‹ Histoire de la Révolution Française, 1789: Les constituantsChapitre 30 sur 117 · LIVRE DIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIEME

la révolution financière, agricole et religieuse, s'agitait dans ce vote si longtemps suspendu : on allait savoir si, après avoir exproprié la noblesse et la féodalité, la Révolution aurait la force d'exproprier l'Église de ses possessions territoriales. La lutte fut des deux côtés digue de la grandeur de la cause. La triJtune, pour la débattre eu face de l'Europe, avait choisi ses deux plus illustres champions : UirabeaH et Haury; Mirabeau représentant la raison., Haury. la possessioq. L'histoire, devant de tels orateurs et deivant i(Be telle cause, doit s'arrêter pour écouter un lOomcDt.la (ribuse.

Uaury, impliquant dés le début, avec une habileté consommée, la cause de la religion et la cause des pauvres dans celle des richesses territoriales du clergé, parut plaider pour Dieu et pour la société, au lieu de plaider pour les intérêts du sacerdoce.

•• Vous n'avez encore rien prononcé, » dit-il, » sur la re- •i lîgion de l'État, et déjà vos discussions se portent sur

■ l'existence civile du clergé. La détermination du culte

■ publie ne devrait-elle pas précéder celle de la spoliation

■ de ses ministres 7 La religion est en effet la seule morale

■ du peuple, et, selon l'expression de Cicéron, la première «.redevance de l'homme easociété.Ët aujourd'hui on vous

■ demande de dévouer i la régénération d'un Étal i peine

■ obéré de cinquante millions de déficit, un corps composé « de cent cinquante mille Français dont la fortune est liée •1 à plus d'un million de familles 1 Et au profit de qui î Au H seul profit des agitateurs des villes qui joueront sur le M capital, et nos propriétés vendues et revendues dans

■ leufs spéculations sans qu'il en revienne rien ni au roi, « ni aul créanciers de l'État, ni au peuple I »

Après s'être étendu longtemps sur l'inanité des résultats

de cette vente pour la.IibËratîou des finances, il passa aux

L)^i.z.iiuGoog[e

» LES CONSTIIOANTS.

titres de propriété et s'efforça de les confcndpe par l'anliquité, la sainteté, la liberté des donations, avec les propriétés communes. Il déclara ensuite que si on dépossédait ie clergé, il fallait restituer ses biens, non à l'État, mais aux donateurs; il énuméra enfin les bienraits qui émaneraient de ces propriétés de l'Église pour la nation, bienfoits dont la source serait tarie par la spoliation.

" fieprésentants augustes de la nation, ■ s'écria-t-il en terminant ce mémorable discours, mais on Ilnlérét de corps trahissait sans cesse le talent; « citoyens députés par " tontes nos provinces, notre cause est le vôtre, et tobs " étfs intéressés à nous défendre contre cette confédération " de l'agiotage qui vcus ruinerait en nous dépouillant. N'i- « mitez pas ces princes que l'histoire accuse de n'avoir été " que les rois de leur cour et non pas de leur peuple; ne ■■ bornez pas vos regards à un seul point, la capitale; " embrassez le royaume tout entier dans Vos combinai- ■' sons. Les dépenses qui nous ont épuisés seront réduites; » un déficit passager, que l'on peut combler par des lécono- " mies et qu'on a la mauvaise foi de vous présenter comme « l'état fixe du trésor public, n'aveuglera ni TOtre raison « ni TOtre patriotisme. Vous n'avez rien â gagner, vous « avea tout à perdre à ce système d'usurpation. Les pro- « vincesdu royaume seraient traitées par les agioteurs qui Il auraient conquis nos biens comme l'ont été jusqu'à pré- « sent vos colonies d'Amérique, et des propriétaires éloi- • gnés ne voudraient connaître que des mercenaires et des " esclaves,

•> On veut rejeter sur le clei^é seul et sur un petit nom- < bre de provinces l'énorme fardeau de la dette nationale. « Vous rendrez-vous il jamais tributaires de ces hommes « avides que nos désaslres ont si scandaleusement enri- ■i chis, et qui calculent les calamités publiques pour en '

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