CONCLUSION
Avec le 18 brumaire se termine Thistoire de la Révolution : ce qui suit, c’est l’histoire du gouvernement personnel, quelque nom qu’il porte. Consulat ou Empire. Les destinées de la France sont dès lors aux mains d’un homme ; or notre tâche était seulement de faire revivre l’époque où les destinées de la France étaient aux mains de la France. Grande époque, quels qu’aient été ses misères ou ses excès, glorieuse et féconde entre toutes. Alors c’était le peuple qui était debout pour assaillir la Bastille, pour défendre la frontière contre les rois étrangers, pour leur renvoyer la terreur que leurs manifestes prétendaient répandre chez nous. Alors la tribune de la Constituante, de la Législative, de la Convention, cette tribune que le 18 brumaire allait rendre muette, retentissait de paroles que le monde n’avait jamais entendues, qui allaient au cœur de tous les peuples, et qui formulaient pour toutes les nations les principes du droit moderne. Alors le bruit des batailles n’étouffait pas la voix des orateurs : aux victoires de Kellermann à Valmy, de Dumouriez à Jemmapes, de Jourdan à Wattignies et à Fleurus, de Hoche à Landau, répondaient l’éloquence des Vergniaud, des Brissot, des Isnard, des Danton, le fécond