LUTTE DE ROBESPIERRE CONTRE LES HÉBERTISTES ET LES DANTONISTES
Cette fois, la Vendée abattue et les frontières reprises.
rien ne pouvait justifier la continuation du système terroriste. Il était une insulte à la victoire, à la fortune de la France.
Ainsi que le sanguinaire Collot-d’Herbois l’écrivait à la Convention, au bruit de ses mitraillades de Lyon, il y eut à ce moment « un grand complot pour demander l’amnistie ». Le 13 décembre, une députation de femmes vient à la Convention pleurer, prier pour leurs maris. Le 18, le robespierriste Levasseur, en mission dans la Vendée, proclame une amnistie pour ceux des Vendéens qui n’étaient qu’égarés. Le même jour, la Convention accueille avec faveur une pétition des patriotes lyonnais demandant grâce pour leur malheureuse ville. Le 20, les femmes reviennent, et Robespierre propose de nommer des commissaires (( pour rechercher les patriotes qui auraient pu être incarcérés et que les comités pourraient élargir ». Sur ses conclusions, l’Assemblée décréta l’établissement d’un « comité de justice ». C’était un premier pas hors de la Terreur.
Qu’est-ce qui empêcha Robespierre de s’abandonner à ce grand courant de générosité, de suivre sa propre inspiration, d’exaucer le vœu de ses propres partisans ? Le club des Jacobins, qui apparaissait comme le régulateur de la Révolution, lui était dévoué absolument, au point de suivre l’impulsion qu’il voudrait lui donner dans un sens ou dans l’autre. Pourquoi hésita-t-il à fermer ce gouffre béant des haines civiles, qui allait engloutir les meilleurs de la Montagne, le dévorer lui-même? Il eut peur! peur d’être débordé par les violents, supplanté par les modérés peur des terroristes, de Collot-d’Herbois qui arrivait de Lyon pour dénoncer le complot de clémence ; peur de Camille Desmoulins, qui, dans les premiers numéros de son journal le Vieux Cordelier, implorait Robespierre et qui voulait le compromettre dans la politique d’humanité. Derrière Camille Desmoulins, Robespierre crut entrevoir Üaaion.
LA CONVENTION
Alors Camille ûesmoulins, que Robespierre ménageait pourtant et qui grâce à lui venait d’être maintenu aux Jacobins (14 décembre), entra en lutte avec lui. Dans le n® 5 du Vieux Cordelier, il compare le gouvernement de la France à la tyrannie décrite par Tacite; dans le n^^ 4, au comité de justice demandé par Robespierre, il oppose un comité de clémence. Il demande qu’on ouvre les prisons : « Voulez-vous, s’écriait-il, que je l’adore, votre constitution, que je tombe à genoux devant elle? Ouvrez la porte à ces 200 000 citoyens que vous appelez suspects. » Dans le n® 5 du Vieux Cordelier (25 décembre), il exécute une charge à fond contre ces deux génies de la Terreur, Collot et Barère ; contre Hébert, qui aurait détourné les fonds de la guerre pour payer son Père Duchêne et dont les amis auraient fait écraser en Vendée l’armée de Mayence ; contre les familiers de Robespierre, contre l’imprimeur Nicolas. Dans les numéros suivants, il s’attaquait à Y incorruptible lui-même, le comparant, injure suprême 1 au girondin Brissot.
Fabre d’Églantine, le véritable meneur de cette campagne contre la politique du Comité de salut public, ne montra pas moins d’audace : on croit qu’à cette époque il écrivait une comédie politique, dont les variations de Robespierre faisaient les frais. Fabre et Philippeaux devenaient embarrassants par l’acharnement qu’ils déployaient contre les Hébertistes : la Convention retentissait de leurs accusations contre Hébert, Vincent, Ronsin, Rossignol, tandis que les Jacobins étaient fatigués des accusations d’Hébert et de Collot contre Fabre, Philippeaux, Camille Desmoulins.
