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Notre lâche cM'toFvhiéa. Fidèles ou but que nous nous ôtioss > prepotséi! nous avons retracé,: sojis nous ééportir «Tune sorlewe imparlialiléi les événements qui se sont occoippUs éiPs^is, clepuis:; le 18 mars jusqu’au 28 mal 1871. Nous ne nous flattons pas d’avoir été complets; — comme nous l’avons dit déjà, l’histoire d’une révolution ne peut être faite au lendemain du jour où elle a pris fin, — mais nous espérons n’avoir du moins omis rien de capital.
Dans le cadre de ce que nous avons fait, nous ne prétendons pas non plus avoir clé exempts d’erreur? — Qui pourrait s’en flatter? — Mais, dans les manquements que nous avons peut-être pu commettre, aussi bien que dans tout le reste, ceux qui nous liront avec attention se convaincront que notre bonne foi a été entière, parfaite.
Il nous reste maintenant pour compléter notre œuvre, à jeter un coup d’œil d’ensemble sur le mouvement dont nous avons dit les divers incidents, à en considérer d’une manière générale à la fois la marche et l’esprit, à en tirer, si c’est possible, un enseignement pour l’avenir.
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j Le Icmpe üu »iége do pnr les PrusMeiiB ,fu( un 'lentps.i d'epreuvo rude pour,. tous ceux qui vécurenk cuferùiés .duBs ces ipurs, pendaol plus de quatre. moiijurraqcjilss&bios. . i . > La population avait subi avec un couragd. Un Mroïsnre au<'i dessus de tous ies éloges, les inespriineblts éouffnmcos moralfes cl welcxielles qu’^trainail U situation tefrible.où la warolte! des i événements fliililaircs l’avait placée,, '■ :ii' s. • .'!■
3 Pleine de foi en elle'même, pleine. aussi d’espoir, ail début, en,i c,:ux qui la dirigeaient, elle eut une bien doulOtifctise déception .' quand elle s’aperçut des «llermoieiitcDlBr dos liéiàutiobs, desn déflanees du Gouvernement de la défense datiooaie. i :: , .i'i
Lorsqu'onGn les membres de ce gouverhement en vlnfenl ù capituloj', sans avoir fait un sérieux usage des éléments puissants que leur offrait Paris, l'cxaspéralioD fut immense autant que fut.-, vive la douleur. ' • . r ■
^Gc résultat lamentable, après Uni. et de si liorriblés angoisses, n. après des souffrances aussi prolongées, aussi dméres, dprès tant de ' courage, tant de véritables vertus montrées par tous. les étémenls . de la populalioB, engendra des regrets, et aussi des animosités dont on ne peut rendre l’intensité, ' ;
A l’issue des grandes crises eommé celte que Paris venait dé > traverser^ où les douldurs penonnelles s’ajoalaienl anx douleurs patriotiques, lorsque surtout hi terminaison en a été aussi terrible,''^ la.piuport dos hommes, et principalement Ceux qnt n'oBl pas un grand dévcloppcmont intellectuel, iitre exceptionnelle fermeté ' de caraclèrc sont, pour un temps plus ou moins long, absolument i défeapéréa. . ‘ . *
C’est l'état dans lequel se trouva la masse da ia gaéde natlODaléy ' -*■ c’est-èfdiro de la papnlalâoo parisieonè, -<• loiuqn’elle «onnutc
rarmislice du 28 janvier entraînant la capitulation ; et cet état ae prolongea longuement.
Les élections du 8 février en province, qui donnèrent la majorité aux candidats orléanistes et légitimistes, survinrent et produisirent un fâcheux effet à Paris, où on les regarda comme menaçantes pour la République.
Eu même temps courait vaguement, mais avec une certaine persistance, le bruit du désarmement prochain de la garde nationale.
Au moment où sombraient tant de choses, la garde nationale parisienne voulait conserver la République et ses armes. Dans ce double but, l’élément révolutionnaire qu’elle comprenait, songea à s’organiser. C’est de ce désir, principalement, que naquirent,' comme nous l’avons dit précédemment, le Comité central, et la Fédération républicaine de la garde nationale. ‘ ’ i ‘
D’antres sujets de mécontentement agissaient encore sur la population parisienne : le choix d’un certain nombre des membres du Gouvernement de la défense nationale pour coniposer le nouveau ' ministère, alors que des impressions toutes récentes leur étaient si défavorables; la manière dont l’Assemblée traitait' les questions des loyers et des échéances; enfioi la répugnance, l’antipathie que cètte même Assemblée manifestait pour Paris, ët sa résolution, 'alors qu’elle quittait Bordeaux, d’aller siéger en Un antre point que la capitale; autant de causes dont les effets s’ajoutadent. m i. ii i • :
11 s’était trouvé que, par une inconcevable négligence , des ca- ' nons qui ne devaient jpas ëire'livrés aux Prussiens 'avaient été laissés en un, lieu où, lors de leur entrée dans un coin de Paris, ils les auraient eus absolument sous la tnain.
