‹ Histoire de la révolution française, 1789-1799Chapitre 23 sur 73 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LES ORIGINES DE LA RÉVOLUTION

Il faut chercher dans les splendeurs mêmes du règne de Louis XIV les causes de la Révolution. Sous ce roi, qu’en France et en Europe on appelait le grand roi, l’État français arriva au plus haut degré de puissance. L’Alsace, le Roussillon, l’Artois, la Flandre, la Franche-Comté furent réunis à la France; à nos colonies du Canada, de la Guyane, de l’île de France, s’ajoutèrent celles de la Louisiane, de Saint-Domingue, du Sénégal, presque tout le groupe des petites Antilles, des établissements considérables à Madagascar et dans l’Hindoustan. Louis XIV, justifiant sa devise Nec phiribus impar, lutta seul, dans plusieurs guerres, contre l’Europe coalisée, la fatigua de ses victoires, et presque toujours, sauf dans sa dernière guerre, celle de la succession d’Espagne, dicta les conditions de la paix. Les souverains de l’Europe s’inclinaient devant sa prépondérance, le reconnaissaient pour le premier d’entre eux et s’efforçaient de l’imiter en tout.

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A l’intérieur, il fonda sa royauté absolue sur la ruine des pouvoirs qui avaient tenu en échec ses prédécesseurs : il dompta l’aristocratie, qu’il réduisit à n’être plus qu’une noblesse de cour; il humilia les prétentions du pape et lit des évêques les plus dociles de ses sujets ; il réduisit à l’impuissance les États provinciaux et effaça les derniers vestiges des libertés municipales.

Louvois lui organisa son armée sur un pied formidable ; Colbert accrut sa marine marchande, créa une puissante marine de guerre, fonda les ports militaires de Dunkerque, Brest, Rochefort et Toulon; ses architectes bâtirent le Val-de-Grâce, l’Observatoire, le palais Mazarin, les Invalides, les deux arcs de triomphe qu’on appelle portes Saint-Denis et Saint-Martin, achevèrent le Louvre et les Tuileries, construisirent Versailles.

Toute cette grandeur fut achetée par d’énormes sacrifices, et la nation en fut comme écrasée. Les vingt-six ans de guerres non interrompues, de 1688 à 1714, qui signalèrent la fin de ce règne, portèrent à son comble la misère du peuple des campagnes et des villes : la guerre sévissait aux frontières et la famine dans l’intérieur du royaume. La royauté persécuta cruellement les protestants, supplicia leurs pasteurs, terrorisa les populations du Midi par les dragonnades, poussa les calvinistes des Cévennes à l’insurrection; 400 000 Français, les plus riches et les plus industrieux, fuyant la barbarie de ses intendants, de ses juges, de ses dragons, émigrèrent dans les pays voisins : ce fut un coup mortel pour l’industrie et le commerce de la France, et le commencement des prospérités de la Prusse et de l’Angleterre. Après avoir étonné l’Europe de ses victoires, de ses bâtiments, du luxe de sa cour, Louis XIV laissait en mourant une dette de près d’un milliard.

Sous Louis XV, cette situation empira. La banqueroute de Law au début, la banqueroute de l’abbé Terray à la fin du règne, détruisirent le crédit de l’État. Le pouvoir royal.

tout aussi écrasant pour le peuple, tout aussi tyrannique pour les dissidents, n’offrait plus, en compensation, la gloire militaire et la prépondérance du pays au dehors. La guerre de Sept ans anéantit tout respect pour la royauté et pour les nobles qui commandaient ses armées; en Europe, la France fut humiliée devant la Prusse naissante; hors d’Europe, les Anglais s’emparèrent du Canada, de nos possessions de l’Indoustan ; la Louisiane était cédée à l’Espagne. La vie privée du roi fut le scandale du siècle : le peuple, qui, en 1744, lui avait décerné le nom de (( Louis le Bien-Aimé », changea cet amour en haine : on vit le roi, par le Pacte de famine, s’associer aux spéculateurs pour accaparer les grains et créer des disettes artificielles. La royauté, si obéie naguère, voyait l’insubordination grandir autour d’elle: les évêques la bravaient; les parlements refusaient d’enregistrer ses édits ; à Paris, le peuple exaspéré par la disette, les petits rentiers ruinés par les banqueroutes de l’État, multipliaient les émeutes. Lp campagnes se dépeuplaient, et, dans certaines provinces, le désert s’étendait.