A ce moment la situation peut se résumer ainsi : la devise des hébertistes, c’était la Terreur; celle des dantonistes, la Clémence. Robespierre et le Comité de salut public essayaient de se maintenir entre ceux qu’ils appelaient les exagérés et les modérés, en prenant pour mot d’ordre : la Justice. Or le Comité était attaqué à la fois par les dantonistes et par les hébertistes, dont une députation, pour
mieux Talteindre, venait demander à la Convention la mise en jugement de 73 Girondins.
Collot était revenu de Lyon : il apportait le moulage de la tête de Châlier, reproduisant la triple entaille de la maladroite guillotine des Girondins. Le suicide d’un autre exalté lyonnais, Gaillard, qui, en entendant parler de clémence, avait « désespéré de la Révolution », ajoutait encore à la surexcitation. Contre la trinité des « gens révolutionnaires » , reconstituée au sein du Comité par l’arrivée de Collot, Robespierre se voyait isolé, ne savait où prendre un point d’appui. Il dut subir à la Convention la semonce de Billaud, qui, appuyé de Collot et de Barére, fit rapporter le décret du 20 décembre établissant le comité de justice (26 décembre).
Les Jacobins, sous l’influence de Collot, étaient revenus aux idées terroristes. Pendant trois séances, ils examinèrent les numéros du Vieux Cordelier, et le 10 janvier prononcèrent l’exclusion de Camille Desmoulins. Robespierre intervint alors et le fît maintenir pour la seconde fois. En revanche, il dénonçait aux Jacobins Fabre d’Églantine, qui, le 13 janvier, était arrête par ordre du Comité de sûreté générale comme complice de Chabot dans une affaire de concussion. D’autre part, Ronsin et Vincent, arrêtés en décembre sur une dénonciation de Fabre qui fut reconnue fausse, étaient mis en liberté le 2 février.
Ainsi donc, Robespierre se trouva ramené, malgré lui, dans la Terreur, et dans la Terreur il allait trouver la toute-puissance suivie d’une chute tragique.
Robespierre, avec son esprit étroit et soupçonneux, ne comprenait qu’un côté de cette Révolution, alors si complexe, si vivante, qui remuait tous les problèmes à la fois : le problème religieux avec Chaumette, le problème européen avec Clootz, le problème social avec Jacques Roux. Cette lave enflammée d’idées et de passions, il entreprit de la figer avec la Terreur jacobine. Il prétendit faire une Révolution à son image, sèche, froide, négative. Dans
LA CONVENTION
son fanatisme à rebours, il voulut l’enfermer en un dogme, épurant, comme il disait, les personnes et les doctrines, traitant en hérétique tout ce qui était en deçà ou au delà de son orthodoxie, usant de la guillotine comme l’Église avait autrefois usé du bûcher, jalousant à la fois les généraux victorieux, les penseurs, les orateurs, citant toutes les manifestations séditieuses de l’idée révolutionnaire devant un concile à lui, le club des Jacobins, provoquant les radiations comme des excommunications, sachant d’avance que l’anathéme jacobin serait sanctionné par le bras séculier, c’est-à-dire par le tribunal révolutionnaire.
Il s’appuyait sur les Jacobins pour asservir la Montagne; car il faut bien distinguer ces deux mots que l’on confond ordinairement. La Montagne était la Révolution même; dans la variété infinie de ses représentants, elle en personnifiait toutes les aspirations. Les Jacobins, au contraire, étaient devenus, sous l’influence de Robespierre, une secte, une petite église. Carnot, Cambon, Danton, Desmoulins, Merlin de Thionville étaient des Montagnards, et non des Jacobins. Leur puissante nature dépassait l’honnête médiocrité du club : ils lui étaient suspects. Robespierre, probe et pauvre, vivant simplement chez le menuisier Duplay, incorruptible et impeccable, défiant de toute supériorité, était au contraire l’homme des Jacobins, et c’est à leur mesure qu’il entendait mesurer la Révolution.
