LIVRE ONZIEME. J
ration contre l'Assemblée et cootre la France, tramée entre le comte de Provence, la reine et un Catilina royaliste nommé le marquis de Fsvras, venait de transpirer jusqu'au comité des recherches de la commune ; que le marquis de FavraS) tête et main de la conspiration, était arrêté par la Fayette. On ajontait que ce conspirateur avait enrâlé une armée occulte de nobles et de stipendiés étrangers prêts à entrer dans Paris ; que le premier acte de cette invasion nocturne devait être l'assassinat de la Fayette, de Baîlly, de Necker, de tous les hommes populaires, l'assaut aux Tuileries, l'enlèvement du roi, la translation du monarque au milieu de l'armée de Hetz marchant contre la capitale, le blocns et l'affamement de la capitale, la proscription des députés, l'asservissement de la France à la cour, à la noblesse , au clei^é , vengés par les armes de leur minorité dans la nation. On ajoutait que tous ces crimes , consentis par la reine, accomplis par ses sicaires, confiés au comte de Provence, avaient été préparés et soldés par l'or de ce frère du roi.
Tout était faussé , exagéré , travesti dans cette rumeur publique hien propre à porter l'intérêt sur la Fayette et sur Bailly, à saper dans leurs bases les projets ambitieux du ministère, du comte de Provence, et à noircir des plus ganglanis soupçons te nom de la reine. Voici la vérité :
Le comte de Provence, soit pour préparer les moyens de gouvernement qu'il rêvait en ce temps-là, comme on l'a vu,
& la tête d'un grand ministère, soit pour avoir éventuellement dans Bon trésor secret les sommes nécessaires à nue évasion du roi et de la reine hors de Paris, si cette évasion devenait nécessaire, voulut négocier un emprunt de quel* ques millions en Hollande par l'eatremise du marquis de Favras.
Thomas Mahy,marquis de Favras, était un gentilhomme, Irlandais de race, dont la famille était établie à Blois. Jeune, il avait servi dans les mousquetaires, cette école de bravoure et de dissipation; devenu plus lard cotonel des Suisses de la garde du comte de Provence,, il avait épousé une fille d'une maison princière de la basse Allemagne. Ses prétentions s'élant élevées avec cette fortune, il avait levé en Hollande une légion dont il s'était fait le chef pour servir l'empereur dans les troubles civils du Brabant. C'était un de ces hommes qui agitent perpétuellement leur fortune de l'agilalion de leur âme , et dont le bon sens n'arrête jamais la témérité ; aventuriers de guerre , de cour et de partis, qui courent après toutes les occasions, et qui s'offrent à tous les services pour devenir importants en paraissant nécessaires. Les cours et les factions sont pleines de ces caractères serviables et dangereux pour ceux qu'ils approdient.
Le marquis de Favras avait, par ses antécédents, accès à la cour da comte de Provence. Sa résidence et ses relations en Hollande firent présumer au comtede laChétre,
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