Le tiers état, qui jusqu’alors avait soutenu la royauté contre tous ses rivaux, contre l’aristocratie, contre le pape, contre les évêques, et qui l’avait aidée à fonder sur l’unité française la grandeur royale, commençait à séparer sa cause de celle du monarque. La bourgeoisie était maintenant trop éclairée pour s’accommoder plus longtemps du despotisme royal, de l’arbitraire administratif, des abus qui déshonoraient la justice et tous les services publics, des privilèges que s’arrogeaient le clergé et la noblesse. Les économistes français ou étrangers, Vauban, Boisguillebert, Quesnay, Gournay, Adam Smith, démontraient l’absurdité du système d’impôts. Voltaire flétrissait l’intolérance religieuse, vengeait La Barre, Sirven, Calas, ces victimes de la barbarie des juges, dénonçait au monde entier l’état de servage où le chapitre de Saint-Claude retenait les paysans du Jura. Montesquieu, dans son £s-

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prit des lois, dégagait le principe des constitutions libres et donnait la formule des réformes. Rousseau, dans son Contrat social, proclamait la souveraineté du peuple. Diderot et d’Alembert, dans commençaient l’édu-

cation scientifique de la nation et détruisaient par la base, toutes les superstitions politiques ou religieuses. Beaumarchais, dans sa comédie du Mariage de Figaro , livrait la noblesse et le régime arbitraire aux risées du public.

Quand, le H mai 1774, Louis XVI succéda à son aïeul Louis XV, une immense espérance s’empara du peuple et de la bourgeoisie. Le nouveau roi parut d’abord vouloir justifier cette attente. Il congédia les ministres de Louis XV, que poursuivaient la haine et le mépris de la nation : mais presque aussitôt se manifesta l’indécision qui était le trait essentiel de son caractère. Il nomma Turgot contrôleur général des finances, et Malesherbes ministre de sa maison ; mais en même temps il confiait le ministère des affaires étrangères à l’écervelé Maurepas, qu’on appelait le (( Perroquet de la Régence » , et le ministère de la guerre au comte de Saint-Germain, qui exaspéra l’armée en la soumettant au régime des châtiments corporels. .

Malgré les obstacles qui leur étaient suscités par la reine Marie-Antoinette, fille de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, par les parlements, les courtisans, les financiers, par leurs propres collègues et tous ceux qui profitaient des abus, les deux ministres populaires, Turgot et Malesherbes, se mirent à l’œuvre.

Malesherbes proposa à Louis XVI la restitution des droits civils aux protestants, la suppression des lettres de cachet et l’abolition de la torture : ces réformes furent ajournées.

Turgot fit décréter la suppression de la corvée royale sui les routes, l’abolition des maîtrises, la destruction des douanes intérieures, la libre circulation des grains. Mais ces réformes suscitèrent l’animosité des privilégiés. Le parlement de Paris soutint que « le peuple est taillable et corvéable à merci, et que c’est une partie de la consti-

tution que le roi est impuissant à changer »; il n’enregistra que par force l’édit qui abolissait la corvée. Les accapareurs soulevèrent le peuple ignorant contre l’édit qui établissait la liberté du commerce des grains, et soudoyèrent des brigands qui allèrent piller les boulangeries et couler les bateaux chargés de blé. Il fallut tout un corps de troupes pour mettre fin à la « guerre des farines » (mai 1775). Le roi n’osa soutenir les ministres réformateurs. Malesherbes et Turgot donnèrent leur démission; les paysans furent soumis de nouveau à la corvée, les ouvriers au régime des maîtrises, le commerce aux anciennes entraves. Tous les projets de réformes étaient abandonnés.

Lorsqu’on 1776 éclata la guerre contre l’Angleterre pour la liberté des États-Unis, pressée de rétablir ses finances, la cour s’adressa à un banquier genevois, Necker ; comme il était protestant, on ne le nomma pas contrôleur général, mais simplement directeur des finances. Necker reprit quelques-unes des idées de Turgot, affranchit les serfs du domaine royal, abolit la question, mais seulement la question préparatoire, et non pas la question préalable. Pour trouver de l’argent, il fallait emprunter. Pour emprunter, il fallait relever le crédit de l’État, et donner confiance aux capitalistes. Necker, pour la première fois, rendit public le budget des recettes et dépenses ; cette publication était fort incomplète et dissimulait encore bien des abus. Les courtisans, qui vivaient, comme on disait alors, des « bienfaits du roi )', furent inquiets de ce commencement de lumière. Comme le Compte rendu de Necker avait une couverture bleue: « Avez-vous lu le conte bleu? » dit Maurepas. Le mot eut du succès ; cela suffit pour que le roi abandonnât son ministre.

