LIVRE DÏXtSHE
I Guoposer lenr fortune particulière? Les pauvres retotni lieraient sans secours à la charge des riches; les riches
■ seraieut appauvris par noire anéanLissement, si le clergé 1 était immolé aux agioteurs. Nos familles, dont la plui> part ne subsistent que de nos dons, vous paraîtront prè- » férables peut-être â ces cosmopolites usuriers qui, du n milieu de la capitale, tont une guerre continuelle d'ar- K gent au gouvernement et à la nation. Eh 1 comment, à u l'approche d'une saison rigoureuse, dons un moment de ■> détresse, de cherté et d'anarchie, a-t-on le barbare
■ imprudence d'élever une question faite pour porter l'c- •I pouvante dans le cceur de tous les membres du clei^ et u pour tarir la source des aumônes, qui vont devenir si « nécessaires ù l'ordre public?
■ L'action de la force publique est suspendue dans tout H le royaume ; les lois intimidées se taisent devant la mul-
■ titude des coupables ; le peuple est armé, et l'autorité est « désarmée; tout le monde commande, et personne ne K veut obéir; et notre jeune liberté, qui se méconnaît
■ encore, n'est déjà plus que le despotisme de la licence la u plus effrénée. Quelle police, quelle sûreté pouvons-nous < attendre, s'il ne se forme parmi tous tes bons citoyens u tine. noble conjuration pour soulager cette multitude
■ toujours eroissante d'indigents, qui n'ont été contenus.
■ pendant le dernier hiver que par les profusions les plus •> extr«ordinaires de la charité ? Qui de nous osera voyager
■ dans les campagnes ou habiter nos cités sans effroi, si
■ l'auméoe ne forme plus une espèce d'assurance patrio- « tiqaeî Nous avons pourvu, du moins provisoirement, su
■ besoin des finances; le calme est rétabli dans les avenues
■ du trésor national; tous les payements sont garantis par u nos tributs, qui décernent au roi dès ce moment une « quatrième année de tous les revenus du royaume. Assu-
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•I rons le même ordre pour TaTenir, mais ne souillons •• d'aucune usurpation ce grand acte de justice nationale. >' Ce n'est point en dépouillant le clergé de ses biens qu'il <: faut l'appeler au secours de l'État; ce n'est point en « l'anéantissant qu'il faut le Taire contribuer aux charges « publiques. Non, nous ne demandons pas la banqueroute V quand nous réclamons la conservation du patrimoine de <i l'Église 1 Nous sommes disposés, nous sommes décidés à a Taire des sacrifices, et de grands sacrifices, pour empé- >' cher cette calamité. C'est à nous sans doute qu'appartient " l'honneur de donner à la nation l'exemple du zèle et du " respect religieux pour la dette publique.
•I Les créanciers de l'État retrouveront en nous le même <i patriotisme qu'ils ont tant de Tois éprouvé. Remontez à
* l'origine de la contribution que nous payons depuis le « règne de Charles IX k l'hôtel de ville de Paris. Qui nous >• a imposé cette créance nationale? N'est-ce pas notre seul « patriotisme? Le clei^é de France se chargea, parlecon- •I trat de Poissy, de payer annuellement seize cent mille v livres pour libérer l'État de toutes les rentes constituées u sur les aides, sur les gabelles et sur les domaines du roi.
■ Ce noble engagement, toujours renouvelé volontairement « pour soulager les peuples, nous l'acquittons encore •I aujourd'hui. Nous sommes prêts à réitérer et même à u surpasser cet exemple de patriotisme dans ce moment
■ d'alarmes où la crise des finances ébranle le royaume
• jusque dans ses fondements; mais défendez, consacrez u nos propriétés, vous, messieurs, qui Êtes appelés à u donner à l'Étal une constitution digne de le régénérer à « jamais. Vous voulez être libres; eh bien, souvenez-vous " donc que sans propriété il n'y a plus de libertés sociales, « la propriété de soi. «
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