La garde nationale lâs avait enlevés et transportés' en divers' points, principalement à Montmartre, où elle les gardait, — et où' elle commençait à SQ lasser de les garder. > < /
Le 18 mars, ide grand matin, l'armée vint cerner les buttes ‘ Montmartre, afin do s’emparer de ceS canons et de lès réintégrer ’ dans les arsenaux de l’État. On sait comment cettë tentative ' échoua par la défection d’une partie de la' troupe,, qui refusa de i tirer sur le peuple. ;i' (m u:n '' ’i; i.n. ,
Le gouvernement ayant alors juge à propos d’abandonner Paris, ‘i l’élément révOlutionnàire do la population I sairit avec empressement cette occasion d’afürmer sa volonté foraaellc do conserver cl
de consolider la Répnbllqtie, que, depuis le 6 février, il regardait comme menacée. ' -
- ' Le Comité central prit la direction du mouvement populaire, et il fut écouté , il put agir, parce qu’à ce moment il représentait les idées de revendication politique et sociale de l'élément travailleur de la garde nationale. Il put agir, parce qu'il avait la conOanœ, eeUe chose souvent mal ou peu raisonnée, mais immense pour la masse des ouvriers, indéveloppés et crédules , ^ chose que le Gouvernement do la défense nationale n’avait pas' su. mettre à profit, et que n’avait jamais possédée l’Assemblée nationale. '
■ Le gouvernement, abandonné par une partie de l’armée, ne put parvenir à stimuler sufflsamnmit la fraction conservatrice de la garde nationale pour.qu’ello prit les armes et lui prêtât son concours. On eut ce spectacle : une classe se levant en armes, et c^le qui avait le gouvernement, l’influence directrice, laissant triompher une insurrection menaçante pour sa suprématie. ' )
t , Momentanément sans force qui lui servit de point d’appui, le gouvernement se réfugia à Versailles, auprès de l’Assemblée, . laissant ainsi le champ libre à la révolution qui s’ébauchait, mais rendaat'en même temps plus difficile et plus improbable son propre renversement. ■ <i ' ' ' ' J '
Sans cette fuite, quefuGil advenu? La garde nationale « d’ordre »
. trouvant un centre de ralliement, se fût-éile enfin groupée, assez à temps et en nombre suffisant, pour s’opposer au succès de l’é- ^ meule ? L’inertie du parli'< conservateur , au contraire , fût-elle restée la mémo, et, le gouvernement étant alors sans peine ren- < versé, la révolution parisienne, imitée par quelques grands cen- -tres, eût-elle été acceptée par l’ensemble du pays, — comme il . arriva pour la révolution du 4 septembre et d’autres qui l’ont preuCédée? — Nul ne le sait. j i
Le fait est que cette fuite eut lieu et que le mouvement commencé, qui eût pu èire plus étendu si les circonstances eussent été dilTérentes, se localisa dans Paris.
, L’opinion publique , en suite des vingt dernières années, était devenue fortement hostile à la centralisation, qu’elle ne comptait ^ pas pour une part minimo. dans les causes des récents malheurs ; da pays. Aussi, la révolution du 18 mars se produisant par le con- . cours des circonstances que nous avons dites, la formule mise en avant par ceux que les événements en firent tout d’abord les directeurs, fut-elle essentiellement décentralisatrice : le Comité
■central parla au nom 4c rautanomie communale. La maase, è 4es momenis divers , se rallia à cette idée, et réclama lea franehises municlpalea. Ce fut d’abord cette quantité de citoyens qai . s’armèrent et obéireut aux ordres du Comité, puis les maires ou adjoints et certains dépotés de la Seioe, puis eooore les hommes qui, plus tard, lorsque la guerre civile eut éclaté, so proposèrent la tâche — qu'ils ne purent, hélas ! accomplir, d’amener «ne entente entre la révolution et la réaction. ,i ui . f
C'est >qu’cn effet U: centralisation extrême des domières années, dont Paris principalement avait ressenti tous Im( déplorablsÉ iq- 1 convénienls, avait été jugée par beaucoup comme un obstacle Immense h la liberté individuelle en même temps qu’à, l'indépoodanee oollaotive. La majorité avait notion qu’il fallait procéder à Bouveau, en dehors des ancienl errements. j3'j« j-- 1 . u(t .-loo-. Lu majorité, disoniimous, et noua croyons être dons le vrai.l' Qu’on se le rappelle, nous parlons ici du prinoipe d’aotonom|e communale, non de la Commune qui n’existait pas encore, et dont les aotes, plus tard, eontribuèrent à éloigner quantité de ceux ^ni se ralliaient la plus . catégoriquement au principe qu'elle représentait. A ce moment, bien certainement, le plus grand nombre appuyait les revendications municipales. ou .i i
