‹ Histoire de la Révolution Française, 1789: Les constituantsChapitre 66 sur 117 · LIVRE DOUZIEME. iVS · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIEME. iVS

t irrévocablemeal flétrie ; nous garantirons ses engage-

I ments (et je montrerai hientôtjusqu'oii va cette garantie);

[ nous laisserons étendre sur le royaume entier ses ra-

t cines parasites et loraccs.

« Nous avons aboli les privilèges, et nous en créerons

t un en sa faveur, du genre le moins nécessaire ; nous lui

( livrerons nos recettes, noire commerce, notre indus-

t (rie, notre argent, nos dépôts judiciaires, notre crédit

I public et particulier; nous ferons plus encore, tant nous

< eraindrons de ne pas être assez généreux. Nous avons

< partagé le royaume en quatre-vingts départements; [ nous les vivifions par le régime le plus sage et le plus i fécond que l'esprit humain ait pu concevoir (les assem- I blées provinciales) ; mais comme si l'argent et le crédit I n'étaient pas nécessaires partout à l'industrie, nous ren- ( dons Impossible à chaque province les secours d'une I banque sociale qui soit avec son commerce ou ses manu- I factures dans un rapport aussi immédiat que son admi- I nistralion; caren£n, messieurs, le privilège de la nou- ( velle banque fùt-il limité à la capitale (ce qu'on ne I nous dit pas), quelle banque particulière subsisterait ( ou tenterait de s'établir à eâté de celle qui verserait ( dans la circulation des billets garantis par la société « entière t

« Osons, messieurs, osons sentir enfin qse notre nation

I peut s'iilever jusqu'à se passer, dans l'usage de son

I crédit, d'inutiles intermédiaires. Osons croire que toute

I économie qui provient de la vente qu'on nous fait de ce

> que noua donnons n'est qu'un secret d'empirique. Osons

t nous persuader que, quelque bon marcbéqu'on nous fasse

I des ressources que nous créons pour ceux qui nous les ven-

1 deot,, nous. pouvons prétendre â des. expédients préféra-

I bUs, et conserver à nos provinces, & tous les sujets de

(M LES CffitETITUANTS.

« l'empire des facultés inftppréciables dans le syglème

« d'uae libre concurrence.

V Qu'est-ce qui fait le crédit des billets de banqneî La « certitude qo'ils seront payés en argent à présentation. € Touteautro doctrine est trompeuse. Le public laisse aux a banques' le sein de leurs combinaisons, et, en cela, il est tt tréfrisane. S'il ralentissait ses besoins par égard pour les « fautes ou les convenances des banques, si l'on voulait a qn'îl modifiAt ses demandes d'après les calculs snr les- « qvda le brâtéSce des banques est fondé, on le mènerait a où il ae veut pas aller, où il ne faut pas qu'il aille. Il lui

■ importe de ne pas confondre son intérêt avec celui de « quelques particuliers. >

Aprèt avoir énuméré une à une toutes les peUtesses du plan de H. Necker et du comité: « La France, > s'écria-t-il en tsagèr*nt â la fois la pensée morale et la pensée révolutioanaire devant l'Assemblée, « la France nous demande ce « que nous avons voulu favoriser ainsi, ou la dette publi- « que ou le commerce. Les villes de provisoe nous dinùeni « qu'une administration exclusive de toHt autre objet- et « indépendante 4ea miniatrea est en/în detMueabsolament a fi^wMaire pùw que cel incommode fardeau tende inea- Kiriiàfkmmtàdiminmr.

■ Elles nous diraient que cette adnûni^ratien ^est la s seule ^ulpui^e mériter learcenfianee, parce que d'elle

■ seule peut sortir cette suite indéfinie de mesures nlites, «deprotédéftsalulairesqueles drcDDstanoésferont naître « Euecessivemeat ; parce que rien ne la distrayant de son s objet, elle y appliquerait toutes ses forées physiques et « moralee; parfie que la surveillance nationale ne permet- « trait pasquîon y troublât un instant l'ordre et la régu- « rîtéi.'saavcgMrdeS'Saiu lesquelles les d^bîUars «mbar- «. ras^ BaBQwbfiot enfin, quelles qm Mieat leurs ri-

L)ji.z.iit>,Coog[e

UVBE DOUZIEME. m

' chesses. A ce prix seulement, les villes et les provinces I peuvent espérer le retour de leurs sscrifices et ks sap- I portersinsinquiétiideetsans murmure.

