LITRE DOUZIEME. SIS
1b noble^e, était timide devant le culte national. Les hésitations, les faiblesses et les violences qu'elle montrait tour h tour dans les rapports de la conslitutioti et de l'Église, rapports qu'ils n'avaient pas le courage de régler d'un seul mot par la liberté, attestent cette timidité dés législateurs de 89.
Barnave lui-même, en prenant la parole le lendemain pour la motion de Clermont-Tonncrre , ne revendiqua l'égalité du droit civil que pour une secte de la foi nationale, les protestants.
Baumetz et Mirabeau combattirent l'absurde préjugé de rinfattiie des comédiens, profession placée, pur l'inconséquence des mœurs et par la proscripiion de l'Église seulement en France, entre les enthousiasmes eE les outrages. Ils ajonmérent l'égatité d'admission des juifs aux fonctions civiles, tant les législateurs éprouvent de résistance à restaurer une vérité dans les mœurs, même en révolution.
Dubois de Crancé, théoricien militaire d'une pensée vaste et d'une parole hardie, présenta le 24 un plan de constitution militaire dans lequel il prononça, pour la première fois, le root de conscription nationale. Pénétré prophétiquement du danger pour la liberté des armées permanentes eitksrecrutements volontaires stipendiés, il demanda d'incerportf'des bataillons de milice civique dans l'armée exbtante,. pour en corriger l'esprit. Son pion, le seul sûr pour une DïltiM qui veut être armée en restant libre, consistait à armer comme garde national tout citoyen actif, et è Inscrire daha rarmée active tout citoyen de dix-huit à quarante ans«'è organiseï' les tràtarllons provinciaux de manière i défendre l'ordre en temps de paix, les frentièhes en temps de guerrei C'est le même plâb quclcs mêmes pensées faisaient présenter 6 l'Assemblée con^tlIuaVite' de 1849 par le gouTomement prdnsoire à la secotfdd rèinibli«[ae,
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il* LES C<>H6TiT«iiHirS.
plan qui renaîtra de toutes les circonatancei où la . imAîok
voudra être armée sans élre opprimée.
Le comité des affaires ecclésiastiques, dont le Içwgsilence étonnait l'opinion pnblique, pressé d'un cdlé par le grand nombre de religieux qui demandaient à qujtlerkur couvent, de l'autre par la nécessité de pourïflir à leur existence, présenta le 2S, par l'organe de Treil)iard, uu plan provisoire et gradué d'exlioclion des ordres mgnastiq^es^ débris d'une autre époque, incompatible, par la.natupe et par la perpétuité des vœux, avec le dergé régulier et avec la liberté légale des consciences. Le plan du comité portait :
« 1° Que tout citoyen religieux qui a fait des vœux solen*
> nels fût tenu de déclarer, dans trois mois, s'il veut rester « dans le cloître ou rentrer dans le monde.
< S" Que ceux qui sortiront des monastères seront Iqïui n de porter l'babit clérical, pour n'être plus soumis qu'à
> la juridiction de l'évéque.
« 3* Qu'il sera fourni à tons .les rejigi^f sortis des c}ol- « très une pension.
« i' Qu'aux abbés réguliers qui sortiront du çouvient U « sera assigné un reveau.d« deux^mjUp livres, . . ,. .
5° Que les i:cligicux pourront être empit^yés comme (( vicaires et cprés^ mais qu'alors. ils i^e percevront qn* la « moitié de, leur pwsion.
« 6° Que les religieux qui voudront .vivre dana la Higle
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LITItE MHTZrGHE. SIS
K seront placés préférablement dans les mirîsORs situées à « la campagne ou dans les petites villes.
« 7° Que dans les grandes Tilles on pourra conserver « ceux des religieux qui voudront se consacrer aux soins
■ des malades, à l'éducatK» psblique ou aux progrès des <t sciences et des arts.
c 8° Qu'à dater de leur sortie, les religieux seront capa- « blés de succession et donation.
> 9' Que le nombre des religieux réunis devra être de « quinze au moins : faute de quoi ils seront obligés de se
■ réunir i une antre maison.
« 10*Qne tout privilège est anéanti : les religieux seront i' désormais soumis h la juridiction de l'ordinaire.
« H* Les maisons qui seront conservées comme utiles '* aux sciences, à l'éducation publique et au soulagement
■ des malades, pourront seules se perpétuer; mais les « effets civils de la solennité des vœux sont abrogés. En « conséquence, les postulants qui seront admis demeu-
■ reront toujours libres de quitter leur ordre, et capables *' de succession et donation cntre-viTs et testamentaires.
■ i2" Il sera désigné, pour chaque ordre qui aura des « maisons destinées à se perpétuer en conséquence de l'ar- • ticle précédent, une maison d'épreuve dans laquelle les tt poslàlants passeront le temps prescrit par tes statuts « avant leur admission.
> 19* Lôrsiju'une maison aura cessé d'être habitée pen- « danttroîs ans par le nombre des sujets fixé par l'ar- « ticle 10, elle sera supprimée et les religieux en Seront < répartis aussllât dans les autres maisons du même ordre.
«'44*' Qu'A cbaque maison religieuse il sera assigné «800 livres pour chaque religieux ; m&lâ chaque maison a restera chargée des réparations d'édifice, de Tentretien «' da Balte, etCi, eic; » ■
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lis us COnSTlTHAnTS.
