LIVRE ONZIEME. IKS
" domraager de la perte d'un père si nécessaire A leur édv- II cation et à leur fortune. J'ai fait cette déposition usiquet ment dans l'intention de mé laver des taches criminelies H de complot dont ma conduite cachée a pu donner lieu à ■> suspicion.
X Une grande consolation pour moi sont les soins géné- (' reux de M. te curé de Saint-Psul, mon respectable pas- 11 teur, que j'ai appelé auprès de moi dans ces momeols H cruels, pour calmer les sollicitudes de mon âme. Dès " qu'elle va être détachée de mon cops, je demande à la « justice de permettre que ce dernier lui soit remis, pour •1 qu'il reçoive la sépulture de tous les fidèles catholiques,
■ apostoliques et romains, Dieu me faisant la grâce de a mourir dans les sentiments d'un vrai chrétien, de la H fidélité que je dois et que j'ai jurée & mon roi, et d'em- « porter avec moil'espoir que la nouvelleconstitulion fran- « çaiae rendra les peuples de cet empire aussi heureux que « je le désire. Tose prier M. le curé de Saint-Paul de ré-
■ clamer mon corps dès qu'il ne sera plus que matière; « de me donner les soins de l'amitié qu'il me t^ncigne « dans ces derniers moments, en l'honorant d'une sépulu ture convenable. J'ai satisfait à la justice par l'amende
■ honorable i laquelle elle m'a condamné, et que j'ai hite K devant l'église de Notre-Dame. Il appartient à tous et à K chacun de commencer par lui obéir ; mais avant de re- « mettre mon âme dans les mains de Dieu, je proteste « n'avoir fait aucun projet pour emmener le roi à Péronne •I ni ailleurs ; n'avoir jamais prémédité la destruction de u l'Assemblée nationale, et encore moins des violences en- I vers elle ni aucun de ses membres ; n'avoir jamais eu en
■ pensée les assassinats affreux dont on m'a inculpé, comme " le projet d'attenter aux jours des trois principales tètes « de cet empire } que je n'ai jamais voulu porter la famine
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m LES ÈGNSTITDANTS.
* dans tene ville,' ef que je ne conçois pas même ce qui a
K pu donner liea ànnë ihctilpatiOn si étrange: Enfin, pois-
< qu'il faut «ne Ttetïme, je préfère qne le sort soit tombé
< sur moi par priPérence sur tout antre, et je suis prêt à I rat rendre* l'éiihafàud où la justice m'a condamné, afin
< d'y expier dés crimes (jue |e n'ai point commis, mais n'dont le peuple me croit coupable, api^s avoir élevé A ( Dieu la dernière de mes pensées dans ce moment si ter* 1 rible qui fait frémir la nature. ••
Cette longue révélation, qui ne révélait que l'angoisse et l'agonie d'un mourant, n'avait lassé ni la présence ni les clameurs obstinées de la multitude. Slle craignait qU'onne lui ravit son spectacle. La nuit descendue sur la pla<!e^ depuis plusieurs benres n'avait point dispersé les rassemblements. On fut obKgé d^lairer les réverbères et d'allnmer des lampions sur toiite la façade de l'h&tel de ville, et d'îlluminér même récbafeod et jusqu'à la potence. Le curé de SaintPaHl, que le condamné avait appelé comme on dernier ami à son agonie, et lé duc'de la'Chàfre, qui^MsiB- (ait comme Un' témoin à décharge et comme un envoyé secret du comte 'de Provence, le feilUlenàrent' de leur p(^ sëncé et de leurs cbnsolations. Ils se flattaient et il se flattait Ini^mémë d'an dltendriisement dd'ptiuple et d'une grâce du roi 'venant an (ferntet moment siiipeftdre les préparatife du supplice. L'attente trompée et les vociférations toujours plus furreiiseïdii peuple forcèrent lecondamné à descendre
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