LIVRE DIXIEHE. 3S
■ sans danger; mais il ne Taut pas s'imafiner pouvoir
■ sortir d'un grand péril sans péril, et toutes les forces
■ des hommes d'État doivent tendre en ce moment A pré-
■ parer, diriger, tempérer, limiter la crise, et non à empé-
■ cher qu'il n'y ait crise. »
Il concluait en conseillant précisément le dernier parti, dont il avait énuméré les dangers, celui de l'éloifpiement du roi de Paris.
« Mais après avoir constaté le défaut de liberté, préparé u l'opinion, rallié l'Assemblée A cette nécessité, organisé
■ en échelons un corps de dix mille hommes entre Paris
■ et-Rouen, ces précautions prises, le roi partirait en plein « jour da château et se replierait sur la capitale de la
■ Normandie. Le roi en partant publierait un appel à ses
■ peuples contre les violences de Versailles et de Paris; il
■ renouvellerait sa sanction libre aux principaux actes de « l'Assemblée; il la refuserait aux autres; il appellerait « les députés de la nation autour de lui pour achever
■ l'œuvre. Si l'Assemblée désobéissait, ses actes seraient <■ frappés de déchéance, et il en convoquerait une autre.
■ Si elle se réunissait à lui, ils feraient ensemble la révou lulion et la constitution. Le moment opportun pour cette B démarche serait indiqué par )a première violence de u Paris, qui soulevait l'indignation des provinces. ■
Telles étaient en abrégé les idées que Mirabeau présentait m nA dans le premier Hëmoire, idées tardives qui ne fai-
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découvrait pour sauver la cour ^ua- deÀ cçfnjtclqre^ldes l^)l|iet^tBi Hesi btsards^ d^s: cÛnènEai .Oiria: bcancNip ^éHHnéldtt'^énie: i1a8lBAitatem.'(lA,'lEi moambie lie Hiia^ beau, depuis la découverte de ses papiers seeralSiàdoixAnH' itns àasa totoht; tnak qOet^ùe pvMl que fét fe .jéaife, et Aol D)î L'a vâsMinu aussi iitfaillâiiJe^HtenâasïiilnéfMUfbit ^ tvtttr av«e l'impossibie. ':
Unefoit tesiétaUgénéraiix caiivtic|uéa^L(a'tto}letenlativ8 iv {oup d'état déjouée peit l'im^tic oiilitaIre.«{ la roi conquis par Iai Fttyelte A VersajUest liCMiis XYl était d4ns llipjtoitiblb. Sa coudesC£itdaM« i^voJutiDatmre 8ii[W'b«r> nés l^TJlissait, la fuite ie détrtottt, la lulte.aonode :et perfide contre la Bévolsikiii i'ixGi'iviiidil; lajifttte (MHéfle avccIanaliaaiè.(Ju8Jt. U n'y avait: phis.pMritàqU'i •bdt' qmxi ÀsadésboBoreroàd mouriez Hûubéeiideijlvlè^jtlns claïjcveyiatl dé le Toir et plus feaacde la dire; nûia il: na pouvait. se pennader à ïtii'inâUB.(pie-sa.forl&. m^ri-ns sul&rwt paa.eneove pour, ndever cë:qiil â'éerou)silidsi!énl lui; pcaMLreau»tiieditailr<il pa^dans ceMémoIreiksftiDd de sa pensée, que rou.entrentlL allléDrsidMiii se^;«itt'e>' tiens. Un accès de f;uerre cifile ne lui paraissait pas, il l'avoue franchement, le pire des remèdes à la situation, et quand on lui objectait que te-roi n'avait ni trésor ni armée : « Les guerres civiles, n disait-il, •> se font toujours sans . ■ argent. >•
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LIVHE DIXIEME.
Le comte de la Harck se chargea de remettre ce Mémoire à la reine par le comte de Provence. Inconnu â ce prince, il en obtint une entrevue secrète au Luxembourg. Ce palais était aussi surveillé que les Tuileries par la Fayette et par le peuple. Il fallait emprunter la nuit et les déguisements pour ne pas éveiller les soupçons et les conjectures. Le duc de la Châtre, premier gentilhomme et confident du prince, introdnisit le comte de la Harck à deux heures du malin chez son maître.
La Marck fît aisément sentir au frère du roi, admirateur dn génie et partisan des opinions constitutionnelles, combien le plus grand des orateurs et le plus puissant des tribuns pouvait être funeste à la monarchie et à la cour si on négligeait de s'assurer le concours qu'il ofi'rait de loiinéme an salut du roi et au rafi'ermissemenl des choses. « J'ajoute, raconte la Harck, en insistant sur le prix d'un « auxiliaire, que j'avais connu Mirabeau bien avant la » Révolution; que je l'avais suivi de près depuis l'ouver- 1 ture des étals généraux, dans le but de le rendre utile •I aux intérêts du roi; qu'il était faux qu'il eut jamais
■ appartenu au parti d'Orléans ou qu'il eût trempé dans « le complot des S et 6 octobre; que loin d'approuver la
■ violence qui avait conduit le roi à Paris, il regardait au « contraire le roi et la France comme perdus sans res- K source si l'on ne parvenait pas à faire sortir Sa Majesté
■ da celte dangereuse ville, et que pour preuve de ce que « j'avançais, j'étais porteur d'un Mémoire rédigé par Mira- 1 beau lui-même, entièrement écrit de sa main, et dans
tu GOMTITMIIM- 3. i
88 LES COHSTITUAHTS.
u leqael il prêseatait les moyens qui, dans son opinion, " devaient être employés pour sauver le roi et la monar- 11 chie.
u Monsieur m'avait attentivement écouté; il approuva X ma conduite, prit ensuite t'écrit que j'avais en main, et u le lut devant moi en me faisant parfois des observations, < soit sur des passages qui manquaient de clarté, soit snr •I les mesures proposées, et qui lui paraissaient être d'une •• exécution difficile. Il n'hésita cependant pas à me dire u qu'il approuvait en général le plan proposé^ mais qu'il M était d'avance convaincu que le roi ne consentirait point u à l'adopter.
n J'engageai alors Monsieur à en parler à la reine, qui, u une fois persuadée, obtiendrait peut-être l'assentiment Il du roi. — « Vous vous trompez, me dit-il, en croyant " qu'il soit au pouvoir de la reine de déterminer le roi " daus une question aussi grave. « Je répliquai qu'il fal- <• lait donc reconnaître que tout était perdu, si l'on ne « pouvait compter ni sur la résolution du roi ni sur l'inu fluence de la reine. Le prince insista sur le peu d'in- « fluence réelle de la reine « qu'il flattait, mais qu'il ■I n'aimait pas, et sur la faiblesse incurable da rd, dont « l'inconsistance de caractère trompait tous les plans en « sa faveur. II compara les idées mobiles de son frère à « des boules d'ivoire huilées qu'on s'efforcerait vainement H de cimenter ensemble. "
Soit que le comte de Provence, qui aspirait pour luimême, et non sans 'raison, au titre d'homme d'Etat et A la domination absolue des afi'aires, vit avce peine l'influence que pouvait prendie un homme tel que Mirabeau sur le conseil ; soit qu'il partageât les déflances générales ct^ntre ce dangereux auxiliaire, il découragea entièrement le comte de la Marck et se borna à entretenir avee Mirabeau