A l’Assembléo, on ne voyait dans la Révolution qui commençait . qu’une « poignée d’agitateurs cosmopolites » menant contre sOn gré vors des iostitutions dont elle n’avait nul souci, la' population entière de Paris. Ceci prouve simplement combien peu oh y était renseigné snr la gravité du mouvement, combien on avait peu coBscieuce alors de sa puissance. « Il faut avoir vécu dans cet i « isoloir qu’on appelle une Assemblée nationale, pour concevoir « comment les hommes qui ignorent le plus complètement l’état « d’un pays sont presque toujours ceux qui le représentent (1). »
, Aux revendications municipales, l'Assemblée opposait la plus vive résistance; le sentiment qui la dominait était simplement la haine de Paris, et il sembla qu'èlle se fût crue amoindrie, humi- : liée, en faisant justice aux vœux qu’il émettait par la voix même ! de sea représentants ou de ses magistrats munloipaux. '<
Après mainte tentative inutile pour amener une entente, '-les - élootions à la Commune eurent enfin lieu le 26 mars, et, eh dépit
/(I) Proodlion. Confessions d'«» rihfolullonnatre, p. 117. Ed. Lacroix, Vor- .bDeokboven. ■ > . - >•> i
des résistaiMès de TAssemMée ei du gouterti^ftirt, reçurent l'approbation ' des municipalités parisiennes alors eta fonctions, ainsi que des principaux représentants de là Seine;' tous gens qui n’élalent cependant point des insurges, des agitateurs.
Le Temps, qu'on ne saurait soupçonner de partialité en faveiir de rémeute, s’exprimait ainsi à ce sujet :
, , « Que faisait l'Assembloe quand elle n'injuriaii pas la ville, dépos- « sédéc par elle, elle refusait de régler' d’urgence une qu'esiion dont ■ dépendait la paix des rues. En apparence, sinon en fait, elle abandon- ' e naît Paris à Inl-mémc et semblait attendre, on ne (alt'd'où,1t*sôtdiion «t'dn problème qo'elle n'osait pas aborder. ' :
>’ « Que pouvaient donc faire Paris et scs reprèsetalants légiiimesY Se , « montrer plat goucioax des pràrogativet de l'Assemblée que du msiniion « de la pois publiquol Verser son sang pour maintenir des dniu que .« l’ Assemblée no mvsH pat faire vsloir, qu'elle abdiquait. en qiKdquo « sorte? , , , J ' î ), r
■ C'eût été ae montrer plus ro]ra]jile que le ro^ et une Chamjnrq qui « n’a jamais parlé de Paris qu'avec colère on avec dédem. ne pouvait « attendre, do lui ce degré d'abnégation. Paris ne l'a pas eù. il , '
, V ! , - >. •)•.• •* [Temg$ du 36 mers 1874.) j
On sait quelle fut la composition dç la (Commune élue : une minorité intelligente, sage, nullement violenté, y fut écrasée, ’ numériquement, par une majorité jacobine, formée spéclelement d’anciens hommes de ISiS et d'orateurs de clubs. ' ‘ ' ;
La Commune débuta par la validation d'élections qui, selon la loi invoquée pour régir le vote qui lui avait donné naissance, ne pouvaient être valables ; elle décida le secret de ses' séances. Fâcheux début!
Sa première œuvre eût diS être de rédiger une sorte dè‘ charte, de formuler un programme des rcforihes qu’elle ambitionnait d’ap- ‘ porter dans les choses politiques ou sociales. Elle n’en lit rien ; et, le 16 avril, alors que près d’un mois s’etait écoulé depuis le commencement du mouvement, alors que depuis deux semaines on se ' battait avec acharnement, la Vérité pouvait encore se demander quelle était au juste la cause pour laquelle tant d'hommes suc« combaient :
« Notre Intention n’oM p«* de critiquer do* »«te* plus on irioins erbi- « Irairoi. La situation a sans doute des nécessités dont II faut tenir
■ eonple. Seulement naus sommes tkicn forcés d'uTOoer que tout Oéis ne , u consliluo pas, à proprement parler, un programme poUliqtic, ot que « les citoyens immolés, à l’heure même où nous sommes, sur raiilel de « la patrie, par ordre de la Commune, sont en droit de se demander « quelle est au juste la cause qu'ils défendent, et dans quel but ils se « font tuer arec un héroïsme qui fait d’ailleurs notre admiration i tôûs. »
‘ (TVrilrf du IC avril 1871.)