■ Elles nous diraient que des billets dfl .crédit sortis da I sein d'uae ceisse nationale uniquement appropriée' au ( service de la dette sont l'instîtulm Is pl«s propce A ra- [ mener la cenfiance ; elles nous dirairat que ees billets, c faits avec discernement et hypothéqués sur dei propriétés I disponibles, auraient dans les provinces un crédit d'au- [ tant plus grand, que leur remboursement pourrait se [ lier à des dispesilioas locales dont nn établissentent part ticutier et circonscrit dans son objet est seul sasoep- I tible.

:<i S'sfit-îl de favoriser le commerce T Les villes et les I provinces nous demanderaient pourquoi bous voulons les I. enchaîner éternellement à la capitale, par une banque [ privilégiée, par une lianque placée au milieu de toutes 1 les corruptions. Que leur répondri^s-noiis pour justifier I l'empire de cette banque, ponr leur en ^rantir i'heu- I reuse influence sur tout le royaume î

c Eh bien! dira-tH)n, laisserez-vons dtmc périr la caisse [ d'escompte, malgré son intime conscxité avec les finan- I ces et les affaires publiques, malgré le soavenJr des ser- I vices qn'mt en a tirés t

* Certes, eelfe ironie est-trOp' longue et trop déidaeée. t AhJ cesiflzde porterie ces eervioes! C'est par- eux que [ iMitro foi publique» été vieléc:} c'est par enX que notre icrédiljiperdu au dehors, lous-laisse en proie A tontes les t atla^nes.^ ou de la concurrence élraing^re, onde cille ini^dustric plu» fiatale qui-Btéconaalt louCespritipul^ï t'est <.par oes^prédenduseeriices que toutes nostrlMeei d'Ar- > gâat sont hodleversées; c'est par eux qMBos'tchangbs; 1 depuis qoe je TOUS ed'aipré^tlacDntïBQeltedfsnHla*

« tion, s'altèrent chaque jour à un degré que personne « n'eût osé prévoir! et cependant l'on ne doute pas maina tenant que nous ne voulions acquitter notre dette. Non, « ne parlez pas de ces services, ils sont autant de piôges.n

L'orateur conclut à sommer le ministre de présenter le plan général qu'il a annoncé, et de décréter, en attendant, que les fonds destinés à l'acquiltemcnt des dctIcs-derÉlat seront séparés des autres dépenses et soumis à une administration particulière. Ce discours discrédita d'avance les timides expédients du comité, et acheva|dc ruiner l'inraillibilité de Necker. 11 donna à l'influence de Mirabeau dans l'opinion deux nouvelles et fortes racines : la clientèle des créanciers de l'État et la faveur des adversaires d'un clergé propriétaire.

Les royalistes et l'abbé Maury lui-même, par ressentiment contre Necler, livrèrent le ministre aux morsures de Mirabeau; ils profilèrent du moment où le ministre était absorbé, pour lui p^ter d'autres atteintes. Carnot otFréteau dévoilèrent, le premier, l'abus des pensions de cour servies complaisamment par ce ministre, qui n'avait de puritain que les maximes; le second, les subterfuges de crédit au moyen desquels Nccker avait remboursé un emprunt par un autre. La presse, par l'organe de Camille Desmoulins, se joua ù loisir de ces illusions couvertes du manteau de Necker.

La séance du samedi 28 fut une des plus intéressantes , et M. Camus ne s'arrêta pas en si beau chemin. Il fit une excursion sur les pensionnaires.

> On serait tenté de croire, > dit-îl, « que ceux qui oba tenaient deux ou trois pensions avaient prévu ce qui a vient d'arriver, tant ils ont pris des mesures pour rom- (t pre la trame et donner le change à l'Assemblée nationale « et au comité des finances chargé de nettoyer les étables

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