‹ Histoire de la Révolution Française, 1789: Les constituantsChapitre 67 sur 117 · LIVRE DOUZIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIEME

« d'Augias. Ils plaçaient dans les emprunts royaux le ca- « pital de la pension, et au moyen de cette fiction, ils « avaient l'air d'être les créanciers, les soutiens de l'État, « lorsqu'ils en étaient le fardeau, cequîesl tellementvrai,» dît l'honorable membre, a qu'il y avait dans les bureaux « un livre ad hoc qu'on appelait le livre rouge. »

« M. Fréteau vint â l'appui, et nos présidents dévelop- « pèrent à merveille celle théorie financière. Ce manège

■ infâme était si commun et le livre rouge était si volumi- ■m neux, que dans l'emprunt de 1770, 40 à 50 millions « avaient été ainsi prêtés activement à l'État avec ces peufl sions. Jusqu'où n'avait-on pas poussé l'art d'inventer des a pensions 1 L'incomparable Pierre Lenoir s'était créé des « pensions sur les huiles et sur les suifs, sur les boues et

■ sur les latrines. Toutes les compagnies d'escrocs, tous les

■ vices et toutes les ordures étaient tributaires de notre « lieutenant de police, qui par sa place aurait dû être a niagister morum, le gardien des mœurs.

« Enfin il avait su mettre la lune â contribution et assi- € gner à une de ses femmes une pension sous le nom de a pension de la lune. Je sais un ministre qui a assigné à sa a maîtresse une pension de 12,000 livres, dont elle jouit « encore, sur l'entreprise du pain des galériens.

■ Dans la liste des pensions, je vois un prince allemand « qui en a quatre : la première pour ses services comme « colonel, la seconde pour ses services comme colonel, la « troisième pour ses services comme colonel.

n M. Clavcrie de Bantèrc, quatre pensions : la première

■ et la seconde parce qu'il était en même temps secrétaire « interprète de deux régiments étrangers qui n'avaient pas

■ besoins d'interprète, et qui étaient en garnison l'un au « levant, l'autre au couchantj ta troisième parce qu'il était « commis au bureau de la guerre, la quatrième parce qu'il

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« avait étécomtnisaubureande la guerre. Total 25,479 li- « vres, dont i,790^soiit réversibles à sa femme et 6 ses ens fauts.

« M. Desgatois de la ToUr, 23,720 livres en trois pen- K sions : là première comme premier président et inteodanl, a fa secondé comme iotendont et premier président, la <t troisième par les mimes considérations que et-dessus. Je ■ copie fidèlement le texte.

« Madame Isam , 24,980 livres , six ptnaions pour fa- « voriser son mariage, et en considération de tes sern vices , etc. »

Il y avait, en effet, du scandale â tirer de ee tableau, où l'on voyait entre autres, attaché au nom de Broglie, 90,000 livres; d'Amelot, 52,000 livres; de Berlin, 69,000 livres; de Contades, 95,000 livres, de Fronsac, 40,000 livres j de Coigny, 52,000 livres; de MiroméEnil, 67,0801iïres;deJali de Fieury, 65,701 livres; de Breleuil, 91 ,729 livres ; de Mirepoix, 78,000 livres ; de Ho&tbarrey, 64,000 livres ; de Ségar, 83,000 livres : faveurs de cour qui semblaient des larcins â la nation.

Pëndadt ces luttes de tribune et de partis dails l'Assemblée, la commune de Paris, usurpant de plus en plus sans obstacle le rôle de pouvoir national, recevait dés adresses congràtalatoires des provinces et ouvrait att public l'enceinte dé là salle de ses délibérations : tribnue contre tribune, police contre police, gonvernement contre gOBveme-

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