Nous n’aTong pas à revenir ici sur les 'actes de la Commune, suffisamment exposés et appréciés dans le cours de cet ouvrage.
En les envisageant d’une manière générale, on remarque une tendance à l’arbitraire et à la violence qui va toujours en croissant. . Ce sont d’abord des perquisitions et des arrestations que rien ne légitime, des mesures Tépressives contre la presse, pour lesquelles la qualification de c blâmables » ^t certainement modérée.' '
-.•I Pois, quand la ÿuerre ouverte a oommencé et qne des citoyens veulent se grouper et manifester publiquement leur horreur pour la guerre civile, on les' empêche de se réunir lé 6 avril, et' celte parole horHble est prononcée : « Conciliation, c’est trahison I »
En même temps, on arrête toujours, et principalement ’des prêtres, en haine sans doute de doctrines qui, par la progression des idées, sont devenues rétrogrades, oubliant en cela que : « ou « ne détruit pas une religion, une église, un sacerdoce par des persécutions et des diatribes, lis se détruisent d’eux-mêmes, « par leur propre déraison, par l’abandon des peuples, surtout par « l’accroissement du principe appelé à les remplacer (1). »
Le décret sur les otages survient et stupéfie tous ceux qui, au milieu de ces événements sans précédents, ont à peu près conservé la raison.
, Un moment vient où l’on s’en prend aux monuments. « Rompant ' « violemment avec le passé, voulant refaire et non continuer (2), » la Convention avait ordonné de détruire tous les documents qui 'rappelaient l’ère féodale. De même, la Commune, par haine pour le passé, entreprend d’anéantir les monuments qui le rappellent; 'elle décide la chute de la colonne Vendôme, la démolition de la Chapelle expiatoire de Lonis XVl; un instant, on parle de faire
(I) ProudboD. Fédération et unité en Italie, p. 194. Kd. Lacroix, Ver- . boeckhoven. ... ....
'(3) K; Littré. La tn>i$ phUotofUet, dam Revue de philoeopKie positive, vol. I, p. 39. ; ... i ! . . ,I . .
tomber toutes les, statues de rois qui sont sur quelqnes-nnes de nos places publiques. „ j ^ , ,r, i ,
Lorsque, le 16 avril, ont lieu les élections complémentaires,
, l’impression produite sur la population par les actes de l’Assemblée communale se manifeste par l’éloignement du scrutin, d’un grand nombre de citoyens qui y avaient pris part le 26 mars.
Le Temps apprécie comme suit la situation : i .
« La Commune cëJe visiblement à l'enlratnement vertigineux qui « saisit, dans les temps difTiciles, tons ceux qui ont cherché un point d’appui en dehors des principes, et qui ne se sont pas fait du respect R des droits d’autrui une régie invariable et absolue ; plus elle devient R hible, pins elle se fait violente.' . ' ‘ ' >
R Abandonnée au serniin par la presque unanimité des électeurs, la « Cemmnno institue, sons le nom de Cour martialo, une sorlede tribunal R rcvolulioBaaire. Vaincue à Asnières par les troupes de Versailles, elle R sc venge en supprimant trois on quatre journaux. Elle ne s’arrêtera pis ■ li; s’arrêter n’est plus en son .pouvoir. Elle est vouée à la violfnce, R pour avoir méconnu la liberlé, comme elle est vouée à l’insuccès, popr R avoir méconnu la justice, » ^
, ‘ (remp* du 20 avril 1671.)
' La Térité, de son côté, publie ces quelques réflexions, qui * s’adressent à Versailles aussi bien qu'à Paris t ' ' '
ji, • Jamais peutrétre k, liberlé de la presse n'a. reçu d’aussi rudes R atteintes que depuis la Révolution du 18 mars.,yersaiiles et Paris riva*
, R lisent d’ardeur dans leur lutte contre te journalisme. On supprime ici, U. là on saisit. Tel journal déplatt, vile qu'il disparaisse! Tel autre se ^ « permet de ne pas approuver les puissants du jour, qu’on le bâillonne. R Écrasons l’infâme! s'écrient avec éloquence les hommes de l’Hôtel-de- R Ville et les ministres de Thiers. L’infâme, c’est fa presse. S’étonner de R semblables rigueurs serait pUéril. Les deux gouvernements ennemis R ont également le bon plaisir' pour guide, l’arbitraire pour règle. Ils i K usent largement du pouvoir qu'ils détiennent et en ne peut raisonna- R blement pas leur reprocher de sortir de la légalité, puisqu’il n'y a pas R de lois. A Paris, elles sont abrogées sans qu’on semble s'occuper de les R remplacer; a Versailles on en fait quelques-uns, mais le fruit des dis- R eussions de l'Assemblée est tellement déplorable que mieux vaudrai R ne rien faire du lout.
