LITRE TREIZIEME
• dîgaîté ^urraît porter et jiislîfier l'impriidènce? Nous
I aVODs entendu un de nos orateurs vous proposer, si ' l'Angleterre Taisait à l'Espagne une guerre injuste, de
II franchir sur4ek!bamp tes mers, de renverser une nation i[ snr l'astre, de jouer dans Londres même, avec ces fiers
■ Anglais, an dernier écu, au dernier homme, et nous Il avons tous applaudi !...
« Voyez les assemblées politiques, c'est toujours sous >r l'emfHre de la passion qu'elles ont décrété la guerre.
t Vous le connaissez tous, ce trait d'un matelot anglais "■ qui fit décider la guerre en ^^iO. Quand les Espagnols, « dit-ii, m'ayant mutilé, me présentèrent la mort, je re- •f commandai mon âme à Dieu et ma vengeance à tna patrie. C'était un homme bien éloquent que ce matelot; « mais la guerre qu'il alluma n'était ni juste ni politique : ■> ni le roi d'Angleterre ni les ministres ne la voulaient; « l'émotion d'une Assemblée, quoique moins nombreuse
■ et |das assouplie que la nôtre aux combinaisons de l'in- « sidieuse politique, en décida,
< II est nii autre genre de danger qui n'est propre qu'au 'c corps l^slatif dans l'exercice du droit de la paix et de « la guerre : c'est qu'un tel corps ne peut être soumis h ■u aucune espèce de responsabilité. Je sais bien qu'une vieil timeestuh faibledédommagement d'une guerre injuste;
■ mais quand je pttHe dé responsabilité, je ne parle pas u de wngsance. Ce ministre que vous supposez ne devoir '<< se coAdvlre que d'après son capriee, un jugement l'at-
■ tend, sa léle sera le prix de son impl'udence. Vous avez « «U'des Louvols sous le despotisme; en anréz-vous encore u sous le régime de la liberté?
" On parle du frein de l'opinion publique pour les rc- .i\ présent ^ts de la nation; mais l'opinion publique, sou- •1 vent égarée, m^E par des sentiments dignes (TÈIoges,
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m LES COHSÏinrANTS.
I' ne servira qu'à les séduire; mais l'opinîoB )HiUique ne K va pas atteindre sêparém^t cbtHfoe membre d'une ■ t;ran(Ie assemblée. . ■
« Ce Bomsiin qui, portant la guerre dans le pli de sa " toge, meitaçait de secouer en la déroulant tous les Seaux u de la guerre, celui-là devait sentir toute l'importance de Il sa mission; il était seul, il tenait dans ses mains une » grande deslioée, il portait la terreur; mais le sénat i> nombreux qui l'envoyait au milieu d'une discussion ora- « geusc et passionnée avait^il éprouvé ce stlutaîn effroi Il que la guerre doit inspirer? On vous l'a déjl dit, voyez n les peuples libres, c'est par les guerres les pins anibi- ' lieuses, les plus iniques et les plus barbares qn'Hs se » sont toujours signalés. »
Averti par les murmures du parti populaire, il prend un élan d'inspiration dans la vérité.
