‹ Histoire de la Révolution Française, 1789: Les constituantsChapitre 62 sur 117 · LITRE DOUZIEME. ]8S · texte numérisé non relu

LITRE DOUZIEME. ]8S

une antre forme. Préface de la création des assigaats, dçnt Mirabeau méditait l'institution, dans son laboratoire d'idées, avec Dumont, DuroTcray, PeHenc, Clavière3,son conseil privé el ses rédactenrs : il voalait hypothéquer les assignats par politique, pins encore que par mesure de crédit, sur les biens de l'Église, afin de rendre l'expropriation du clergé irrévocable, en mettent forcément dans la main de tous les Français un gage et une portion de ses dépouilles. L'Assemblée vota l'eiamcn de cette motion.

Neeker, rudement froissé par Mirabeau, à la séance du 6 novembre, dans son accusation contre la caisse d'escompte, vint e:iposer, le 14, les plans qu'il avait conçus lui-même pour suppléer à la rareté du numéraire. Ses paroles respiraient le découragement et la résignation d'un homme qui croit moins en lui-même depuis que les autres ont cessé d'y croire.

« C'est une pénible situation pour moi, » dit-ïl en paraissant à la tribune, « que d'avoir si souvent à vous entre-

■ tenir de l'embarras des finances. Je n'ai eu que des in-

■ quiétudes et des déplaisirs depuis que j'ai repris cette « administration. Le contribuable politique n'est qu'une « ressource graduelle, et le crédit n'en offre plus aucune.

■ Un déficit plus considérable nous menace. Dans tous les « cal, il faut trouver un secours immédiat de cent soixante

■ et dix millions... »

Après avoir justifié la caisse d'escompte, accusée par

J8C LES aWSTITCANTS.

Mirabeau, Necker convient de la nécessité de remplacer le namëraire ; puis, reTenaut snr lui-même, il chercha à apitoyer l'Assemblée sur la situation des ministres, a Leur

■ grand malheur, • dit-il avec amertume, ■ dans ces temps a difficiles, c'est d'avoir toujours à employer leur temps et « leurs moyens à adoucir les maux, à remédier aux ctr- « constances urgentes. Les ministres n'en retirent jamais « d'avantages pour eux. On leur demande la perfection, a Onne leur rend pas justice, car on ne prend pas de peine « pour louer autrui. >

Après ce naïf aveu d'impuissance et celte plainte d'un orgueil souffrant de la pénurie des louanges, Necker, adoptant en partie le plan de Lînguct et de Mirabeau, propo-> sait de fondre la caisse d'escompte dans une banque nationale privilégiée, autorisée à créer deux cent quarante millions de billets garantis par la nation, et reçus comme numéraire dans les transactions. Puis, faisant de nouveau us retour sur lui-même, il terminait par cette invocation déplacée à la confiance et presque à la compassion de l'Assemblée :

K A mes propres yeux, ■ dit le ministre, « tout se resa sent dansceploD de la désolante nature des circon^ances. a Seul je suis confident de ce qu'il m'en coûte pour vous « éloigner des principes ordinaires d'administration. Je

■ demande qu'on en considère le résultat comme naesim- I pie opinion. Jugez, discutez... Je n'adopterais point que a vous vous en rapportassiez à moi de confiance. Je n'ai pas « décliné celte détermination lorsqu'il s'agissait d'un sim-

■ pie projet de contribution.., Jene dois pas rester le seul à € répondre des événements : c'est assez de vivre d'inquié-

■ tudes pour chercher le bien; c'est assez d'unr sa I pensée pour soulager les maux de l'Étal; c'est assez < d'aller en dépérissant sous l'immense fardeau dent je

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