‹ Histoire de la révolution du 18 marsChapitre 50 sur 60 · FÉDÉRATION RÉPUBLICAI.XE DE LA GARDE NATIO.NALE · texte numérisé non relu

FÉDÉRATION RÉPUBLICAI.XE DE LA GARDE NATIO.NALE

COMITÉ CENTRAL

An peuple de Paris,

A la garde nationale,

Des bruits de dissidence entre la majorité de la Commune et le Comité

central ont été répandus par nos ennemis communs avec une persistance qu'il faut, une Tois pour toutes, réduire à néant par une sorte de pacte poblic.

Le Comité central, préposé par le Comité de salut publie à l'administration de la guerre, entre en fonctions à partir de ce jour.

Lui, qui a porté le drapeau de la Révolution communale, n'a ni change, ni dégénéré. Il est à cette heure ce qu'il était hi<3r : le défenseur né de la Commune, lu force qui se met en scs mains, l'ennemi armé de la guerre civile, la sentinelle mise par le peuple auprès des droits qu'il s'est conquis.

Au nom donc de la Commune et du Comité central, qui signe co pacte de la bonne foi, que les soupçons. cl les calomnies inconscientes disparaissent, que les coeurs battent, que les bras s'arment et que la grande cause sociale pour laquelle nous comballons tous triomphe dans l'union et la fraternité.

Vive la République f

Vive la Commune !

Vive la Fédération communale!

Paris, 19 mai 1871.

La Commistion de la Commune :

Bergebet, Cii.vmpt, Géreshe, Ledroit, Losclas, Urbain.

Le Comité central :

Moreac, Piat, b. LAcoimE, Geoffuoy, GorniER, PnennoMME, Gacdier, Farre, Tiersonsier, Honnefoy, Lacord, Todr- Nois, Raroud, Rül'sseac, Laroqde, Maréchal, Bisson, OeZELOT, ItRlN, JIaRCEAIT, LtVÊQlIE, ChOCTEAU, AvOINE fils, Navarre, IIfsson, Lacarde, Acuoynauu, Hanser, SoFDRY Lavalette, Ciiateau, Val.ats, P.atris, Boogeret, Millet, Boullenger, Boitt, Dccamp, G relier, Dbevet.

Le Comité central parlait, dans celte proclamation, de dissidences existant entre la majorilc de la Commune et lui. Il en existait certainement; mais, quelles qu’elles fussent, elles étaient maintenant sans conséquence et sans danger, puisque le Comité central avait complètement subordonné la Commune. Le Comité était nécessairement d'accord avec celle-ci puisqu’il lui avait retiré, à son profit, toute autorité. Cet accord ressemblait assez à l’unanimilé de sentiments qui peut exister entre deux êtres dont l’un veut tuer l’autre et y réussit.

Tous les services de la guerre étaient confiés exclusivement à des membres du Comité central; cette mesure avait obtenu l’approbation du délégué de la Commune, et la guerre devenait de plus en plus la chose capitale. Dirigeant l’administration de

la guerre, le Comité disposait de la force armée ; c’était donc bien lui qui, en réalité, possédait le pouvoir; celui de la Commune n’était plus que nominal.

Il était évident que le Comité central se préparait à jouer le premier rôle dans le dénoùment du drame qu’il avait préparé et dont il avait suivi avec attention tous les développements, soit qu’il fût au pouvoir, soit qu’il cherchât à le reconquérir après l’avoir abandonné.

Aussi, conformément à l’autorité qu’il avait reconquise, le Comité central s’arrogeait maintenant le droit de prendre des arrêtés. Le 19 mai, il envoyait aux conseils de légion une convocation leur ordonnant de se faire représenter à une réunion de délégués qui devait avoir lieu chaque dimanche, à partir du dimanche 21 mai, au ministère de la guerre. Celte réunion devait avoir pour objet de contrôler la marche de la défense.

Le délégué aux finances fit insérer à l'Of^ciel du 19 mars la note suivante relative aux abus qu’occasionnait la solde de la garde nationale, et dont nous avons déjà parlé :

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