouvoir, de se trouver entraîné à mettre des restrictions, des entraves, aux libertés mêmes qui, avant l’accès à la puissance, semblaient le plus indiscutables.
Voici des hommes que les circonstances poussent au pouvoir, après avoir toute leur vie lutté obscurément pour toutes les libertés ; ils ont, ils doivent avoir la conscience que leur cause est grande et juste au suprême degré; hélas! à peine ont-ils vécu deux jours qu’ils ont recours contre leurs adversaires à des mesures qu’ils avaient blâmées, flétries de toutes leurs forces alors qu’ils étaient, eux, les advejsaires de l’ordre de choses établi.
Les prétendues nécessités du moment feront-elles donc toujours oublier les principes aux hommes même qui ne sont quelque chose, qui n’existent, pour ainsi dire, que par ces principes?
Le général Vinoy, peu de jours avant les événements, avait suspendu un certain nombre de journaux; et à très-juste titre on avait blâmé chez lui cette manière autoritaire de répondre à la critique, à la discussion. Ce n’était pas un exemple à imiter. Les
hommes qui, poussés par l'allaque du 18 mars, efTeclnaient la révolution au nom des libortés, des droits de la cité, devaient prendre garde, ce nous semble, à ne porter atteinte en rien aux droits de la discussion, à la liberté de la presse.
Dans la soirée, le Comité central apprit que les forts de la rive gaucho n’étaient pas occupés, 11 y fit diriger des bataillons de garde nationale. Quelques-uns, grftce à la prise des fusils dans les casernes, qui avait commencé le 19 et s’étalt continuée le 20, avaient pu échanger les vieux fusils qu’ils pouvaient encore avoir contra des armes à tir rapide.
liundl SO mnrs 1891
Le lundi 20, paraissait le Journal officitl, publié cette fois sous l’inspiration du Comité central. Le Gouvernement n’existait plus à Paris ; il n’y possédait plus aucune de ses attributions habituelles.
Le Comité faisait paraître à VOfficiet, en même temps qu’il les faisait afficher dans Paris, un certain nombre de pièces, que leur importance, à ce début des choses, nous contraint à reproduire :
FÉDÉRA’nON RÉPUBLICAINE DE LA GARDE NATIONALE
Si le Comité central de la garde nationale était un gouvernement, il pourrait, pour la dignité de ses électeurs, dédaigner de se justifier. Mais comme sa première affirmation a été de déclarer c qu’il ne prétendait pas prendre la place de ceux que le souille populaire avait renversés, » tenant à simple honnêteté de rester exactement dans la limite expresse do mandat qut lai a été confié, il demeure un composé de personnalités qui ont le droit de se défendre.
Enikni de la République qui écrit sur sa devise le grand mot de : Fraternité, il pardonne à ses détracteurs; mais il veut persuader les honnêtes gens qui ont accepté la calomnie par ignorance.
11 n’a pas été occulte : ses membres ont mis leurs noms à toutes ses affiches. Si ces noms étaient obscurs, ils n’ont pas ihi la responsabilité, et elle était grande.
II n'a pas été inconnu, car il était issu de la libre expression des suffrages de deux cent quinze bataillons de la garde nationale.
11 n’a pat été feuteur de désordres, car la garde nationale, qui lui a fait l’honneur d’accepter sa direction, n’a Commis ni excès ni représailles, et t’est montrée irapoeante et fwte par la sagesse et la modération de sa coadnitc. ' '
Et pourtant, les provocations n'ont pas manqué ; et pourtant, le gouvernement n’a cessé, par les moyens les plus honteux, de tenter l’essai du plus épouvantable des crimes : la guerre civile.
Il a calomnié Paris et ameuté contre lui la province.
Il a amené contre nous nos frères de l’armée qu’il a fait mourir de froid sur nos places, tandis que leurs foyers les attendaient.
Il a voulu vous imposer un général en chef.
