‹ Histoire de la Révolution Française, 1789: Les constituantsChapitre 13 sur 117 · LIVRE DIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIEME

« conaeil. La Fayette me prend la moitié de mes traits; il « fout que je travaille. Tout le inonde viole mon loisir. Ma « carres ponda née est immense. La chose pubiiqse est « entièrement perdue si on ne se décide pas au bien.

u Si mille louis vous paraissent indiscrets, ne les de- « mandez pas ; mais telle serait mon ui^ente néeessllê. Il u ne me convient ni d'être avide ni d'être dnpe, Je garde h autour de moi trois hommes de premier ordre, dont

■ âetix, Dumont et Ditrovenay, seraient, si je ne les gar- <c dais pour mes travaux , déjà retoarnéa en Angleterre. »

Pendant eet échange de lettres, Talon et Sémonville orgahisaient ou feignaient d'organiser on né sait quelle surveillance de police dont les anecdotes sont transmises à la Marck pottr Mirabeau, Afin que Mirabeau en l'épaisse la curiosité àé la Fayette. Les lenteurs de la négociation impatientent Mirabeau. « Il n'a parlé de moi que ee matin à la <t reine, » écrit-il le 30. octobre; « il m'a paru, à vrai <> dîre« moins décidé que jamais et succombant mus la H fatalité de ses indécisions... Pour moi, je rentre dans la

■ liée (la tribune), bien décidé à n'y p^ perdre un pouce •I de terrain (ce qui importe au roi et A la l'élite eux-

■ mêmes, s'il est vr^ qu'Us me croient nécessaire ), et bien

■ convaincu, du reste, que tout croulera d'ici à détix mois, « on trés-peu plus tard. »

u Je fais des vœux pour que Mirabeau soit de bonne H foi ; ce sera peut-être ta première fois de sa vie, >• dit Talon à la Marck la veille du dénoûment de celte négociation, où la Mavcb seul est désintéressé et franc dans son dévouement à la reine , dans son attachement â Mirabeau. Le S8, tout est consommé. On lit, dans un billet de la Harek A Mirabeau , sous cette date, en sortant d'une entrevue avec la Fayette : « La Fayette vous remettra cin- ■I quante mille francs, et vous montrera un projet de lettre

« do roi à TOUS. Acceptez tout cela. C'est un dédommage- •I ment de ce qu'en ce momeot vous ne pouvez pas entrer H au ministère. Vos ennemis en comploteront davantage « avec vous. Vos affaires ne vous laissent plus d'embarras u subalternes ; vous serez tout entier ce que vous valez , " c'est-à-dire supérieur â tous! >>

Le surlendemain, Mirabeau a vu la Fayette ; il l'a trouvé, dit-il, » soucieux, mécontent, découragé; à peine m'a-l-il u effleuré, moi. Je lui ai parlé de la lettre du roi. Il m'a » fait ce malin un envoi d'argent ridicule et sans motif, « qui ne me fournit pas de quoi me dégager envers vous...

■ A quoi cela sert-il î Pas même au déplacement de \oge- « ment, qui est d'étroite nécessité et de rigoureuse conve- " nance. Quel hommel... quelle destînéet Je crains, du H reste, qu'il ne file bien vite une mauvaise cabale. Il me V semble que nous avons â causer médiation sur des ftiita « récents que je sais des Tuileries!... — J'espère, i> lui répond la Harclt, « que vous aurez renvoyé les vingtrtrois • mille francs!... »

On ignore s'ils furent renvoyés, en effet. Une note de la main de Mirabeau révèle i cette même date le plan et le personnel du gouvernement qu'il poursuivait de coneert avec la Fayette.

« Necker, premier ministre, dit-il dans cette liste

« annotée, parce qu'il faut le rendre aussi important qu'il

« est incapable, et cependant conserver son reste de popu-

« larité au roi.

<< L'archevêque de Bordeaux (Cicé),cbance[ier entouré

■ d'habiles rédacteurs.

•> Le duc de la Rocbefoucauld, ministre de la maison du u roi, avec Thouret pour second.

H Le comte de la Harck, à la marine, parce qu'il a fidéu lité, caractère et exécution.

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