La guerre d’Amérique continuait : elle eut des conséquences que la cour n’avait sans doute pas prévues quand ellepeimit à Lafayette et aux volontaires français d’aller soutenir les insurgés américains, et quand ensuite elle

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envoya les troupes royales sous la conduite de Rochambeau. Les Français assistèrent dans le Nouveau Monde au soulèvement d’un peuple qui revendiquait ses droits ; ils entendirent proclamer le principe nouveau de la souveraineté nationale et saluèrent la naissance de la République des États-Unis. Reaucoup dirent avec Lafayette : « Voilà des principes que nous rappellerons un jour chez nous ! » Ils gravèrent dans leur cœur ces maximes de la déclaration de Philadelphie :

« Tous les hommes ont été créés égaux; ils ont été doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; pour s’assurer la jouissance de ces droits, les hommes ont établi parmi eux des gouvernements dont l’autorité légitime émane du consentement des gouvernés ; toutes les fois qu’une forme de gouvernement quelconque devient destructive des fins pour lesquelles elle a été établie, le peuple a le droit de la changer et de l’abolir. »

Pendant que l’Amérique anglaise devenait une république, la cour de France et le gouvernement s’obstinaient dans les mêmes errements. Malgré le déficit dans les finances et la misère du peuple, les favoris de la reine touchaient de grosses pensions : les Polignac, à eux seuls, 700 000 livres par an. Aussi la haine du peuple se tournait-elle contre Marie-Antoinette : on commençait à l’appeler V Autrichienne ou encore Madame Déficit. La malignité publique s’empara des incidents du célèbre procès du collier y en 1785 : le cardinal de Rohan se laissa tromper par une intrigante, la comtesse de Lamotte, qui lui avait ménagé une entrevue secrète avec une fille qui ressemblait à la reine et à laquelle il remit un collier de 1 600 000 livres. La comtesse fut condamnée par le parlement de Paris à la marque et à la réclusion; le scandaleux prélat fut banni de la cour; la réputation de la reine, malgré son innocence, souffrit de cet éclat. Les frères du roi, le comte de Provence, le comte d’Artois, qui plus tard furent rois sous le nom de Louis XVIIl et Charles X, s’ad-

jugeaient des sommes énormes. Il fallait aviser à remplir le trésor, épuisé par les dépenses de la guerre et les prodigalités de la cour.

Galonné promit à la reine de trouver des ressources : nommé contrôleur général, il débuta par emprunter 100 millions, dont un quart à peine entra au trésor; le reste fut dévoré par les gens de cour : le comte de Provence en prit pour sa part 25 millions et le comte d’Artois 56. Le comte de Provence disait en riant : « Quand je vois chacun tendre la main pour recevoir, moi, je tends mon chapeau. » Cette mendicité des princes était la ruine du pays. Galonné ne savait rien refuser à personne ; il fallut emprunter encore 400 millions. Alors il proposa des réformes : soumettre les privilégiés à l’impôt , décréter la liberté du commerce, établir des assemblées provinciales, etc. C’était revenir, mais trop tard, aux idées de Turgot.

La situation était si grave que l’on parla de convoquer les États généraux : on ne pensait à eux que lorsqu’il y avait de l’argent à leur demander. Cette fois, on avait de tels comptes à leur rendre qu’on n’osa les réunir. On se borna donc à convoquer les notables, c’est-à-dire précisément les représentants des classes privilégiées. Ils reconnurent que (( tous les citoyens devaient supporter une part proportionnelle des charges publiques ». Mais le Parlement de Paris repoussa l’édit de réformes, et Galonné tomba.

Son successeur, Loménie de Brienne, archevêque de Toulouse, ne fut guère plus heureux. Les notables acceptèrent bien l’établissement d’assemblées provinciales, analogues à nos conseils généraux de départements, l’abolition de la corvée royale, la restitution de l’état civil aux protestaiiis. Ils consentirent même à voter un impôt du timbre et une subvention territoriale. Mais ils se refusèrent tout net à l’égalité des impôts, seul moyen d’éviter la banqueroute. Au cours des discussions, Lafayette avait prononcé le mot d’États généraux et même d’Assembléc nationale.

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Le parlement de Paris, quand les notables se furent séparés, refusa au ministère même les maigres ressources que ceux-ci lui avaient accordées. Il n’enregistra que par force, dans une séance royale, ou lit de justice tenu par le roi, les deux impôts votés par eux. Après la séance royale, le parlement protesta et fut exilé à Troyes, puis dissous ; les parlements de province firent cause commune avec celui de Paris et furent également dispersés au milieu de l’émotion publique.

En se retirant, le parlement de Paris, comme l’assemblée des notables, comme naguère la cour des aides, comme les états provinciaux du Dauphiné réunis à Vizille, comme le clergé lui-même dans son assemblée de 1787, comme l’opinion publique tout entière, en avait appelé aux États généraux. Le roi finit par se résigner : en décembre 1787, il promit qu’on les convoquerait dans cinq ans. La situation des finances ne permit pas d’attendre si longtemps : la date de mai 1789 fut définitivement arrêtée. Puis, pour s’assurer un peu de popularité, le gouvernement rappela Necker.