•I Noire constitution n'est point encore affermie; on peut >i nous susciter nne guerre pour avoir le prélexle de dé- " ployer une grande force, et de la tourner bientôt conU-e,
• nous... Eh Lien, ne négligeons pas css.eraintes^ mais dis>
* tingiions le moment présent des efTets. durabl<S:d!une Il conslilulîon, e( ne rendez pas éternelles les digpositiAns " provisoires que la circonstance extraordinure d'ane « grande convention nationale pourra vous suggérer. Mais Il si vous portez les délîsnces du préEWttt dans, l'avenir^ H prenez garde qu'à Torce d'exa^er les craintes nousne
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. UVRE TREIZIEME. Uî
H les préservatifs pires que lcsmitvx,clqQ'nDlîcn ..u :d'unir les tâtoyens fiar la liberté noas ne- les divisions en
■ deux partis toujours prêts à conspirer l'un contre l'au- « Ue. Si â ohMtue>pas DD no«8 ntenaoe de fa résurrection n. ds detpQtÎEme écrasé, si l'on sons oppose sftns cesse les 'j<, dangers d'nnetrés^et^lMtrtie de la force publîi^uc, Il rwl^é (dvsîears milliims d'hommes a^tné&'po1I^ la con- :<> slitulioi), :«|a.di fttttTe ntoyeit nous reste^-il? Périssons •> ,daBS ce montât tfu'oa ébranle les voûtes de celemple! », et noucou aujourd'haî libres, si nous devons Aire •> eseUtvesJdeBaiDVi
ilIrèfiiU Mtsnile, en quelques rapides illuminations, les objeetMns prévues par lui contre son système du concours des deux pouvoirs à un même acte qu'il a lui-même montré indivisible, k On objecte enfin, » dit-il, « une si grande « autorité donnée A un citoyen. Je vous demande encore, » répond-il aus pensées adversaires A l'autorité monarchique, « ne transportez-vous pas précisément là , aux mo- •I narchies, l'inconvénient des républiques î Car c'est snr- « tout dans les Étals populaires que de tels succès sont à
■ craindre. C'est parmi les nations qui n'avaient point de « rbis (fte ces succès ont fait des rois. C'est pour Carlhage, u c'est pour Rome, que des citoyens tels qu'Anuibal et û.CésBrétaientdangereux: Tarissez l'ambition ^faifes qu'un « m'i)'»it àregrétter queceqne la loi ne peut accorder;
■ faked de la nmgisii'ature du monarque ce qu'elle doit - Httii et Bè-eraigBeK'pluS qu'un roi rebelle, abdiquant v- lui-même «H ctnirbnne, s'«xpose à courir de la Victoire A «l'échafaudli. - .
' .Aices'nols^ oenéne'd'Bspfém^nil.'qui r&chetâUsa violenté fhctîflUBe cflntre té roi q^andit était l'iMolenHHbun d«TOBX pwlerMirtj pap^ùne-violence égale étiillrelea pârtinat -d'ttnb'libertéi plébdtibnb, Vlnsin-g»- contre l'tiràtéur
. Coog[e
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et demande qu'il soit rappelé ou respect des^nes.'Les fanatiques delà droite s'associent, par leurs ballemeilts de mains, à l'indignation de d*Espréniënil ; :)a gamihe sondent l'orateur qae l'ingratîlnde des monarchistes int rejette.
Mirabeau regarde d'nn air menaçant la droite, etreconqnici-t d'un mot hardi la faveur qu'il a perdue dans le parti populaire.
« Je me garderai bien de répondre à l'inc)l1[Kltton de « mauvaise foi qni m'est faîte; tous avez tous entendu ma « supposition d'un roi despote et révolté, qui vient «vec « une armée de Français conquérir la place des t7»ns. u 'Or, un roi dans ce cas, n'est plus nu roi...
« Il serait difficile et inutile'de continnerunediseussion <> déjà bien longue aa mlUeu d'applaudîssenmts' et d'in- - probatiens également exagérés, également injustes. J'ai « parlé, parce que j'ai cru le devoir dans une occasion « aussi importante.