R Dans une telle situation, tout homme doué d’un tempérament despo- R tique — qui est celui de la majorité des Français, — a beau jeu. ,
(Vérité du 21 avril 1871.^ ,
••!. Le !** mal, malgré la vive opposttion de la minoHté, la Commune, singeant de plus en plus la grande Révolution, institue uh ■Comité de salut publié. Huit jours après, le 9, ce Comité n*a pas produit les résultats qu’on semblait en attendre, et sa composition est changée. • •' = ’
La Commune, en fait, n’existe plus; le Comité de salut public
est investi de la dictature.
Le 15, découragée, la minorité déclare ne plus vouloir prendre I part aux séances, et se retire dans les municipalités.
, Quelques jours après, le 21, l’armée versaillaUé entre dans 'Paris, et. quelques hommes, se sentant perdus, — noua disons quelques hommes : il ne faut pas rendre responsables de cos actes I tous ceux, qui furent membres do la Commune, — exécutent des iboHiiues qui ne sont pour rien dans la lutte, promènent l’incendie dana Par», et- semblent ne pkic 'songer tout entraîner dans leurchute. *
La répression, de son cété, c3t‘terrib'e; les exécutions sommaires se succèdent, sans souci des erreurs irréparables qu’entraîne une telle précipitation : un nombre énorme d’arrestations ont lieu', parmi lesquelles il en est certainement d’imméritées à tous les points de vue. il semble que deqdeux parts on soH reyenu à l'antique barbarie. Et uns inexprimable angoisse saisit tous ceux qu’une rage inhumaine, — rage de la défaite ou rage du triomphe, — n’a pas rendus complètement insensés ; tons ceux qui croyaient à plus de civilisation parmi nous. ' . . ,
’ Ld Révolution est écrasée, mais tous ceux qui l’ont faite ne sont pas pris; pour éviter qu’ils n’échappent à leurs vainqueurs, plusieurs gouvernements d'Europe déclarent qu'ils leur refuseront l'asile et qu’ils les livreront ..comme criminels de droU coBuuuo.
Peu de protestations s’élevèrent contre cette résolution.
■ Nous citerons celle de Victor Hugo, la seule qui lit quelque bruit et dont les suites eonlralgnirent l’illustre poëte à quitter la Belgique : ' • ■ • • . . ' i
Monsieur le rédacieur de l'fiwItfpMufdnee belge.
BruxsDei, $6 mai 1811.
.(T AloastEi'B, ' 1 , .
Je proiesie conlrc la déclaration du gouvernement belge, relative aux vaincus de Paris.
■ Quoi qu'ofl dise et quoi qu’on raiso, «cs-vaineus lonl des hommes politiques.
Je n'etafi pal arec eus. ■ j- > : - tv
J'accepte le priocJpe de le Cominuoo, je n-'acoeplo^pas Us bomjnei,
J’ai protesté contre leurs actes, loi dos otages, feprésoilles, arrestations arhitfaires, violation des KbOrtes, suppression des jourOMa» spoliations, coniiscations, démolitions, destruction de la coIoboq, atUtpies au droit, attaques au peuple. .1 - :Mtî : - ; r>.j .1
Leurs violences m’ont indigné comme m’indigatralcnt aujourd'hui les violences du parti contraire. ■ -i,'. . .r!., !.
La dostmution de lu ctdonne est na oetei de Jéso-tiaiion; La deati M>ion du Louvre odt été un crinko de Msa-civilisation, >»; 1 1 ‘ u '‘.'i
> Màis des actes sauvages étant IneonscientS.' ne sont point des aoips scélérots. La démence est une maladie M noU un ‘r«irihft. L’Ignorance u’est pas le crime des ignorants. 'i
' La colonne délruitc a été pour la France une hoürc IHstC} le Lôtlvre détruit eût clé pour tous'lcs peuples oti deuil étemel. *•’ '•'■ -‘' i oo
‘"il
Mais la colonne sera relevée, cl le Louvre est sauvé,
Aujourd'hui Paris est repris. L’Assomblée a vaincu la Commune, Qpi a Tait le 18 mars? De l'Assemblée ou de la ComomoSi laquelle est la vraie coupable? L’histoire le dira. . ij, . ,
L'Incendie da Paris est un (hit monslrueuK^ mais n'jr n<t<il pas deux incendiaires? Attendons pour Juger. >‘ o ■ ; i p
Je n'ai jamais compris nillioray, et Rigaull m’a étonné Jtisqu’é l'Indignation; mais fusiller nillioray est un crimoj mais fusiller Riganli est nn crime. ' • - i > . ; ^ ,
Ceux de la Commnnc, Jobannard et La Cécilla, qui’ font Risllicr un enfhnt de quinze ans sont des criminels; ceux de l’Asscmblce, qui font fusiller Jules Vallès, Boc(|uci, Pariscl, Amouroux, LcIVancnis, Rrunet Cl Dombrovvsky, sont des criminels. '■
No faisons pas verser l’indignation d’un seul célé.'ici le crime est aussi bien dans l'Assemblée que dans la Commune, et le crime est érident. ,
Prcmiëreraenl, pour tous las hommes civilisés, la peine de mort est abominable; deuxièmement, l'exécution sans jugement est infâme. L'une
n’est plus dans le droit, l'autre n'y a jamais été, , ; .1 ■ ; '
Jugez d’abord, puis condamnez, puis exécutez. .
