LIVRE DOUZIEME
« saisconlinuelleraent chargé sans aucune distraction... ' « Pardonnez si, en tous parlant d'affaires, je vous offre V l'Iiommsge de mes sentiments et de mes pensées. Je me « rédnirais à tous parler le simple langage de la raison ; m mais il est incomplet sans le sentiment, parce que le « sentiment seul peut réunir les idées qui échappent aux « effets et aux atteintes de l'esprit. >
Le président répondit par quelques mots d'encouragement et d'estime. L'opinion ne vit qu'un palliatif insuffisant et un privilège d'agiotage dans une banque ainsi réduite aux proportions d'un comptoir. On demanda à plus grands cris le papier-monnaie, seul supplément suffisant à l'évanouissement des milliards delà monnaie métallique.
« Eh quoi ! u s'écria le lendemain Marat dans l'Ami du peuple, qui jouissait déjà d'un vaste retentissement par l'énergie de ses motions, devenues le soir la clameur des rues, < toujours des spéculations d'agiotage! toujours des « emprunts accumulés sur des impôts (l'impôt du quart « du revenu)! toujours des anticipations 1 toujours des « opérations désastreuses ! toujours la masse de la dette « royale rendue plus lourde, et l'État toujours pins écrasé a sons le poids qui l'accablet
« 'C'en est fait ! les derniers plans qae le ministre des « finances a proposés à l'Assemblée nationale fixeront irré- (t Tocablement sa réputation, aux yeux -mêmes de ces avenir gles partisans qui n'ont aucun intérêt à le prôner. En le « voyant sans cesse tourner dans un cercle étroit de spé- H culations de banque, l'homme d'État s'éclipsera pour ne « plus laisser paraître que l'agioteur. Etquelagiotenrîon ■ dilapidaleur audacieux, un ennemi mortel de tti régéné- « ration des finances, un déprécialeur de toutes les op^a- « lions qui offreilt à l'État des ressourties assurés. 11 ^COU' t naissait le plan d'oBe caisse nationale d« 300 millions à
188 LES CONSTITUAKTS.
« lpourlOO(ilestdeM.Chantoiseau),ceplansiingénîeuT, <■ si simple, si propre à opérer le soutagement du peuple, K la sûreté des effets de commerce, l'nccroissemcnt de l'a- « gricuUure, la circulation du numéraire, la liquidatioa « d'une partie de la dette royale, et cela sans emprunt, • sans contrainte, et sans aggraver les charges de l'État.
« Que fait M. Necker? Il le repousse htcc mépris, et il « vous annonce gravement qu'il préfère le sien, ce qu'on n'a a pas de peine à croire, n
Mirabeau, de son cdté, ne négligeait rien pour saper la renommée ébranlée et les plans méticuleux de l'ancien favori de la nation, que la Fayette, son ancien ami, soutenait mal.
Un lumineux rapport du comité des finances, tableau détaillé et raisonné de la situation financière du royaume, présenté par le marquis de Montesquiou, occupa les séances suivantes. Le marquis de Montcsquiou, après avoir énoncé les maximes fondamentales de la probité, de l'honneur et de l'économie politique sur ces matières, démontrait que les dépenses eh 1789, loyalement couvertes par les impôts, . le crédit et les ressources extraordinaires qu'il offrait au gouvernement, la nation aurait un excédant de prés de quarante millions, en 1700, de recettes sur les dépenses. Il avouaitune dette générale de près de neuf cents millions. Il concluait, d'accord en cela avec le ministre des finances, à la création d'une banque nationale, dont la caisse d'e^-
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