11 y avait cent soixante-quinze ans qu’on n’avait convoqué les mandataires de la nation ; la dernière réunion remontait à 1614. Le souvenir des États généraux de 1614 était d’ailleurs resté peu populaire, tant le tiers état y avait essuyé d’humiliations; les représentants de la bourgeoisie y avaient paru à genoux et tête nue, tandis que le clergé et la noblesse restaient assis et couverts devant le roi. L’orateur du tiers état ayant osé dire que les trois ordres étaient comme trois frères, les deux premiers étant les aînés et le tiers état étant le cadet, la noblesse lui fit cette insolente réponse : a Qu’il n’y avait aucune fraternité entre elle et le tiers ; que les nobles ne voulaient pas que les enfants de cordonniers et de savetiers les appelassent leurs frères ; qu’il y avait autant de différence entre eux et le tiers qu’entre le maître et le valet. »

Pendant les deux règnes si longs de Louis XIV et de

Louis XV, pendant plus d’un siècle et demi de monarchie absolue et irresponsable, on n’avait même pas songé aux États généraux. Personne à la cour n’eût osé en prononcer le nom.

En 1788, la première question qui se posa fut celle-ci : le tiers état aurait-il un nombre de représentants égal à celui des représentants des deux autres ordres réunis? C’est ce qu’on appelait la question du « doublement du tiers ». En fait, dans la plupart des réunions d’États généraux, le tiers avait une double représentation ; en droit, il était juste que vingt-cinq millions d’hommes eussent une représentation au moins égale à celle des cent mille ecclésiastiques et des cent cinquante mille nobles qui composaient les deux autres ordres. Necker le comprit ainsi ; mais il voulut faire décider le doublement du tiers par une nouvelle assemblée de notables qu’il convoqua en 1788. Les notables, gens privilégiés, refusèrent le doublement : Necker le fit décider par le conseil du roi.

De ce premier principe, le doublement du tiers, découlait naturellement cette conséquence : le votepar têtes, et non le vote par ordres, dans les délibérations. A quoi bon attribuer au tiers état un nombre double de représentants, si l’on devait voter par ordres, s’il ne devait avoir qu’un suffrage contre les deux suffrages des ordres privilégiés? Necker ne put ou ne voulut pas tirer la conséquence du principe posé par lui-même. Les événements allaient montrer tout le péril de cette irrésolution.

Necker fit admettre les curés dans la représentation du clergé, les paysans dans celle du tiers état, les protestants au nombre des électeurs et des éligibles. Il s’abstint d’exercer aucune pression sur les élections : on vit , pour la première fois dans notre histoire, cinq millions de Français exercer leur droit de citoyens. Les privilégiés essayèrent bien d’apporter quelque trouble dans ce grand mouvement : leurs intrigues ne furent pas étrangères a l’émeute du 27 avril 1789 à Paris, pendant laquelle la popu-

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lace incendia la fabrique Réveillon, et qui manqua de faire ajourner la convocation des États.

Presque partout les élections se firent avec le plus grand calme : dans chaque bailliage, le clergé, la noblesse, le peuple des villes et des campagnes rédigèrent les fameux cahiers de 1789, c’est-à-dire les vœux dont les députés aux États étaient chargés de demander la réalisation. Le clergé revendiqua, dans ses cahiers, le maintien de la dîme et de la propriété ecclésiastique, son droit de surveillance sur l’éducation, sur la presse, sur les dissidents religieux ; la noblesse stipula la garantie de tous ses privilèges ; mais le clergé comme la noblesse s’unit au tiers état pour demander qu’on restreignît le despotisme royal et que les mandataires de la nation fussent convoqués périodiquement.

(( Écoutez ! écrivait Camille Desmoulins dans sa brochure la France libre, écoutez Paris et Lyon, Rouen et Rordeaux, Calais et Marseille; d’un bout de la France à l’autre, le même cri, un cri universel, se fait entendre. La nation a partout exprimé le même vœu. Tous veulent être libres. );

Les cahiers du tiers état de Rennes contiennent ce vœu qui est la formule même de la Révolution : « C’est par erreur que ce qu’on appelle tiers état a été qualifié d'ordre ; avec ou sans les privilégiés, il s’appelle Peuple o\\ Nation . » C’est l’idée que l’abbé Sieyès avait déjà exprimée dans la célèbre brochure : « Qu’est-ce que le tiers état? Rien. — Que doit-il être? Tout. ))

La députation de la noblesse, telle qu’elle sortit des élections, se composait de 242 gentilshommes et de 28 membres des parlements; celle du clergé, de 48 prélats, de 35 abbés de monastères, de 208 curés; le tiers comptait 578 membres, parmi lesquels2 prêtres, 12 nobles, 13 magistrats des municipalités, 102 magistrats de bailliage, 212 avocats, 16 médecins, 100 marchands ou cultivateurs. Le comte de Mirabeau et l’ahbé Sieyès figuraient comme députés du tiers.

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