‹ Histoire de la Révolution Française, 1789: Les constituantsChapitre 53 sur 117 · LIVRE ONZIEME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIEME

enfiB à huit heures sur le perron de l'hôtel de ville. Son eonresseur s'évanouit; le duc de la ChAtre resta seul dehout à eôlé de la victime. Un jeune homme courageux, U. de Suleau, qui avait été envoyé de l'hâtel de ville au Luxembourg pour obtenir l'intervention du frère du roi auprès des ministres ou de la Commune, accourait en ce moment vers le condamné. « £h bien ? > lai demanda en pâlissant Favras. — u Embrassez en moi l'ami de votre veuve, ■ lui répondit le jeune Suleau. Favras jeta un regard désespéré au duc de la Chfttre et à Suleau, comme s'il leur eut reproché, comme Strafford, d'avoir entretenu et trompé ses espérances. Ce regard pénétra jusqu'à l'âme du duc de la Châtre et s'y grava, racontait-il, comme une cicatrice de feu qui ne s'effaçajamais. Il avait fait plus quesoQ devoir pour attester l'innocence et pour couvrir ia vie du condamné. Le bourreau t'arracha de ses bras.

L'échafaud touchait au perrou de l'hôtel de ville. En posant le pied sur l'échelle de la .potence, Favras s'écria d'une voix éteinte, mais ferme : •• Citoyens, je meurs innocent, " priez pour moi 1 » On l'avait mal entendu. Le bourreau, plus ému que le mourant, lui dit en pleurant : » Criez plus u haut pour qu'ils vous entendent I — Citoyens, « reprit Favras en donnant à sa voix l'étendue de la place, « je ■ meurs innocent, priez Dieu pour mon âme! » Puis s'adressant avec énergie au bourreau, à qui les larmes suspendaient les mains : <i Exécuteur de la justice des hom- (■ mes, I lui dit-il avec soIcnniLé, u faites votre devoir t » Son cadavre, suspendu â la potence, flotta bientdt à la clarté des illuminations sur les IcLes de la multitude. De féroces applaudissements éclatèrent comme au dénoûmcnt tragique d'un drame longtemps suspendu. Les uns les attribuèrent â la joie inhumaine des liommes rassemblés pour satisfaire une cruauté commune, les autres à l'empresses. u

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Iiegt des CQni)âîee8 daFawaB^evoir dùpwaUmU ténwitt 4'UiK coji>irili«ii deat le mystène pévisBait avec im. C«s bftUMDçnls 4$ puiins,. plus coup(iblas que U cpime et ^s îiHjtlacahLee <(i)e <U peine, atlrislérent eevx métnes ^1 oroynent à un grand aUcntat. L'histeire n'y ersira pas mal^é Lb» incHll^iom «onpdes qui ont poursuivi jusque SHr \» tr6ae le^^iace qui Tut Louis XVill. Fatras atait oSiHt d^ urvipes d'opinion plua ou moins acceptés. Il les anait.traKsfoUQKs en conspirations plus graadioseB et plus eBÎDtiDtUea^ A^wer ki services en désavosant la conjuration ét«it impossible. On nia les rapports, ^-crainte de laifiaer conjecturer !a eomplicit^. Telle esl dans' ce dfane tMle la part d« Louis XVHI. Favraa -ne fat nullement sa WeUme. li fift «ietime de sa propre ivnitË, de la oilère du temps, de la-orédulîlé de le Fayette, qui vit ti laissa reir un Calilina royaliste dans un aventurier de conlre-révelatioa.

la reine, ïnjastement et odieusement accusée, de concert avec , cet ftventBrier«( avec son beaa-frère, fut jel^ dans une douloureuse eontrainte d'esprit par cette eompUcilé supposée avec un homme qu'on croyait martyr de sa discrâliwi pour dle^ Si elle affeelait l'indifférence pour le sort de Favras, les royalistes l'accusaient d'ingratitude ; si elle témoignait de la [utié, les révolutionnaires t'acousaient de connivence. Celte contrainte de le ivine se trahit le dimanche qui suivit le supplice. Elle dînait en public -, ses amis

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imprvriente, vbtlBirt, iftaf Qocim^ fragiqilcj élntfnvoir fa pilié on l'indignation de la'coar.fAUddUisirénrAaAs 1é tlàffe du banquet royal la veuve et l'enfant' de Favras;'reTètUs d'babits de deuil, ils demandaient par leurs tannes la vengeance ou l'indemnité du seng paternel.