Chose singulière, Robespierre, au temps de sa plus grande puissance, quand il dominait la Convention par la terreur, se sentait dépendant de la Convention, car elle était la Loi ! line la décima que par les décrets qu’elle consentit à voter. C’est légalement qu’il perdit les Hébertistes, les Dantonistes, tous ses ennemis. Il ne gouverna jamais que par la majorité, n’administra que par la loi, n’agit que par la parole et la discussion, par les seuls moyens autorisés dans l’État le plus libre. Il eut, dans les plus grandes violences, dans les situations les plus extrêmes.
des scrupules de légalité. Sa dictature fut surtout d’opinion, de persuasion, d’autorité morale : elle fut une sorte de pontificat entre les mains d’un homme « vertueux », (( sensible », fervent disciple de Jean-Jacques Rousseau, croyant sincère de l’Être suprême et de l’immortalité de l’âme. Le jour où la Convention, c’est-à-dire la Loi, se retira de lui, il se laissa mourir, plutôt que de recourir à un coup d’État, à la force illégale. A ce point de vue, il fut un personnage presque unique dans l’histoire. Exerçant la plus effroyable tyrannie, il resta un citoyen, de même qu’en étant l’homme de la Terreur, il se piquait de rester un philanthrope.
Le 5 février, Robespierre lut à la Convention un rapport où il signalait les deux factions extrêmes qui menaçaient la République : « L’une nous pousse à la faiblesse, l’autre aux excès ; l’une veut changer la liberté en bacchante, l’autre en prostituée. » Il définissait la Terreur en ces termes : « Elh, n’est autre que la justice prompte, sévère, inflexible. » Peu de jours après, Robespierre et Gouthon tombèrent malades, ne parurent de quelque temps ni à la Convention ni aux Comités. Les Hébertistes profitèrent de leur absence : aux Cordeliers, ils déclamèrent contre la Convention, contre les Comités, et contre « les hommes usés », c’est-à-dire contre Robespierre et Gouthon.
Mais le 25 février, le troisième membre de la trinité robespierriste, Saint-Just, revint d’Alsace : d’abord il tenta de désarmer les Hébertistes, offrant à Vincent une place de commissaire-ordonnateur à l’armée du Nord et à Ronsin un poste de général aux frontières. Sur leur refus, il les attaqua le lendemain à la Convention, dans un discours qui dut leur donner le frisson : il déclarait qu’il ne connaissait que la Justice, mais la définition qu’il en donnait faisait pâlir la Terreur hébertiste, car sous le nom de Justice, c’était sa Terreur à lui qui était érigée en système permanent et régulier de gouvernement.
Saint-Just menace à la fois les modérés et les exagérés :
LA CONVENTION
il se plaint qu’on ne punisse point les coupables et les dantonistes à leur tour commencent à ne plus se sentir innocents. Le Vieux Cordelier savait bien que c’était à lui que s’adressaient ces paroles : (( La cour pendait dans les prisons; les noyés que l’on ramassait dans la Seine étaient ses victimes ; il y avait 400,000 prisonniers ; on pendait par an 15 000 contrebandiers; on rouait 3000 hommes ; il y avait dans Paris plus de prisonniers qu’aujourd’hui... Parcourez l’Europe ; il y a en Europe quatre millions de prisonniers dont vous n’entendez pas les cris... Citoyens, par quelle illusion vous persuaderait-on que vous êtes inhumains? Votre tribunal révolutionnaire a fait périr trois cents scélérats depuis un an ! Et l’inquisition d’Espagne n’en a-t-elle pas fait plus? Et pour quelle cause, grand Dieu ! Et les tribunaux d’Angleterre n’ont-ils égorgé personne cette année ? Et Bender, qui faisait rôtir les enfants des Belges ! Et les cachots de l’Allemagne où le peuple est enterré! on ne nous en parle point? Parle-t-on de clémence chez les rois de l’Europe ? Non ! ne vous laissez point amollir ! »
Puis, se retournant contre les terroristes : « Que de traîtres ont échappé à la Terreur, qui parle, et n’échapperaient point à la Justice, qui pèse les crimes dans sa main! La Justice condamne les ennemis du peuple et les partisans de la tyrannie parmi nous à un esclavage éternel : la Terreur leur en laisse espérer la fin. » Dans la bouche de Saint-Just reparaissait la menaçante formule de Robespierre : Vépuration : « La société doit s’épurer, disait-il. Qui l’empêche de s’épurer la corrompt. Qui la corrompt veut la détruire. » C’était l’annonce de la guillotine en permanence.
