LIVRE DIXIEME. i(f
1 une institution atile à la société celle d'an clergé pro-
K priélaire, de vouloir bien examiner si dans les pays voi-
' sins du ndtre les ofliciers du culte sont moins respectés
' pour n'être pas propriétaires ; s'ils obtiennent et méritent
■ moins de confiance; si leurs mœurs sont moins pores, " ieors lamiéres moins étendues, leur influence sur le H peuple moins active, je dirais presque moins bienfaisante n et moins salutaire. Ce n'est point, on le sait bien, ni « notre religion sainte ni nos divins préceptes que je cher- " che à comparer avec des erreurs : je ne parle que des X hommes. Je ne considère les officiers du culte que dans " lenrs rapports arec la société civile, et certes, lorsque je
■ m'exprime ainsi devant l'élite du clergé de France, de-
■ vaut ces pasteurs citoyens qui nous ont secondés par tant K d'efforts, qui nous ont édifiés par tant de sacrifices, je
■ suis bien assuré que nulle Tousse interprétation ne per- ' vertira mes intentions ni mes sentiments.
" Je reviens maintenant sur mes pas. Qu'ai-je prouvé,
' messieurs, par les détails dans lesquels Je suis entré? » Mon objet n'a point été de montrer que le clergé dût
• être dépouillé de ses biens, ni que d'autres citoyens, ni
■ que des acquéreurs, dussent être mis & sa place.
« Je n'ai pas non plus entendu soutenir que les créan-
i> ciers de l'État dussent être payés par les biens du clei^é,
• puisqu'il n'y a pas de dette plus sacrée que les frais du ' culte, l'entretien des temples et les aumdnes des pan- 1" vres.
■ Je n'ai pas voulu dire nui plus qu'il fallût priver les
■ eccléâastiqnes de l'admiaistralion des biens et revenus
> dont le produit doit leur être assuré. Eh ! quel intérêt
> aarions-nous à substituer les agents du fisc & des éco- ' Bomes fidèles, et A des mains toujours pures des mains
■ à souvent suspectes î
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•> Qti'ai-je donc, messieurs, voulu moulrer? Une seule •> chose ; c'est qu'il est, et qu'il doit être de principe, que » toute nation est seule et véritable propriétaire des biens u de son clergé. Je ne vous demande que de consacrer ce •< principe, parce que ce sont ]es erreurs ou les vérités qui u perdent ou qui sauvent les nations. Mais en même temps, <i afin que personne ne pût douter de la générosité de la Il nation française envers la portion la plus nécessaire et Il la plus respectée de ses membres, j'ai demandé qu'il fût « décrété qu'aucun curé, même ceux des campagnes, n'au- « rait moins de douze cents livres. »
LU
Le discours de Mirabeau n'avait rien emprunté à i'éloquencc, tout k la raison; l'orateur s'était privé lui-même de toul ce que la passion pouvait ajouter à la cause, ea évitant de rappeler les excès d'opulence, d'oisiveté et de désof drcs de mœurs dont le sacerdoce de cour et quelques-uns des ordres monastiques scandalisaient la profusion sainte qui les soldait de ses trésors accumulés. Il avait convaincu, il n'avait point irrité. Sa parole était d'un législateur des siècles, et non d'un tribun d'un jour.
L'abbé Manry remonta avec une faveur générale à la tribune pour lui répliquer.
« Je viens réfuter, » dit-il, ■ quelques objections faites Il à mes principes. J'ai besoin d'être soutenu par un sen- K liment profond de mes devoirs ponr rentrer dans la lice. a Je me vois encore environné de ces mêmes gens qui de-
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