Je pourrai blâmer, mais je ne flétrirai pas. Vous êtes dans la loi.
Si vous tuez sans jugement, vous assassiDOZ. . ■ . n
Je reviens au gouverncracnl belge. , . . ,
Il a tort de refuser l’asile.
La loi litl permet ce refu.«, le droit le lui défend.
^’ Moi, qui voas écris ces ilgnes, j’ai une > maxime : Pro jwe eomtra Ugem.
L’asile est un vieux droit. C’est le droit sacré des malheuroux.
Au moyen âge, l'Kglise accordait l'asile même aux parricides.
Quant à moi, je déclare ceci : ,1,
- Cet asile, que le gouvememeDt belge refuse aax vaincus, je foffre. i En Belgique, >
Je fais à la Belgique cet bonaeur. .| k-.-- < . <,
< 'J’offre l’asile' â Bruxelles. 1 <; 1 ‘ , •
J’offre l'asile place des Barricades, n° 4. ■ . : 1. '
' Qu'un vaiâco do Paris, qu’au boinme de la réunion dite 1 Commune, que Paris a fort peu élue, et que, pour ma parL je u’ai jamais approuvée, qu’au de ces hommes, fdt'il mon enuemi personnel, surtout s’il est mon ennemi personnel, frappe à ma porte, j’ottvic. Il est dans ma maison. Il est inviolable. , , . , .
EstTCQjque, par hasard, je serais un etranger en Itelgique? Je ne le crois pas. Je me sens le frère de tous les hommes et l’hétc de tous les peuples. I ‘
Dans tous les Cas, un fugitif de la Commune chez moi, ce sera un 'vaincu chez un proscrit; le Vaincu d'atijourd'hui chez le proscrit d’hier.
■' Je n’hésite pas 4 le dire, deux choses vénérables, : 1.!
Une faiblesse protégeant l’autre. ' ! ' >
. . Si un homme est hors la loi; qu’il entre dans ma maison. Je déBoqui que ce soit de l’cn arracher.
,r Je parle ici des hommes politiques. ,, ,
,, Si l’on rient chez moi prendre un fugitif de la Commune, on me prendra. Si on le livre, je le suivrai. Je partagerai sa sellette. Et pour la défense du droit, on verra, a,c|}ié,dc l’homme de la Commune, qui est le .vaincu de l’Assemblée de Versailles, 1 homme de la République, qui a été ,1c proscrit de Bonaparte. , r
Je ferai mon devoir. Avant tout, les principes.
Un mot encore : ^
Ce qu’on peut afllrmor, c’est que l’Angleterre ne livrera pas les réfu- 'giés de la Commune.' ■ 1'
Pourquoi mettre la Belgique au-dessous de l'Anglelcrre?
' La gloire de la Belgique c’est d’èirc un asile. Nc lui étons pas cette gloire. ' ' ■ ■■■’•' I . . ; '
En défendant la France, je défends la Belgique. ''' ' ' '
Le gouvernement belge sera contre moi, mais le peuple belge sera avec moi. i ■ i i*j . » c ‘ ' -i I I J . ‘I !• I , î
Dans tous les cas, j’aurai ma conscience. ' ' ' ' ' ‘
Recevez, monsieur, l’assurance de mes sentiments distingués.' '
...VlCTO* Hooot
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Celte prolestaliqn, on le voit, porte à la fois contre les actes de la Conunune, contre les cx,écu lions sommaires qui suivirent l’enlrce de l’armée versaillaise dans Paris, contre la nésolulion de poursuivre cmnme criminels de droit commun les hommes qui avaient pris part au mouvement, et contre le refus de la part de certains gouvernements étrangers d’accorder aux vainens l’asile qn’on ne refuse pas aux hommes des partis politiques qui succombent.'' ' l- 'A tous ces litres, nous n’hésitons pas à nous y associer.
