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de la coaliUon des (r&nes, elle restail immobile derrière les Alpes. Le roi de Sardaigne la promettait toujours sans l« livrer an comte d'Artois. Le moindre mouvement hostile ji ce prince aurait justifié pour nous l'invasion de la Savoie; la population de celte province, française de langue, de mœurs el de géographie, ouvrait d'avance son cœur à la France.
L'Espagne seule, si elle eût été encore l'Espagne de Cbaries-Quint ou de Philippe II, pouvait, en descendant du haut des Pyrénées dans nos provinces du Midi , au nom du sang de Louis XIV qui coulait dans les veines de ses rois, au nom de la religion et de la monarchie , ses deui dogmes, fomenler une guerre civile dynastique et religieuse redoutable k la révolution dans la moitié de la France. Hais l'Espagne, qui avait encore un peuple héroïque, n'avait plus qu'un gouvernement énervé. Le système monacal y avait aspiré toute la puissance, toute l'énergie, toute la richesse et tout le sang de la natioD. La théocratie sacerdotale y avait absorbé la royauté, et la nation y croupissait sans politique, sans marine, sans armée. La cour d'Espagne, asservie i des favoris, à des courtisans, à des confesseurs, entre la volupté et la superstition, se contentait de fermer hermétiquement ses frontières i la civilisation et de livrer les idées aui inquisiteurs. Lasarel d'un peuple contre toute contagion de la pensée moderne, une croisade contre la philosophie était un effort
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BU-dessus dé ses forces. Le fatalisme immuable du régime monacal avait succédé dans ses montagnes au fatalisme héroïque de ses Arabes musulmans. Elle était trop heureuse de languir oubliée, derrière ses Pyrénées, dans ses couvents et dans ses théâtres; elle ne pouvait oITrir à sa cause de famille en France que des processions et des supplices.
Le reste du monde ne comptait pas dans la cause des rois et des peuples.
Telles étaient les véritables dispositions des cours de l'Europe et de la France en 1 789 envers la révolution française ; mais le peuple de Paris les connaissait mal. Le parti de la guerre, qui fut plus tard le parti des Girondins, persuadait dans ses pamphlets , dans ses journaux et dans ses clubs à la nation , qu'une ligue naturelle et formidable de tous les rois, de toutes les noblesses, de tous les clergés. de tous les cabinets politiques de l'Europe , était formée par la communauté de haine contre la révolution, et que le roi, la reine , les princes, ayant leurs intelligences et leurs émissaires dans cette ligue, y tramaient des invasions et des parricides contre la France. Le patriotisme, passion unanime et filiale du peuple, y devenait ainsi, par ses alarmes et par ses fureurs, un des éléments les plus actifs et les plus indomptables de la liberté.
C'est au moment où ce sentiment était le plus inquiet et le plus ombrageux dans la capitale qu'une immense rumeur s'éleva tout à coup dans Paris. On répandait qu'une conspi-
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