■ Je ne dois à cette assemblée que ce que je croîs là vé- « rité,et je l'ai dite. Je l'ai dite assez fortement peut-Gtre ■' quand je parlais contre les puissants : je serais indigne » des fonctions qui me sont imposées , je serais indigne » d'être compté parmi les amis de la liberté si je dfsslmu- <i lais ma pensée quand je penche pour un parti mitoyen ■ entre l'opinion de ceux que j'aime et que j'honore, et l'avis •> des hommes qui ont montré le plus de dissenfitnétit avec « moi depuis le commencement de cette assemblée. «
Il termine enfin avec une modestie feihle qui stmblè implorer l'indulgence de la nation, et s'excuse ife son génie insuffisanl â une telle tâche. , r ■
* Je vais vous lire mon projet de décret, ■ diUl. " Il « n'est pas hon ; un décret sur le droit de la paix H de la « guerre ne sera Jamais complet, ne sera jamais vérîla- « blement h code moral du droit des 'gens , qd'àlors que
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■ VOUS aurez ooDstitutioanellement organisé l'armée, la Il flotte, les linances, vos gardes nationales et tos colonies. "■ il e&l donc bien médiocre, mon projet' de décret; je dé- « sire f ivement qu'on le perfectioonet je désire qu'on en ' fiiTApose un veilleur. Je ne chercherai pas. à dissimaler
• le sentiment de défiance avec lequel je vous l'apporte; je
< ne cacherai pas même mon profond regret que l'homme I qui a posé les bases de la constitution et qui a le plus
< contribue à votre grand ouvrage, que l'honime qui a ré- ' vêlé au monde les véritables principes du gouvernement
• représentatif, se condamnant lui-même â un silence que ' je déplore, que]» trouve coupable, à quelque point que i ses immenses services aient été méconnus-, que l'abbé t Sieyésl... je lui demande pardon, je le nomme... ne >. vienne pas poser lui-ménie dans sa constitution un des i> i^lus. grands ressorts de l'ordre social. J'en ai d'autant i> plus de douleur, qu'écrasé d'un travail trop au-dessus «■ de mes forces intellectuelles, sans cesse ravi au recucille-
• ment et à la méditation, qui sont les premières puissan- 1 œs de l'homme, je n'avais pas porté mon esprit sur celte ' question, accoutumé que j'étais à me reposer sur ce > grand penseur de l'achèvement de son ouvrage. Je l'ai
I pressé,^ conjuré, supplié au nom de l'amitié dont il * , m'honore, au nom de l'amour de la patrie, ce sentiment
< bien autrement énergique et sacré, de nous doter de ses ' idées,de ne pas laissercette lacune dans la constitulion. » I| m'a refusé; je vous le dénonce. Je vous conjure à mon
< tour d'obtenir son avis , qui ne doit pas être un secret ;
■ d'arracher enfin au découragement un homme doni je
II regarde le silence et l'inaction comme une calamilé pu- I bljqiie.
■ Après ces aveux, de la candeur desquels votis me K saurez, grè du moins, vouiez-voiis me dispenser de lire
m LES CONSTITUANTS.
« monprojet de décret? J'en serai reconnaissant. > (On dit de tau tes parts : Lisez Misez!) «Vous Toulez que jeté lise? H Souvenes vous que je n'ai fait que tous obéir, et que j'ai t eu le courage devons déplaire pour vous servir. i<
Le projet de décret mixte et spécieux , mais en réalité impraticable, masquait la question sans la résoudre ; mais le discours , qui avait merveilleusement répondu à l'embarras de la nation, décbirée entre deux vérités : l'une monarchique, l'autre républicaine, et qui ne voulait se décider ni pour l'une ui pour l'autre, retentit dans la France et dans l'Europe comme l'oracle de l'État. Quant à l'éloquence, elle élève Uirabeau au-dessus du regard de l'enthousiasme. Nul, excepté Barnave, ne semblait capable d'aller le combattre si haut; mais l'Ruvie qui rampe chez les hommes médiocres a aussi des ailes chez les hommes supérieurs. Barnave le lendemain, encouragé par les Laraeth et par le parti populaire, et fort du terrain solide de la démocratie qu'on lui avait laissé, osa corps à corps s'attaquer à Mirabeau. Barnave avait pour lui la raison s'il avait été républicain, mais comme sophiste coastitutionnel il avait encore la faveur populaire. 11 s'éleva dans ce discours à la hauteur de la vérité et de la popularité réunies pour lui faire un triomphe. Ce jour seul lui valut la renommée d'un siècle parmi les orateurs. C'est une gloire de rivaliser seulement une heure les hommes immortels.
Sans perdre ses forces et sa tallU dans una lutte d'idées, de çon^déralîoiis et de passions avec itn. homme qui rape-
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