‹ Histoire de la Révolution Française, 1789: Les constituantsChapitre 28 sur 117 · LIVRE DIXIEBIE · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIEBIE

■ l« tribos, une réjouissance publique, et pour les nou- <i veaux citoyens un grand jour : ils juraient an pied des •> asleis de vivre et de mourir pour la patrie. Les effets « de ces institsiions ne sont bien sentis qui; par ceiix qui a ont étudié les véritables crises du eœtir humain; ils

■ savent qu'il est plus imporlnnl de donner aux hommes

■ des mceurs et des habitudes que liei lois et des tribti- H naux. La langue des signes est la vraie langue des législateurs. Tracer une constitution c'est ped de chose; le K grand art est d'approprier les hommes A la loi qu'ils n doivent chérir.

<i Si vous consacrez le projet que je voos propose, V vous pottrrcE vous en servir dans le code pénal, en

■ (terminant qu'une des peines les plus graves pour « les fautes de la jeunesse sera la suspension de son droit i< à l'inscriplioii civique et l'humiliation d'un retard pour K deux, pour trois, ou même pour cinq années. Une peine 11 de cette nature est heureusement assortie aux erreurs de « cet âge, plutôt frivole que corrompu, qu'il ne faut ni flé- « Irir, eommc'on l'a fait trop longtemps, par des punitions

■ arlntraires, ni laisser sans frein, comme il arrive aussi •> quand les lois sont trop rigoureuses. Qu'on imagine u combien, dans l'flgc de l'émulation, la terreur d'une « exelssion publique agirait avec énergie, et comment elle

■ ferait «le l'édocalion le pranier intérêt des familles. Si K la punition qui résulterait de ce retard paraissait un

■ jour trop sévère, ce serait une grande preuve de la « bonté de notre constitution politiqae. Vous auriez rendu u l'étal dccitoyen si honorable qu'il serait devenu ]a pre-

■ mière des ambitions. "

« Je n'ai pas besoin d'ajouter qu'il sera' néteSsaîre de •> donner A oefté adoption de la patrie la plue' grande

■ solennilëi mais je dirai : Voilà les ttUs qtii (Soutiennent

<[ désormais à un peuple libre; voilà les cérémonies patrio- >■■ tiques, el par conséquent religieuses, qui doivent rap- « peler aux hommes d'une manière éclatante leurs droits « et leurs devoirs; tout y parlera d'égalité; toutes les •I distinctions s'efTaceront devant le caractère de citoyen : « on ne verra que les lois et la pairie. Je désirerais que ■1 ce serment, rendu plus auguste par un grand concours •> de témoins, fût le seul auquel un citoyen Trançais pût

■ être appelé; il embrasse tout, et en demander un autre, « c'est supposer un parjure,

■ Je propose donc le décret suivant :

u L'Assemblée nationale décrète que, après l'organisa- •1 tion des municipalités, les assemblées primaires seroni •• chargées de former un tableau de citoyens qui auroni « atteint l'ôge de vingt et un ans, après leur avoir fail

■ prêter serment de fidélité aux lois de l'Élat et au roi.

H nul ne pourra être ni électeur ni cligible dans les assem- « blées primaires, qu'il n'ait ëté inscrit sur ce tableau. «

Le vertige de l'antiquité, qui avait saisi alors la France, et l'accent romain de la motion de Mirabeau firent illusion à l'auditoire. La motion et l'orateur Turent couverts d'applaudissements.

Dès le surlendemain de sa promulgation, la loi martiale fut appliquée à la ville de Vernon, en Normandie. Le peuple venait d'y pendre deux fois un agent de la municipalité

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