Il a, par des tentatives nocturnes, tenté de nous désarmer de nos canons, après avoir été cmpéché par nous de les livrer aux Prussiens.
11 a enfin, avec le concours de ses complices effarés de Bordeaux, dit à Paris : « Tu viens de te montrer héroïque ; or, nous avons peur de toi, donc nous t’arracherons ta couronne de capitale. »
Qu’a fait le Comité central pour répondre à ces attaques? Il a fonde la Fédération; il a prêché la modération — disons le mot — la générosité; au moment où l’attaque armée commençait, il disait à tous : « Jamais d’agression, et ne ripostes qu’à la dernière extrémité I s
Il a appelé à lui toutes les intelligences, toutes les capacités , il a demandé le concours du corps d’officiers ; il a ouvert sa porte chaque fois que l'on y frappait au nom de la République.
De quel côté étaient donc le droit et la justice? De quel cété était la mauvaise foi?
Cette histoire est trop courte et trop près de nous, pour que chacun ne l'ait pas à la mémoire. Si nous l’écrivons à la veille du jour où nous allons nous retirer, c’est, nous le répétons, pour les honnêtes gens qui ont accepté légèrement des calomnies dignes seulement de ceux qui les avaient lancées.
Un des plus grands sujets de colère de ces derniers contre nous, est l’obscurité de nos noms. Hélas ! bien des noms étaient connus, trèsconnus, et cette notoriété nous a été bien fatale!...
Voulez-vous connaître un des derniers moyens qu’ils ont employés contre nous? Ils refusent du pain aux troupes qui ont mieux aimé se laisser désarmer que de tirer sur le peuple. El ils nous appellent assassins, eux qui punissent le refus d’assassinat par la faim!
D’abord, nous le disons avec indignation : la boue sanglante dont on essaye de flétrir notre honneur est une ignoble infamie. Jamais un arrêt d’exécution n’a été signé par nous ; jamais la garde nationale n’a pris part à l’exécution d’un crime.
Quel intérêt y aurait-elle? Quel intérêt y aurions-nous?
C’est aussi absurde qu’infâme.
Au surplus, il est presque honteux de nous défendre. Notre conduite montre, en définitive, ce que nous sommes. Avons-nous brigué des traitements ou des honneurs? Si nous sommes inconnus, ayant pu obtenir, comme nous l’avons fait, la confiance de deux cent quinze bataillons,
n’est-ce pas parce que nous avons dédaigné de nons faire une propagande? La notoriété s’obtient à bon marcbé : quelques phrases creuses ou un peu de lâcheté suffit; un passé tout récent l'a prouvé.
Nous, chargés d’un mandat qui faisait peser sur nos tètes une terrible responsabilité, nous l’avons accompli, sans hésitation, sans peur; et dès que nous voici arrivés au but, nous disons au peuple qui nous a assez estimés pour écouter nos avis, qui ont souvent froissé son impatience : « Voici le mandai que tu nous as confié : là où notre intérêt personnel commencerait, notre devoir finit; fais la volonté. Mon maître, tu t’es fait libre. Obscurs il y a quelques jours, nous allons rentrer obscurs dans les rangs, et montrer aux gouvernants que l’on peut descendre, la tête haute, les marches de ton Hdlel-de-Ville, avec la certitude de trouver au bas l’étreinte de ta loyale et robuste main. ■
Lei membrei du Comité central ;
Ant. Arhaud, Assi, Billioray, Ferrât, Babice, Édouard Moreau, C. Dupont, Varlin, Boursier, Mortier, Gouhier, Lavalette, F.
JouRPE, Rousseau, Ch. Lullier, Henry Fortuné, G. Arnold, Viard, Blanchet, J. Grol- LARD, Barrouo, h. Geresme, Fabhe, Pougeret, Bouit.
Le Comité central, dans cette longue proclamation, répondait aux accusations qui, pendant les deux derniers jours, c’est-à-dire depuis qu’il s’était trouvé entraîné à prendre le pouvoir, avaient été lancées contre lui.