Les Hébertistes furent les premiers qui se placèrent imprudemment sous le couteau. Le club des Cordeliers, où ils étaient devenus prépondérants, voila d’un crêpe la Déclaration des droits. Leurs orateurs, Vincent, Hébert, Boulanger, Momoro, attaquèrent les Comités. Carrier, revenu de Nantes, proposa contre eux une « insurrection morale » .
Ronsin, le fanfaron général de l’armée révolutionnaire, traîna son sabre dans les rues de Paris. Robespierre cependant était revenu au Comité. Le 15 mars, un coup de foudre tomba sur eux : ce fut le rapport de Saint-Just dénonçant le (( parti de l’étranger ». Le soir, ils étaient tous arrêtés par Hanriot. Ils furent traduits devant le tribunal révolutionnaire comme « agents de l’étranger »; bien mieux, comme royalistes !
Pour donner couleur à leurs prétendues relations avec l’ennemi, on leur adjoignit quelques étrangers : mais ces étrangers étaient de vrais patriotes qui avaient combattu avec nous pour l’affranchissement de leurs concitoyens : le Hollandais Kock, père du célèbre romancier Paul de Kock, qui avait appelé les Français, et levé pour nous une légion batave ; Anacharsis Clootz, cet Allemand qui avait voulu la réunion des provinces du Rhin à la France et prêché la république universelle. Un de ses derniers mots fut celui-ci : « France, guéris-toi des individus! » trop justifié par la dictature de Robespierre, par celle de Bonaparte.
Le 24 mars, exécution de vingt et un Hébertistes. Sur l’échafaud, les pires d’entre eux furent touchés comme d’un rayon d’en-haut. Ils montrèrent bien qu’on les avait calomniés en les accusant de royalisme. « Ce qui me tue, disait Hébert, c’est que la République va périr. — Non, répondit Ronsin, elle est immortelle I »
Ayant frappé ce coup sur les exagérés, il était trop évident que les Comités en allaient frapper un autre sur les indulgents, Ceux-ci crurent d’abord que la ruine des Hébertistes allait profiter à leur propre parti. Le 19 mars. Bourdon de l’Oise avait fait rendre à la Convention un décret ordonnant l’épuration de la Commune de Paris; le lendemain, il fit voter l’arrestation de Héron, agent du Comité de sûreté générale ; mais, sur l’intervention de Robespierre et de Couthon, la Convention rapporta le décret d’arrestation. Cependant les Danlonistes semblaient près
LA CONVEiNTION.
d’etre les maîtres de la situation : Tallien venait d’être porté à la présidence de la Convention, Legendre à celle des Jacobins. Les Comités se sentent menacés, et Robespierre se décide à perdre Danton.
Dans la nuit du 29 au 50 mars, les deux Comités signent, à Tunanimité des membres présents, moins Lindet, Tordre d’arrêter les Dantonistes. Danton, qui habitait Sèvres, avait été averti de ce qu’on tramait contre lui : « Eh bien ! répondit-il, j’aime mieux être guillotiné que guillotineur. » il pouvait fuir, se cacher. « Bah ! s’écria-t-il, est-ce qu’on emporte la patrie à la semelle de ses souliers ? » Desmoulins aussi se savait en péril : ayant un jour Brune à déjeuner, il lui dit en latin, pour n’être pas entendu de sa femme : « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons. ))
Le 31 mars, Danton, Desmoulins, Lacroix, Philippeaux, sont arrêtés. On les conduit au Luxembourg, où ils trouvent Fabre d’Églantine, Thomas Paine et Hérault de Séchelles, arrêté précédemment sous la prévention d’avoir caché un émigré; puis à la Conciergerie, où ils retrouvent Chabot, Bazire, Westermann.