fi.' I '•/ . li
Si, sans s’attacher aux faits, on considère plus' particulièrement ' les idées, on aperçoit au début une fatigue profonde du mode poli-' tique de vivre des années précédentes. Paris est lassé de voir ses aspirations noyées dans les votes des campagnes; ayant plus que tout autre point du pays ressenti tous. les inconvénients des régimes antéoédeaU, ü veut ooneerver la République qu’il a faite.. Paris sait, par une longue et vieille expérience, que si l’apparence de la liberté a quelquefois existé en France, la liberté eUe-mémo y a Jusqu’ici été à peu près inconnue. ' ' " ••
Le passage suivant, extrait de la Vérité, rend assez exactement la pensée générale : „„ , ‘ ,, , ,
Il »
it Depuis que des législateurs franrais'cdnsacrcnt leurs loisirs 'à la « fabrication des kds, leur unique souci a tonjours été do prohiber au « peuple, collectivement et individuellement, l'cxcrcice de certaines « libertés. Ils se sont attachés à réglementer la vie du citoyen ; fis loi « oDt dit : tu feras ceci, mais tu ne feras pas cela; on si tu’ le (bis, tu « ne 'pourras lé faire qu'eu observant eertaincs règles bien ci dtimmit « déiinies. Aux écrivains, ils ont assigné dos limites étréites iniranchts-; c sables. An penseur, ils ont mesuré l’espace. A l’ouvrier, ils ont imposé - « dés conditions de. tvnvail, d’association. A tons enfin, ils ont rivé des « menottes plus ou moins légères, suivant le temps et les circonstances.
< En revanche, nul n’a jamais songé à mettre un frein séfieux aux « empiètements du pouvoir, ou si quelqu’un y a songé, la plus grande « timidité a toujours guidé les efforts lentes dans ce sens. Il faut que le « gouvernement soit fort ! Tel est l’axiome politique le moins discuté en « France. C’est en parlaol de ce beats principe; que les Assemblées ont « toujours investi le pouvoir d’atiribulious redoutables, msuant au oon- « traire,- à sa merci, les droits, des citoyens. Qu’en est-il résulté^ C’est « que tous les gouvemements, quels que .soient leur drapeau,, leur pros- « pcclui, Icnr origine, pni été des gouvernements despotiques. Impatients « de tonte contradiction, ignorants des véritables principes de la liberté
« iMiliiiquo, rois, empereurs, présitlonis, secomlds pjir des Assemblées « nnlionalos, constlUiniKCs, IdgIsI.Klves, u’oni eu qu’un souci : i'(*glc- « mcnicr el répHmef.! C’est ainsi qu'arani en quelquefois l'nppaCencc do « la liborlé, nous ne l'avens jamais tmsstdde de rull. • ' ' ''
• (Yérif^in il avcll IWI.)
- Ht;.; • i
Ceoi étoiu la pes>s4e du grand .nomliro à Par»t U élail naturel que l’alTaire «verUe des cnnops de|MoubHarlro et, la fuite du gouTernemool donnant prétexte à un mouvement populaire, fût mise en avant l’idée d’autonomie communale, équivalente aux idées.de développement dos libertés individuelles et de restriction dans les attributiung du pouvoir, j, ^
^ L.a voie,de lajCommune étuil tracée devait se borner d revendiquer les franchises communales. ^ „
' afolj * la OomiWlhc dd’Paris’ciU lo lort d’eïSqcrti^ soh Wlfc, dt> vouüolf' « s’impUsOr bommo un spéiro'nrma, an lieu do sa Taire riniilatcur pacl m K Aquo do cette rovondicaiion gi té|llline; mi lieu d’un- procramme net. i n timple, pratique, bich drftul, U'unc vraie cbanq d émqncipatioool d’ln>;, i( di'-pcndaiicr, clic lança le manifaste cmphiitiqno, conTui, inapplicable, «iqtic l'on connaît, cl qui n’est ntémç pas son oeuvre. ,
» . l’aris aurait pu donner l’cxcrtip'C cl fl fcsiê ; ^
« par la faute des hommes qui se sont emparés du pouvoir du 18 mars, «, il n’aura donqé qUi’unc impulsion avcpgic. Vf , j . , rii' .. i il- .f {Karffo du A mai 1871.) r.