On lai reprochait d’être inconnu ; il répondait en rappelant son origine, puisée dans un appel au suffrage de tous.
On l’accusait de désordres, d’excès ; il faisait remarquer qu’il n’avait fait que répondre à une attaque violente dirigée contre lui, en évitant lui-même, jusqu’à ce qu’il fût forcé de se considérer comme en légitime défense, de donner naissance à la guerre civile. 11 était une émanation du suffrage parisien comme l’Âsscmblée et le gouvernement qu’elle avait institué étaient une émanation du suffrage national. Les attributions de ces deux délégations pouvaient et devaient rester absolument distinctes, si la violence ne fût intervenue. Fallait-il donc que le désir d’une exclusive prépolence jetât l’un contre l’autre ces deux pouvoirs, dont le concours simultané eût pu produire tant et de si grands résultats? La situation étant telle, la faute était à qui engageait une lutte, alors
qu'il eût fallu songer à une sage délimitation d’attributions, que la nature des choses indiquait comme facile.
En ce qui concerne la question des canons de Montmartre, si le gouvernement eût agi avec prudence, avec modération, nul doute que les faits ne fussent pas devenus ce qu’ils ont été depuis. Personne, assurément, ne voulait la guerre civile ; mais l’insurrection, dans ce cas comme dans tous les cas analogues de la vie publique, ne pouvait guère être qu’amenée par les procédés dont on usa, sans doute avec l’espoir de l’empêcher I
Mis au pouvoir par les circonstances, le Comité déclare dès le début de son administration qu’il n'entend nullement y rester, et il convie les électeurs à nommer leur représentation municipale ;
Le Comiié central de la garde nationale.
Considérant :
Qu'il y a urgence de constituer immédiatement l’administration communale de la ville de Paris,
Arrête :
1° Les élections du Conseil communal de la ville de Paria auront lieu mercredi prochain, 32 mars.
3<> Le vote se fera au scrutin de liste et par arrondissement.
Chaque arrondissement nommera un conseiller par chaque vingt mille habitants on fraction excédante de plus de dix mille.
3° Le scrutin sera ouvert de huit heures du matin à six heures du soir. Le dépouillement aura lieu immediaieraeni.
4° Les municipahlés de* vingt anondissements sont chargées, ebaeune en ce quMa «enoenM, ée l’eséctition du présent arrêté.
L'n avig vMtésieus indiquera le nombre de conaeiUers à élne par arran-
(Usscénent- ,
Hdtel-ds-'Ville de Paris, ce 19 mars 1871. ^
Le Co»it4 centrai de ht ÿorde nohonaie ,
Assi, BauoRAY, Febbat, Babick, Edouard .Voheau, e. Dopont, Varlih, Boursier, 9Iortier, Gouhier, La VALETTE, Fr. Lourde, Rousseau, Ch. Lullier, Rlanchet, J. Grollakb, Brrrou», U. G&esme, Famé, PeueEiurr, Rnvrr, Yiarv, Am. Arsav».
En même temps, et ceci en réponse aux inquiétudes que quelques-uns manifestaient relativement aux Prussiens encore sur le territoire français et voisins de Paris, le Comité faisait connaître qu’il n’entendàit en rien revenir sur ce qui avait été fait depuis la cessation de la guerre :
CiTOTEKS DE PaKIS,
Dans trois jours vous serez appelés, en toute liberté,' à nommer la municipalité parisienne. Alors, ceux qui, par nécessité urgente, occupent le pouvoir, déposeront leurs titres provisoires entre les mains des élus du peuple.
Il y a, en outre, une décision importante que nous devons prendre immédiatement : c’est celle relative au traité de paix.
Nous déclarons, dès à présent, être rermement décidés à faire respecter ses préliminaires, aün d'arriver à sauvegsrder à la fois le salut de la France républicaine et de la paix générale.
Le délégué du gouvernement au minütère de l’intérieur,