LIVRE ONZIEME. US
* venez d'enteudre, afia que l'opinion publique ne puisse u un momenl rester incertaine. Quant à mes opinions per- II sonnel les, j'en parlerai avec confiance à mes concitoyens. u Depuis le jour où, dans la seconde assemblée des notait bles, je me suis déclaré sur la question fondamentale
■ qui divisait eneore tous les esprits, je n'ai pas cessé de u croire qu'une grande révolution était prête, que le roi, M parses intentions, ses vertus et son rang suprême, devait H en être le chef, puisqu'elle ne pouvait pas être avanta-
■ geuse à la nation sans l'être également au monarque; u enfin, que l'autorité royale devait être le rempart de la u liberté nationale, et la liberté nationale la base de rauto-
■ rite royale. Que l'on cite une seule de mes actions, un t seul de mes discours qui ait démenti les principes que « j'ai montrés, dans quelques circonstances où j'aie été
■ placé. Le bonheur du roi et celui du peuple n'ont jamais
■ cessé d'être l'unique objet de mes pensées et de mes >i voeux ; jusque-là , j'ai le droit d'être cru sur mes paroles ; ■1 je n'ai jamais changé de sentiment ni de principes, et H je n'en changerai jamais. »
La justification du comte de Provence, appuyée par quelques mots de la Fayette, qui promit de faire arrêter les auteurs de la calomnie contre le comte de Provence, fut reçue avec acclamation. La Commune était pressée de trouver un innocent dans un prince qui reconnaissait le pouvoir populaire, et dont les opinions habilement pondérées LEi con»'nTa>iT9. 3. <S
passaient pour fidélité à la conr et pour libéralisme dans le peuple. Il fut recoDtJuit triomphalemeut à sou palais do Luxembourg, lavé d'avance de toute complicité dans le procès sanglant qui allait s'ouvrir. Il se hâta, en rentrant au Luxembourg, d'instruire l'Assemblée nationale de sa comparution devant la Commune, dans un billet également dicte par Mirabeau. Nul n'osa accuser tout baut ce que la Commune avait absous. Le procès de l'infortuné Favras, renvoyé au Cbâlelet, commença sous ces auspices. Nous allons anticiper les événements de quelques semaines pour lier le supplice à l'accusation.
Mirabeau, dans sa correspondance secrète à cette date , vnlrevoit seul le parti odienx que les amis de la Fayette cherchaient à tirer de cette ridicule conspiration contre l'influence politique du comte de Provence et contre la sienne. « L'enfer, > écrit-il le 29 décembre, à Bruxelles, •t a décbainé toutes les calomnies et toute leur charité « conire Monsieur et contre ce qui lui parait attaché, au « fur et à mesure de ses embarras. Le ciel ne verse pas « sur ii|i ses bénignes influences. Il a la pureté d'un en- •< faot, mais il en a la faiblesse, et il est extrêmement dif- « iicik de loi faire comprendre, seulement vingt-quatre « heures, que, s'il se laissait faire, il serait bientiSt un se- K cond duc d'Orléans!... Hier, il écrivait à l'Assemblée « nationale, pour l'aviser de sa démarche à la Commune , H la lettre incluse; elle fut très-bien reçue, et les Lamcth « et consorts furent assez habilement déjoués dans le dé- I' bat, malgré la gaucherie du duc de Lévis, qui , avec un « esprit délié, fait quelquefois des balourdises. Mais l'in- ■ Irîgue a redoublé d'activité et d'indifférence de moyens, au u point qu'on a trouvé, dans la rue, une sentinelle de la * garde nationale assassinée, avec cet écriteau : » Va dans i< Vaulremonde attendre la Fayette. » Or, vous apprendrez
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