Santerre, chef de bataillon de la garde nationale du faubourg Saint-Antoine, homme déjà renommé par Son animadversion contre fa éour, assistait ce jour-là «a dîner du roi, debout et attentif derrière le fauteuil de- la reine. fc«8 <^iiii(H»«t let-rc^PdB'dêSffnterre fbr^nM'h reine â's'«bt9rTei'«GvèreiiMnt et &«onl«Hr md inter^^ptiuf tes ■victiniflS MkP flOi Tisage et dams tan «tssr. 'Blle'parW tnt>- ■potttuaée de>11appopilion de ht veuve et ^ l^r*phâl>n'.' là !ro7»B4é-«É'éltird^j&â«e[«xcès deaerrilndé detiWA' ses -partisns et (te n'oser ni nnVer ni plaindre MK'flmis.' Sft sortkot -de tabte, MBrie-Antninette pVffia dans l'ftp^M» mentd'unede ses «dnfidentes, «t'se jetant, les mMns6ur les jeEi, dans u« fautËuil, eèle g'sbabdaHAa librement & ' ses senNiiMteta et 9 sa bonté. ■( It faut périr, > disait-elle,

■ qu&nd on est attaquée par des gens qui réunissent tons

■ les'tâlfflits'i tods les crimes; et détendue par des gens

■ fort -estimables, mais qsî 9'onl nncune Idée juâte de I notre position. Ils m'ont compromise vis-ft-Tis des deux > partis en tne présentant la 'veiivè et le fils de Favras. ( 'Ul)>re<dan»iiirâB aoiiona, j^ deraia prendre l'enfant d'un

■ honnie ^i vionl dtae McrWer-iiaor imti, et IC'phMeï- 1 d'toMrentro le nM''el"nHM'3'iiia)s'^nftrottnéis deB'btnit^ • ireatn' qi^ vienReatde Mre périr son-fiére,- je ■a'tA fOs

-r «énwosé'jetër tesyMiX'sqr lui- Ler royalinestnci'bM- < meront den'aToir pas paru oecupéedeoepauTrecnftM; « te9révot«liDnnfttiies'E«rOnl conrroneés'eii songeantqtf'ni

■ B'eraiRe>plaii<e«fl mêle ^r^sentant « ■ ■

fili« fut rëdahe'd caeber sa mern pttur envé^ri mMaftie

de Favras et à 90D fils les consolations et les secours que

leur infortune sollicitait pour eux.

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Le comte de Provence, absous par laCommunci accusé de làflieté et de trahison par les royalistes, n'osa plus ié^ sonnais songer au ministère. La conspiration de Favras et le désaveu l'avaient trop incriminé aux yeux des uns, trop ilélri aux yeux des autres. La Fayette et Necker cessèrent de le craindre, Mirabeau d'espérer en lui. D'odieux soupçons, envenimés par les révolutionnaires d'un côté, par les royalistes de l'autre, ne cessèrent plus de planer sur son nom. II passa injustement pouf un homme qui avait sacrifié un séide à sa lâcheté, et acheté un remplaçant à l'échafaud. Les événements l'empëchërent de s'expliquer. Tolonet Sémonville, maîtres de la justiGcation de Favras, faisaient valoir ce mystère en leur possession, pour s'imposer. en amis exigeants à la cour. Qn les craignait trop pû^r les négliger. Us entrèrent de plus en plus dans les secrel* des espérances de$ royalistes et d^ns Les négOCÙi^iiiDS.tùiéb^-euses de tous les partis. Hommes imposés auic uns,; nécessaires aux autres, tfliles. on dangereux :à t^is, ,nQUâ les. verrons bientôt diriger dans l'ombre', derrière Hirari beau, la police occulte et peu sûre de la co,ntre-révolu-i

Le secret de Talon survécut â Talon lui-jnétne. Sa fille, madame du Cayla, à qui. son père, avait légué ce «ecret commt: u» gage de faveur future si jaijiBJs le comte de Pro-

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