Le même comilé, par le ffl€me.rapperteur Treilfaard, annonça que la nalioa peDt vendre immédûitemefll: pour qaatre cenU millions des bien» du clergé sans que les possesseurs aatoelS'EujHtsent ancini6 réducUoii sur leufs revenus. Ces quatre cents millions seront produits i Setm le comité, par ia seule vente des maisons dont les religieux deouindaientàétresÉculBrisés. Taot-l'esprit4u siècle avait pénétré à travers les murailles des doltres, «ttant ï'itiîli' tHticn miwacale s'affaissait sous son propre «bus. Le comité estimait, d'après les documents qu'il svait reçnsi xjae les maisons monacales à vendre dans la seule ville dëPdrtS s'élevaient à cent cinquante millions. Des appréciateurs plus rigoureux évaluaient l'espace seul occupé dans Paris par les couvents à cent dix-sept millions. Le comité éyaluait la totalité des biens de mainmorte du clergé propriétaire à quatre milliards.
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L'agitation des pravinccs,moiHSCoa(cnBC<qtM[c«lte'4eParls dcpuisie 1i juillet par la Fayette, écla1aitloiisl0S'>Mrs par de nouvelles séditions. A Touliin,' ke owiriers d^ In marine, admis malgré lecommaBdtiat<k1amRiiiile,All)ert4el|iomt dans la jDrde natÏMiale, jctaieatlQAomBUsdKiit dbTMilDii danslescftc^ols, cmbauchtùeotctinswgeaientles<aiçenB«)C et. les vaisseau^. -Stir-lea dwMmes du RbéBe^ pwviftw* ardentes où-toute idée devient passioreHotle^iaBiionih* r£iir,: une riiinion.foptilaireide douze laifie'hAflinMSt VéntablftarméepnWudB de l'armée 4esJtt«e*iUM8}'Be'COTweni
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. LIVRE DOI^IEHEi 217
trait à Afôntëliioart, jurait k fédération- solidaire des peuples des deux provinces, et ^ae préparait à nt«reher partout où la RëTolutiou entravée Ifls appeller&il. L'Assemblée, flattée, d'un côté, intimidée de I'autre,> applandissait à ce serment.
La BoDrgog^ ïmilaU cet exemple. La Bretagne le dépassait é Quimper, le 30 novembre, en s'orga&iaant d'eDMoème en armée de la jeiineâse, prête A voler au secours de l'Assemblée contre l'Église, la noblesse et les parlements eonspiraieurs. Cette armée se fédéralisatt, A Lisienx, avec les gardes nationales de la Normandie. Nantes dénonçait à la viodicte na^onale les parlemeotaires de Bretagne et ces ennemis pitblics, déclarait « que les citoyens qui s'élalent .« élevés A la hauteur de la liberté périraient plutôt que :<• d'en redescendre. ■
Ces menaces de la ville de Nantes étaient imprimées et répandues par l'ordre de l'Assemblée nationale. Rennes, capitale du parlement de Bretagne, parlait avec la même énergie : Chapelier, son député, demanda que le parlement fût remplacé sur-le-champ par un tribunal provisoire. Le vicomte deMirabeau, frère du grand tribun, mais qui prenait avec affectation le rêle apposé de champion de l'aristocra- - tie, donna un démenti A Robespierre. Excusé par sa fougue et sw.inlempéraïKCile vicomte de Mirabeau fut rappelé 8impleMfnt.A U décence.
, L'Atfiemblée, aans détrulne encore en fait l'institution des pMiemedIs , dâlf uîte ,»i prineipe, décréta que le par- Ifiineiit de Brcttgoe- serait Mandé A sa barre, et que le roi serait prié deHommer A sa place un iribunuf provisoire. LaCbaspagaene se goHTCrB»lt plus que par ses pouvoirs jninicipBUK et ne reominaiasait aucune jaridietion Intermédiaire«atreelk-et l'Assemblée. A Amiens, la garde nationale inatitt^tdanâsonBein on comité militaire qui ab-
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218 LES CONSTITITANTS.
sorbaittoatesles autorilcs.A Metz, la municipalité dominait tout. A Senlis, aux portes de Paris, le commandant de la garde nationale était assassine par un frénétique qui faisait sauter sa maison el son quartier pour s'ensevelir, impuni , sous les décombres. A Paris mÔmc, les insurrections morales des districts contre l'Assemblée remplissaient la ville de partis et de rumeurs contraires. On accusait Mirabeau d'inspirer contre Bailly et la Fayette les motions de Danton el les diatribes de Camille Desmoulins, ses amis.
Danton régnait déjà par la virilité du caractère et par la véhémence des discours sur le district des Cordeliers et sur les agitateurs subalternes des autres districts. Camille Desmoulins tenait d'une main légère le stylet antique, pour cicatriser déjà ceux qu'il poignarderait plus tard. Ses liaisons sourdes avec Danton, Thoriot, Mirabeau, rendaient le grand oi-eteur suspect de connivence avec Desmoutins.
u M. Bailly, " disait dans une de ses feuilles Camille Desmoulins, •> a osé donner des brevets de capitaine qui ne « doivent être que la récompense des services, et que le K mérite même ne doit obtenir que du suffrage des ciu toyens. Le district des Cordeliers a fait éclater son im- 11 probation. Ce district, ainsi que celui des Grands-Augus- Il tins, indignés de voir le maire ainsi disposer des grades t> de la milice nationale et préparer celte proie à ses flagor- « neurs, a invité les officiers du bataillon à rapporter sur •I ie bureau leurs brevets signes; et ceux-ci, honteux de H pareilles provisions, se sont empressés de rendre hom- « mage au peuple, seul souverain, en remettant leurs bre- « vêts au district.
u 11 est encore d'autres reprocties que font â M. Bailly •> les philosophes et les patriotes. Pourquoi, devant sa voî^ •I ture, ces gardes à cheval, et derrière ces laquais à livrée. Il profanateurs de la cocarde nationale, et aux couleurs de