‹ Histoire de la Révolution Française, 1789: Les constituantsChapitre 37 sur 117 · LIVRE DIXIEME. fIS · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIEME. fIS

I hostililés de la Torce seraient-elles donc des décrets de [ la loi?

<• La nation a, dit-on, le droit de détruire un corps. Mais t pouvons-DOtis changer la religion? avons-nous reçu des ' pouvoirs suffisants de nos commettants? Nous sommes I an pouvoir constituant, régénérateur, et non un pouvoir ' destructeur. M. Thouret dit que détruire un corps o'est

> pas un homicide: avec des faux-fuyaots on détourne la I véritable acception des mots : si l'existence est la vie I morale des corps, la leur 6ter c'est bien être homicide.

Malheur à une nation où les propriétaires n'auraient I que ces patentes antérieures à ta loi pour défendre leurs 1 propriétés! En trois syllogismes on les envahirait.

« L'anteur d'^mtVe, pour donner une définition de la pro-

> priété i son élève, a cité la loi; personne n'aurait cult tivé la terre s'il n'eût été sûr de la recueillir. La pro-

< priété est le rapport des choses et des personnes; elle ' est un premier rempart pour le travail; au delà, tout I est chimérique. Interrogez l'homme du peuple , lui que 1 la philosophie devrait interroger plus souvent : il répou- • dra que personne ne peut chasser l'homme qui est dans

< sa maison et te cultivateur qui laboure son champ.

" Nous possédions le plupart de nos biens avant Clovis, ( et il serait peut-être facile de prouver gue le clergé était ' alors beaucoup plus riche qu'il ne l'est aujourd'hui.

■ Depuis ce temps nos propriétés ont été, comme les ' vôtres, sons la sauvegarde de la loi. Nos lois, dit-on, sont

< soumises à des formalités, mais toutes les administrations

< ont des entraves, les contrats, les ventes, les sabstitn- I tions; s'ensuit-il de là que le corps législatif puisse en-

< vahir toutes les propriétés, puisque c'est le corps légis- I latif qui régie les formalités qni portent sur nos biens t comme sur les biens particuliers?

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tu LES CONSTITrANTS.

' On TOUS a dit qae yova étiez forts , et que le clergé << était faible; si vous êtes forts, c'est pour nous prolégpr u et non pour envahir nos biens.

Il Leclei^, dit-on, ne petit acquérir 8i eUéner. Lui fl a-t-on disputé sa propriété lorsqu'il a payé la rançon de " Français I", payé les dettes de Charles IXÎ Ne nous « aura-t-il été permis de posséder pendant quatorze cents >i ans que pour nous déposséder en un seul jour? Si cela n était, il ne faudrait pas dire que nous sortons des forêts <[ de la Germanie, mais il faudrait répondre aux auteurs

■ de ces maximes antisocieks qu'ils veslent nous y ra- K mener.

u La suppression des biens ecclésiastiques ne peut être

■ prononcée que par le despotisBte en délire. Voudrtiit-on

• noas les prendre comme des épaves, ou bien pur droit de •> confiscation? C'est l'idée la pins immorale, car il n's ja- « mais été permis de succéder & un corps è qui l'on don-

■ nait la mort. C'est ainsi que Crébillon faisait parler <i Rhadamiste :

• iUl pitut.iin hériter de «m qu'on Bsnisiael.,.

" On dit qu'il importe de multiplier les mutstims. Bsl-il

• des propriété^ qui changent plus rapidement de mains? « Dans les vingt ans il y a mutation. On prétend favoriser « l'agriculture : est-il des terres mieux cultivées que les « nôtres?

" On assure qu'on augmenterait, qu'on doublerait les

■ revenus des hdpitanx.des collèges, etc., en vendant leurs <• biens au denier trente. Eh t qui voudra acheter, si vous H mettez pour deux milliards de biens en circolationT Les <r capitalistes trouvent plus de profits an mouvement de a leurs fonds que dans l'acquisition de terres.

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