b'uD autre côté, que faîsail-on à Ycrsalllefi? Songpajl-on à
salisfolre, dans une mesure quelconque, aux légiUmos revendicaiknas de Parisîi ^’uUemeDt. On Ips repoussait bien loin, et la seule,, pensée qu'on eût était d'écraser Paris par les ariaea. Nous eiupruntODS volontiers ses appréciatumi attieurnsl la Ve>i<é«qiûy partisan» de raotenomle oommunaloynoua parait avoir voujonrt envisagé leschoses sans autre conaldéralletr ‘que celle du prlnclpé qui a ses sjmpàihles. , ‘ ■■ “ • ■ ‘ '
Ici encore. Cl ce rtc" Sera pas la dernière fois, nous citerons quelques extraits de ce journal : ' ■ . . ■ . »
’ il Voill six sMitafnrs que dctix getttcrr.cntcnls se |*art»gc*rt la-Fctncè; " «'à' Paris,' In Ccrmifiene ; 4 'VcrS4llle!l, l’Asacmblée natiortSlC. '
. . . . Nuits ert solitmes éfiCtrrC ii'noas demaudCT ItqilcI dCI'dcdx n ptmvdirs csi lo pins' irttiidlttlq'ut',' lé fftiiÿ'dépottrvtt'dh'Wfasifo 14 r6*llli', ■ « de* f.'i coimalstnltcc de la SKUsitoli; de h Skuirè « de faét de'dlrtger « IcStlnttimcs.' i '■'* ' ' ' ' “ •» ■ •O • -
— ^ iüitt —
« • • • >' 1 La l^omtoiuu; «sL une, rqunioii «tojoucmliaMs obsfcurs
« de meneurs assez mal d'accord entre eux, des associations ouvrières,
« et 4'l>ommcs quijODt mal étudié, plus mal compris encore l'histoire, « do la Révolution. La Commune touche à tout, Tait et défait, proclame, «' des principes et prend des résolutions contraires à ces principes; elle
• se dérhire, se divise, suspecte tour à tour chaeuh de ses membres.
« Dans ses bons jnari, dite ne trouve rien de mieux que d'ouvrir (me « histoire populaire de 1793 et d'en copier quelque motion insensée,' « quelque decrel atroce ou ridicule. C’est ainsi qp'a pris naissance, à « une faible majorité, apres la plus confuse et la plus embrouillée des « discussions, celle parodie inutile et grotesque du fameux Comité do « salut public.
*'' ' I / ^ 's ' Sa ,
« Loi sur les otages, Toi contre les rérrnclairc?, loi pour juger les sus«
« peci.c, loi réglant mal à propos les conditions du travail, immixiion « dans le commerce et dans l'indinlric, en aUcndanl le maximum et les « otrslgnaisj' réquisitions au basardj tonliscatlons peiné déguisées,
« eoniité de sàroté Uénërtte-el eomMé de saint poWic/rién né manque â* « ce pastiche, rien, si ce n'est la conviclion chez Ceux qtil'en sont Ici a auleuri, et la sanction 'ellBCtivb dans la masse du peuple, t . . .cmo,..
O Le tpcclacio que présente l’Assemblée do Versailles est plus triste « pneore. Là ne so trouveai pas souleraenl des individualités tirées dut « loprs ténèbres par le hasard d étections plut ou moins iConipslablQS< !
« Non! L’Asicmblâo de Versailles est ht quiotessénoe du stlffibge tidib .’ « venei, dans le pars ontlcrt eile compie tout ce qn’U y a de notable* « dans lé politique, l’industrie, le commerce, ta soicnoerclle regorgel « d’anciens ministres, d’aneions diplomates, d'anciens liommes' d’i'ial, < « Qué fall-»elie?..< ' v . ■ i-.» ii o.: i
« Celle Assemblée accepte, comme textes sacré.s, *
« loi projets dé lois nr las échéaneos et sur les loyers que' M, Diifauro n lui apporte, sans se soBOior la moins du monda des réclamations t ella n accepte Comtno poreles d'Êvangile les bulteiins do viotoiro do ion
• armée, qui prendra Paris cortalnemenl demain, à motos que ce no soll^ « après-domain; elle croit à M, Thiers généralistimo, à M. Tbions qui ta t devenir, à son uboix, Monk ou Warwick, lo faiseur ou la rottauralcnfi, « de .rois, I moins qu’il no soit 'Wasbiuf ton, le fondateur do la Répu-i « bliquc, bien attendu, sans la moindre concession de. franchises Com«.
e mUQules, « • • , , «i:,: t # ',* i i * « * • ; , ■ ' < « * ,4 , . ..# 4U
• t 4 . . I , , 4 , , , , I . , Des luui «lui ne savent quo copier Ica ,
« fqliet do l’autre siècle, ol des vieillards qui a’ont pas compiis quiti, < faut, à des - temps nouYOtut, «les bomiocs ot dei principes oosi«: « VcauX4.a' nu ' , ’ ■ ‘ «il ‘j:.:!-,,
Xc:,. . , ' . - ..(Ferilr du 5 mai 1871.)
Ni la Commune de Paris, ni PAssemMée do Verisailles ne furent à la hauteur des événements, et il ne faut pas se dissimuler la part de responsabilité qui' incombera devant l’histoire à l’une ' comme à l’autre de ces assemblées dans les faits de la Révolution de 1871. C’est ce que fait ressortir l’adresse suivante, des délégués de la ^ municipalité lyonnaise, qui fut rendue publique vers la Rn d’avrü: ; ,,