Le procès qu’on fit aux Dantonistes fut dans la manière ordinaire de Robespierre, qui voulait déshonorer ceux qu’il faisait mourir. Pour faire croire à l’accusation de vol, on leur avait adjoint quelques hommes tarés; et de même que pour les Hébertistes, quelques étrangers : l’Allemand Frey, l’Espagnol Gusman, le Danois Diedriksen. Les jurés du tribunal révolutionnaire furent triés avec soin, la défense étouffée, tous les procès-verbaux mutilés ; mais, malgré les falsifications, ils témoignent de la fière attitude des accusés. Quand le président Herman lui posa les questions d’usage, Danton répondit: « Mon nom est Danton; mon âge, trente-cinq ans; ma demeure sera demain le néant; mon nom restera au Panthéon de l’histoire. — Et moi, dit son ami, je suis Camille Desmoulins ; trente-trois ans , l’âge du sans-culotte Jésus. » Les jurés eux-mêmes
furent émus de voir devant eux l’homme qui avait fait le 20 juin, le 10 août, renversé la royauté, lancé la guerre des peuples, et l’homme qui, en juillet 1789, avait mené •le peuple à l’assaut de la Bastille et, en 1791, demandé l’un des premiers la République. Topino-Lebrun prit à part un de ses collègues dont le cœur défaillait, et, invoquant la raison d’État : « Ceci n’est pas un procès, lui ditil, c’est une mesure. Deux hommes sont impossibles ; il faut qu’un périsse. Veux-tu tuer Robespierre? — Non ! — Eh bien, par cela seul, tu viens de condamner Danton. »
Danton, dans sa prison, n’eut qu’un regret, sa jeune femme; qu’un souci, l’avenir de la République: « Encore si je laissais mes jambes à Couthon et mon énergie à Robespierre, dit-il, cela pourrait marcher quelque temps. » Sur l’échafaud, comme le bourreau l’empêchait d’embrasser Hérault : « Imbécile, lui dit Danton, tu n’empêcheras pas nos têtes de se baiser dans le même panier. » Camille regarda le couteau sanglant : « Digne récompense, dit-il, du premier apôtre de la liberté ! » et il chargea le bourreau de faire parvenir à sa femme une mèche de ses cheveux. Quand ce fut le tour de Danton, il dit à l’exécuteur : « Tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut la peine! » (5 avril.)
La mort de Danton fut le crime inexpiable de Robespierre et de ses amis. En détruisant les Dantonistes et même les Hébertistes, ils avaient tué deux forces vives de la Révolution. De ce moment date le commencement de la réaction; elle se poursuivra contre Robespierre lui-même en thermidor ; contre les vainqueurs de Robespierre après thermidor, jusqu’à ce qu’elle aboutisse au coup d’État, au Consulat, à l’Empire. Quand les vivaces partis dont se composait la Convention eurent été décimés, les Girondins au 31 mai, les Hébertistes au 24 mars, les Dantonistes au 5 avril, les Robespierristes en thermidor, les derniers Montagnards en prairial, la Révolution se trouva décapitée. Les vaillants qui avaient siégé aux Comités, les repi ésen-
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tants qui avaient conduit les armées à la victoire, les pères di la Révolution, les héros de la République étaient morts :
uanion et Camille Desmouhns à l’échafaud.
le reste n’avait plus qu’à fléchir devant un maître. Robespierre, à son insu, travaillait pour Ronaparte.
▲. RAMBAÜD.